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Prendre le « ndogou » (repas de la rupture du jeûne) à côté de sa famille est le souhait de chaque travailleur. Ce qui est de plus en plus difficile, compte tenu de plusieurs facteurs dont les aléas du transport urbain. Alors, ayant constaté que plusieurs personnes n’ont pas le temps de rejoindre leur domicile afin de partager le repas avec leurs familles, des vendeurs de repas en profitent pour se faire de la clientèle pendant ce mois béni.
A l’heure de la rupture du jeûne, les rues sont désertes. Chacun est pressé de rentrer chez lui pour sacrifier au rituel. Déjà à l’approche, l’odeur des mets fumants taquine des narines très éprouvées par l’abstinence. À l’opposé, certaines parties de la ville connaissent un regain d’activité du fait des gens qui s’y trouvent. Les gares routières, marchés, et grandes avenues que fréquentent taximen, chauffeurs de car, apprentis, « coxeurs », et simples citoyens grouillent de monde.
A côté d’eux, des vendeurs proposent, en cette période de ramadan, des produits pouvant leur permettre de couper le jeûne en toute quiétude. Ayant constaté que ces personnes n’ont pas le temps de rejoindre leur domicile afin de partager le repas avec leurs familles, des vendeurs de repas en profitent pour se faire de la clientèle pendant ce mois béni. Du « nambé » aux « spaghettis » en passant par le café au lait, « le pain mayonnaise » ou « le pain thon », les offres sont diverses et variées.
Kiné Diaw, une vendeuse, explique avoir constaté « que beaucoup de gens coupent le jeûne dans la rue ; ils n’ont pas le temps de rentrer à la maison pour manger ». Pour elle, « ils sont obligés de manger dans la rue. Alors, nous leur proposons un ndogou abordable. Avec 300 FCfa, ils peuvent avoir du pain-beurre et du café au lait, ou tout autre chose qu’ils désirent ».
À l’approche de l’heure, les vendeuses sont très débordées. Des clients se précipitent, voulant coûte que coûte se faire servir les premiers. Trônant sur sa chaise, entourée par les clients, Kiné Diaw affirme avoir une « clientèle très diversifiée composée, d’une part, de fidèles comme les « coxeurs », chauffeurs de taxi, commerçants et, d’autre part, de clients occasionnels qui sont de passage ».
D’habitude très animé à la fin de l’après-midi, le marché des Hlm connaît, en cette dernière semaine de ramadan, une activité débordante. Ici, ceux que l’heure de la rupture du jeûne trouve sur place se donnent rendez-vous chez la dame Astou qui, en cette période, met l’accent sur la vente de « ndogou ». À côté d’elle, les vendeurs de « café Touba » sont assaillis eux aussi par des acheteurs au profil divers. « Je suis tailleur et, à l’approche des fêtes de Korité, la clientèle est tellement importante que l’on ne peut pas rentrer à la maison », explique Bada, au marché Hlm. Même son de cloche chez Thierno, un vendeur de tissus. « La clientèle est dès fois très importante après la rupture ; ce qui fait que je coupe le jeûne au marché pour ensuite aller continuer à travailler », explique-t-il.
A côté de ces offres de « ndogou », l’innovation de ce ramadan reste sans nul doute « le ndogou sur le fil », une initiative de solidarité nationale de Mme Fatou Binetou Taya Ndiaye.
18h50 sur l’avenue Bourguiba, la circulation naguère très dense est au ralentie. Non loin de la route, une tente de couleur rouge attire l’attention. A l’intérieur, de jeunes gens s’y affairent. Ils préparent le café, le lait et les dattes à distribuer, sous peu, aux passants que l’heure de la rupture du jeûne trouve sur place. C’est le « ndogou sur le fil », une opération de solidarité nationale initié par le ministre de la Solidarité nationale. « Nous recevons des personnes de toutes catégories professionnelles », explique Aïcha Barry, la responsable du stand. Une dizaine de personnes s’empressent de servir le « ndogou » aux personnes déjà présentes sous la tente. Une cafetière à la main, la responsable rejoint les automobilistes pour leur servir du café. « Il nous arrive d’entrer dans les cars de transport ainsi que les bus qui s’immobilisent devant la tente », ajoute-t-elle.
Des tasses à jeter, de l’eau potable, des dattes meublent le décor de la tente. L’initiative fait le bonheur de certains. « Elle nous permet de couper le jeûne tranquillement, avant d’arriver chez nous pour manger quelque chose de consistant », déclare une dame, assise dans un bus, en partance pour la banlieue. Des talibés aux simples passants, tous viennent prendre part à ce « ndogou » de solidarité.
DIEYNABA TANDIANG et AMADOU M. NDAW (Stagiaires)
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