| Serigne Modou Bousso Dieng défie Wade |
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| 03-04-2008 | ||||||
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En conférence de presse ce mercredi à son domicile à Ouakam (proche banlieu de Dakar), le chef marabout a plutôt semblé défier le président Abdoulaye Wade. A l’en croire, c’est bien le chef de l’Etat qui lui a remis quatre passeports diplomatiques pour lui et ses proches, grâce à l’intermédiation de Landing Savané, son "ami de 15 ans". Serigne Modou Bousso Dieng ne compte pas du tout se taire, il promet de continuer ses critiques à l’endroit du président Wade et de son fils Karim à qui il demande d’éclaircir la lanterne des Sénégalais sur la gestion de l’argent de l’Organisation pour la conférence islamique (Oci). "Je suis près à retourner en prison pour une durée indéterminée, même à en mourir", a-t-il dit, ajoutant que "l’essentiel, c’est que je continuerai à défendre ces valeurs républicaines que j’ai toujours défendues". Revenant sur l’affaire du trafic de passeports diplomatiques dont il est accusé, M. Dieng soutient n’avoir "jamais été impliqué à un deale, car n’étant pas du clan de ceux qui vivent des deniers de l’Etat et qui sont les vrais dealers". "Je ne suis qu’un otage d’Abdoulaye Wade et de son fils contre une rançon du silence que je refuse catégoriquement de suivre", a accusé le jeune marabout qui met " en garde ceux-là en leur disant que mon séjour en prison m’a révélé plus que jamais le lourd espoir du peuple sénégalais à mon endroit. Ce qui fait que je ne ménagerai aucun effort pour l’éclairer". (Nettali) Serigne Modou Boussou Dieng : «C'est Wade qui m'a offert 4 passeports diplomatiques, pour ma clientèle politique» - L'affaire du trafic de passeports diplomatiques a connu son épilogue hier. Serigne Modou Bousso Dieng et Mariama Dia ont été condamnés à deux ans avec sursis. Et lors du procès, le jeune marabout qui a nié tous les faits, a déclaré que c'est Me Wade qui lui a donné 4 passeports diplomatiques par l'intermédiaire de Landing Savané, pour qu'il entretienne sa clientèle politique. Serigne Modou Bousso Dieng et Mariama Dia ont été condamnés hier à 2 ans avec sursis pour association de malfaiteurs. C'est le verdict rendu par Massamba Sène, juge du tribunal des flagrants délits, après plusieurs heures de plaidoirie. Pour les faits d'escroquerie, les prévenus ont été déclarés non coupables. Une décision qui n'a pas surpris certains qui ont assisté au procès. Surtout après les déclarations du jeune marabout. Car contrairement à ce qui a été rendu public dans la presse et inscrit sur le procès-verbal de la gendarmerie, Serigne Modou Bousso Dieng a nié avoir reconnu les faits. Mieux, il a déclaré qu'il n'a jamais dit qu'il trafique les passeports diplomatiques avec l'aide de Landing Savané. Face au juge, le jeune marabout a déclaré qu'il a «été informé par Landing Savané que Me Abdoulaye Wade lui a offert quatre passeports diplomatiques». Cela, pour qu'il les donne à sa clientèle politique. « Et ce sont ces documents qu'on a pris pour m'accuser de trafic de passeports diplomatiques », affirme-t-il. Mais le marabout souligne qu'il n'a jamais encaissé de l'argent pour ces passeports diplomatiques. Mieux, il précise qu'il en a distribué d'autres, toujours sur la même base.
Par le biais du verdict « deux ans avec sursis », l'Etat a freiné les ardeurs de ce jeune marabout qui a lancé un front pour la défense de la République. Hier, il a balancé en pleine séance qu'il était «un détenu politique». Pour dire qu'il y a la politique derrière son arrestation. D'ailleurs ses avocats, en l'occurrence Me Ndiogou Ndiaye, Me Barthélemy Badji et Me Cheikh Ndiaye ont laissé entendre que l'affaire a éclaté sur la base d'une dénonciation anonyme. Et elle fait suite à la sortie fracassante de Serigne Modou Bousso pour décréter l'échec du sommet de l'Oci à Dakar et pour annoncer des actions pour défendre la République menacée. Maintenant il a une épée de Damoclès au dessus de sa tête.
Une des interviews du marabout qui lui a valu les foudres de l'Etat : (7 mars 2008) Serigne Modou Bousso Dieng (Président du collectif des jeunes chefs religieux) : "Les récitations du Coran pour la réussite de l’Oci, c’est du paganisme"
Des musulmans sont agressés et tués de par le monde et l’organisation censée les protéger demeure passive face à ces actes barbares. Pour le président du Collectif des jeunes chefs religieux du Sénégal, qui fait ce constat, cela pousse à s’interroger sur l’utilité de l’Organisation de la conférence islamique, dont le Sénégal s’apprête à accueillir le 11e sommet. Dans la première partie de l’entretien qu’il nous a accordé, Serigne Modou Bousso Dieng qui se nomme Moustapha Mbacké Dieng dans le civil, parle également du paradoxe noté entre la ‘situation catastrophique du Sénégal et les milliards investis rien que pour réaliser quelques kilomètres de route’.
c’est-à-dire 500 francs Cfa. Nous sommes dans une capitale où des familles ne peuvent plus respecter au quotidien les trois, voire même les deux repas. Et il s’y ajoute tous les problèmes soulevés au niveau des secteurs les plus importants, notamment celui de la Santé où, récemment, à Kaolack (qui est la deuxième région du Sénégal au plan démographique), des populations ont attaqué la morgue pour récupérer leurs morts parce qu’il n’y avait pas de personnel puisqu’ils sont tous en grève. Il en est de même au niveau de beaucoup d’hôpitaux où seul le service minimum est assuré. Wal Fadjri : Le Sénégal a-t-il d’autres priorités ? Moustapha Mbacké DIENG : Bien sûr ! Je dirais même des urgences. Figurez-vous qu’une ambulance médicalisée coûte entre 50 et 60 millions de francs Cfa. Et j’ai entendu qu’un organe de presse de la place, Le Soleil si je ne me trompe, a reçu 250 millions de l’Anoci dans le cadre d’un appui. Combien d’ambulances peut-on acheter avec 250 millions. Pourquoi, ils ne peuvent pas acheter une ambulance médicalisée au profit des femmes demeurant au niveau des coins les plus reculés du Sénégal pour les sauver à l’occasion de leurs accouchements. Wal Fadjri : Le Collectif des jeunes chefs religieux que vous dirigez, a-t-il reçu une invitation des organisateurs de ce sommet ? Moustapha Mbacké DIENG : Nous ne sommes pas dans cette logique de partage. Si l’Oci fait ce qu’elle doit faire, nous sommes partants. Je soutiens le sommet de l’Oci, qui est organisé tous les deux ans depuis 1964. Mais si aujourd’hui encore, l’Oci ne parvient pas à résoudre le moindre problème, cela laisse perplexe. On a vu ce qui s’est passé ces dernières 72 heures où il y a eu 59 morts dans la bande de Gaza et aucun membre de la Ummah n’a réagi. Voilà pourquoi je me demande la vraie raison d’être de cette organisation. Parce qu’elle a été aussi fondée pour défendre la cause palestinienne. Mais aujourd’hui, la Palestine vit des situations difficiles et personne ne pipe mot. Même les chefs d’Etat n’osent pas aborder cette question taboue. Donc quelle est l’importance de l’Oci ? Je pense qu’elle ne joue pas encore son véritable rôle. Elle n’arrive pas encore à défendre les citoyens musulmans. Nous avons vu ce qui se passe en Irak, en Afghanistan… Aujourd’hui, les Etats-Unis brandissent des sanctions contre l’Iran. Des musulmans perdent leurs vies de par le monde du fait d’agresseurs. Et sur toutes ces questions, l’Oci ne dit rien. Wal Fadjri : Qu’est-ce que le Collectif des jeunes chefs religieux du Sénégal compte faire face à ce qui se passe en Palestine ? Moustapha Mbacké DIENG : Nous comptons organiser des manifestations après le sommet de l’Oci. Nous ne voulons pas le faire avant, parce que cela pourrait ressembler à du sabotage. Nous allons organiser partout dans ce pays des manifestations pour soutenir le peuple palestinien. Et puis, nous allons exiger de l’Etat qu’il rompt, le plus rapidement possible, ses relations diplomatiques avec Israël. Je ne comprends pas comment le Sénégal, qui compte près de 97 % de musulmans, continue-t-il à entretenir des relations avec un pays qui est l’ennemi principal des musulmans. Cela est paradoxal. Il ne faut pas avoir la même vision que des pays comme l’Egypte ou tous ces pays qui sont pro américains. Nous sommes des musulmans orthodoxes… Wal Fadjri : N’empêche, des chefs religieux organisent des prières à travers le pays pour la réussite du sommet de l’Oci… Est-ce que nous ne sommes pas en train de tomber dans un certain paganisme ? Moustapha Mbacké DIENG : Bien sûr que c’est du paganisme ! Parce qu’il y a eu beaucoup de problèmes, comme le naufrage du bateau le Joola, les dégâts causés par les pluies hors saison qui ont eu à secouer le Sénégal, mais on n’a jamais vu cette façon de faire. Aujourd’hui, ils sont nombreux à se mobiliser pour, soutiennent-ils, la réussite du sommet de l’Oci. C’est la preuve d’un égoïsme exceptionnel. Cela décrédibilise les religieux. Parce qu’en réalité, personne ne croit plus en eux. Tout le monde sait qu’ils le font pour leurs intérêts propres. Mais l’Islam ne leur recommande pas cela. Il y a des questions plus importantes. Nous avons récemment vécu le problème des homosexuels et personne n’a pipé mot. Mais comme il s’agit de l’Oci, chacun veut se manifester à un niveau personnel pour prouver son amitié avec le pouvoir. Wal Fadjri : Tout cela n’obéit-il pas au pouvoir de l’argent ? Moustapha Mbacké DIENG : C’est l’argent qui est à l’origine de tout. Aujourd’hui, nous sommes face à des religieux qui ne sont plus des religieux. Ce sont des marabouts. (A suivre) ![]() (deuxième partie)
Serigne Modou Bousso Dieng (Président du collectif des jeunes chefs religieux du Sénégal) : Au Sénégal, les familles religieuses ne défendent que leurs intérêts Wal Fadjri : Mais l’Islam ne gagne-t-il pas quand le nouveau khalife général des mourides pose des actes pour réconcilier des hommes politiques, comme ce fut le cas avec le président Wade et Macky Sall ? Serigne Modou Bousso Dieng : J’apprécie beaucoup ce geste. La réconciliation est un acte important dans la religion musulmane. Mais le khalife doit aller au-delà de ce geste de réconcilier des hommes politiques. Tel que je le connais comme un fervent mouride, un fervent musulman, je sais qu’il ira au-delà, qu’il va monter au créneau pour assurer la continuité de l’œuvre de son père et de son prédécesseur qui a toujours été de continuer de défendre les intérêts de l’islam. Pour cela, je n’ai pas aucune crainte à son niveau personnel parce que Serigne Bara est un grand musulman. Wal Fadjri : Qu’attendez-vous de sa part ? Serigne Modou Bousso Dieng : Qu’il assure la continuité des œuvres de Serigne Mouhamadou Moustapha, de Serigne Fallou, de Serigne Abdou Lahat, de Serigne Abdoul Khadre et de Serigne Saliou. Et c’est la seule voie qu’il peut prendre. Je m’attends également à ce qu’il travaille davantage à mieux comprendre ce que vivent les musulmans. Cela est un point important. Mais comme il est un homme de consultation, de concertation, quelqu’un de très informé et de très ouvert aussi, ce sera une tâche aisée pour lui. En fait, et généralement, c’est l’information qui manque le plus aux khalifes. Or Serigne Bara est un homme ouvert sur son monde, un homme qui s’informe sur tout. C’est pourquoi je m’attends à ce qu’il soit perpétuellement à l’écoute des intérêts des musulmans, même ceux qui sont dans les coins les plus reculés. Wal Fadjri : Certains s’attendent à une gestion concertée du khalifat sous Serigne Bara. Cela va-t-il se passer comme tel ? Serigne Modou Bousso Dieng : Certes, il va devoir beaucoup consulter les dignitaires de la confrérie comme cela s’est toujours fait jusqu’ici. Mais il y a ce que l’on appelle le ndigël qui est du seul ressort du khalife. Sur ce point, il est le seul habilité à prendre des décisions qui engagent tous les mourides, car c’est lui le guide supérieur, c’est lui le grand Serigne. Pour me résumer, il y aura toujours la concertation, mais il y a aussi l’autorité que le khalife a de prendre en toute indépendance les décisions qui engagent toute la communauté. Et les fervents mourides comme moi vont s’exécuter. Wal Fadjri : Jusqu’ici, on n’entend votre collectif que quand il s’agit de contester. Quelles sont les autres activités menées ? Serigne Modou Bousso Dieng : Le Collectif des jeunes chefs religieux du Sénégal, comme défini sur le récépissé délivré en 2002, compte quelque 100 mille membres. Il a été reconnu par l’Etat depuis 2002 et j’en suis le président national. Ce collectif regroupe toutes les confréries du Sénégal. Nous nous investissons dans beaucoup d’activités, notamment dans l’enseignement des enfants musulmans. Et sur le plan social également, chaque année, nous distribuons des aides aux nécessiteux. Mais aussi nous nous investissons surtout à défendre la religion islamique. Je dis toujours qu’il y a une différence entre un marabout et un religieux. Un marabout, c’est le fils d’un Cheikh et il le restera quel que soit son comportement, quelles que soient ses manières, quelle que soit sa connaissance. Or, un religieux, c’est quelqu’un qui est au-devant d’une mission religieuse qu’il doit accomplir vis-à-vis de ses connaissances, de son éthique, de son sérieux… Nous sommes des chefs religieux, nous devons défendre forcément tout ce qui a trait à la religion. Voilà notre rôle principal. (Fin) Propos recueillis par Mbagnick NGOM (walf)
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