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 Mandiaye Gaye Me Wade
foule aux pieds les fondements
de la République !
Le socle
de la république qui était l'indépendance de la Justice, des Forces
Armées, de la Gendarmerie, de la Police et de l'Administration Générale
est sérieusement érodé et même entrain d'être remis en cause par
le pouvoir de l'Alternance. En fait, les fondements de l'exception
sénégalaise
en Afrique ont entamé leur disparition avec l'avènement de l'Alternance.
En lieu et place, pointe à l'horizon, un régime d'exception unique.
L'envie des
libéraux de conserver le pouvoir à tous les coups et à
tout prix, pousse ce régime à faire n'importe quoi, au point
de ne même plus observer aucune règle, mêmes celles relatives à
l'existence fondamentale de la république. Le parti pris dans la gestion
des affaires publiques s'est installé au cœur même de l'Etat
avec cette alternance dévoyée.
Dès l'entame
de son septennat, Me Wade, comme si le plan avait été longtemps
mûri, a fait vite de montrer ses couleurs, en commençant par changer
les règles du jeu dans la république et les institutions. Par exemple,
sous prétexte de rupture ou d'innovation, la prestation de serment
(un vrai meeting) de son mandat s'est déroulée au Stade Léopold Sédar
Senghor, pour lui ôter tout son caractère solennel et symbolique.
Une cérémonie qui d'habitude, se tenait devant le Conseil
Constitutionnel
dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Non content de passer outre,
à la surprise générale de tout le monde, il fait jouer son propre
hymne baptisé " Hymne de l'Afrique ", inconnu du peuple
sénégalais. C'était le début du commencement du parallélisme des
formes avec les institutions et les symboles de la république.
L'ère des
dérives autoritaires, vient de s'installer paradoxalement avec le
régime
de l'alternance. Ainsi, la république et ses normes de fonctionnement
ont été mises à rudes épreuves et finalement entre parenthèses
pour la durée du régime libéral. Les règles qui existent bel et
bien dans les textes officiels, servent dorénavant, uniquement pour
la galerie car, dans les faits le Pouvoir n'en tient nullement compte.
Ainsi, à la place du citoyen compétent et dévoué pour la cause du
service public, on a substitué le militant fanatique, le partisan borné
ou le proche parent, même si par ailleurs celui-ci est incompétent
et absentéiste, sa qualité de membre du parti ou du camp présidentiel
l'emporte sur tout le reste. Les nominations à tous les niveaux dans
les différents corps de l'Etat, ont suivi la même logique. Ainsi,
les normes de la Fonction Publique et de la législation du travail
ont été bafouées et renversées par rapport aux lois et règlements
qui étaient bien établis jusqu'ici dans la république. Là où les
mérites, les compétences et les expériences prévalaient pour le
choix des hommes et des femmes, l'Alternance a substitué dans le
recrutement,
d'abord la couleur de l’appartenance politique, le ton et la teneur
du discours, avant de sous peser la volonté de faire acte d'allégeance
sans réserve au chef, Me A.Wade. Ceci est sans aucun doute, une des
raisons fondamentales, qui a fait prospérer le phénomène de la
transhumance
sous l'ère de l'alternance et du libéralisme.
Tout le monde
se souvient encore de la ferme volonté de Me Wade, Président
de la république, à vouloir prendre part coûte que coûte à
la campagne électorale des législatives de 2001, sous les couleurs
de son Parti. Le Conseil Constitutionnel sous Youssou Ndiaye avait jugé
non conforme son intention. Mais malgré cet avis défavorable,
il s'est impliqué en contournant la loi et avec la complicité
active et intéressée d'Idrissa Seck. L'utilisation de son ombre « LUI »
pour violer la loi était une imagination fertile de Idrissa Seck,
sortie de sa botte de ruse. Alors pour plusieurs raisons, Idrissa Seck
devrait aujourd'hui demander pardon au peuple sénégalais pour l'avoir
abusé.
Cette méthode
de mal gouvernance qui a débuté dans l'Administration Générale
depuis l’alternance, a occasionné la paralysie de la quasi totalité
des services de l'Etat, par le fait que, les postes clés aient été
retirés, des mains de consciencieux et compétents citoyens
fonctionnaires
ou agents de l'Etat, au service de la république, pour les confier
à des militants et proches, sans aucune qualification professionnelle
précise, si ce n’est d’être au service du PDS et de son chef.
Finalité, ces derniers tout naturellement, ne reconnaissant que Me
Wade comme étant le Tout, ignorent ainsi totalement l'Etat et la
république.
Comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs, pour des gens sortis
de nulle part, à qui, ont été confiées des responsabilités importantes
très au-dessus de leur capacité intellectuelle et mérite professionnel?
Et, évidemment, ils n’ont rien fait d’autre, que de se remplir
tout bonnement, plein les poches.
Ensuite,
arrive le cas de l'Armée et des Forces de Sécurité (Gendarmerie
et Police). Là aussi, on a procédé à une opération
« civile » et politicienne, qui divorce totalement, avec les règles
militaires, traditionnellement, en vigueur dans la grande muette, ce
qui a bouleversé l'ordre hiérarchique dans le corps. A ce propos,
dans le cas où, deux militaires de même grade prétendent à un poste
de commandement, il est admis généralement dans l'Armée, que
le poste échoit, à celui qui est le plus ancien dans le grade.
En prenant le cas parmi tant d'autres, du Colonel Babacar Gaye, promu
Général et aussitôt nommé au poste de Chef d'Etat Major Général
des Armées (CEMGA) alors que, des Généraux pleins et plus anciens
dans le service étaient là. Aucune situation exceptionnelle ne
justifiait
cela. C'est simplement le style et la méthode de conduite de l'Etat,
propre à Me Wade, qui sont passés par là. Ces mesures ont été
généralisées
dans l'ensemble des Forces de Sécurité. Pire, il y a eu même paraît-il
des corps étrangers (civils) qui ont intégré ces forces, à qui des
grades injustifiés d'officier ont été attribués, afin de pouvoir
disposer aussitôt d'un commandement dans les troupes. Par discipline
légendaire, la grande muette n'a jamais bronché officiellement ou
plutôt, pas intelligiblement en tout cas.
La Justice a aussi subi pour sa part, une purge, ou elle a été tamisée
pour en extraire toutes les têtes considérées comme brûlées ou
peu obéissantes à souhait. Ainsi les plus dociles, plus maniables
et plus « coopératifs » ont été mis à contribution pour exécuter
les ordres du chef et non pour dire le droit au nom du peuple. Pour
cause, nous avons assisté durant les 6 ans de l'Alternance à un silence
troublant de notre justice, devant des faits avérés et extrêmement
graves tels que : des agressions, des crimes, des catastrophes, des
scandales, des détournements de deniers publics, des refus d'application
ou d'exécution de jugements rendus etc. " sans auteurs ni coupables
" physiquement parlant. Alors, nous sommes en droit de nous
demander, où sont la séparation et l'indépendance des pouvoirs qui
sont si souvent brandies pour se donner une bonne conscience ou
justifier
aux yeux de l'Etranger et des institutions internationales, un Etat
de droit et une république démocratique ?
Les citoyens
étaient censés être protégés, par la constitution qui leur
garantit assistance et protection, sous le contrôle bien veillant des
institutions habilitées de la république que sont : La Justice,
L'Administration
Générale, les Forces de Défense et de Sécurité. Au vu de,
ce à quoi nous assistons, les citoyens se posent la question de savoir
: Est-ce que les fondements dont on nous parle existent toujours et
si oui, pour qui, existeraient-ils ? Mais où est l'Etat régulateur
?
La tendance
qui se dessine sous l'alternance, consistant à vouloir caporaliser
toutes les institutions afin de les mettre au service exclusif du parti
au pouvoir et à son chef, au détriment du reste du peuple sénégalais,
est devenue une réalité indiscutable, aux yeux de tous les honnêtes
gens, observateurs objectifs.
La preuve
nous est faite, par la violence qui sévit au sein du PDS, et que l'on
cherche maintenant, à transférer par des provocations de toutes
sortes au sein de la société. Aujourd'hui, toutes les libertés sont
presque suspendues de fait car, toute manifestation hostile au pouvoir
par le geste, par l'écrit ou le parler est interdite par l'autorité
administrative, et en cas de résistance, ce sont des nervis payés
et envoyés pour provoquer les initiateurs ou perturber les
manifestations,
si ce ne sont pas les forces de police elles-mêmes qui s’en chargent.
Dans tout cela, la police ne fait qu'observer, si elle n'arrête pas
d'ailleurs les organisateurs, pour « trouble
à l'ordre public » ou « atteinte
à la sécurité de l'Etat ». Etant donné qu'aujourd'hui, l'Etat
et le PDS ne font qu'un, le délit d'atteinte à la sécurité du Parti-Etat
est vite établi pour tout opposant au régime de Me Wade. Le rythme
des agressions se multiple de plus en plus, tant du coté de la presse,
de l'opposition, des écrivains et j'en passe. Quand le Président de
la République refuse pour une raison personnelle de verser la subvention
à la Presse parce que celle-ci lui est hostile, il va à l’encontre
de la loi, dès l’instant où cette subvention figure bel et dans
le budget de l’Etat. Et pourtant, il n'est permis à aucun citoyen
d’enfreindre la loi fut-il le chef de l'Etat.
Nous ne
sommes
pas loin d'une terreur, que l'on tente d'installer dans le pays, pour
nous imposer une pensée unique, un pouvoir et des hommes, à quelques
mois des élections. Certains de nos concitoyens pensent de bonne foi,
que le pouvoir et l'opposition sont à mettre au même pied d'égalité
quant aux responsabilités relatives à la situation présente de notre
pays. Ceci me paraît simpliste, injuste, de l'amalgame, voire faire
la part belle au régime de l'Alternance. Par le simple fait que le
pouvoir et L'Etat avec tous ses moyens disponibles, sont bien entre
les mains des uns et non des autres, dédouane parfaitement de toute
responsabilité à l'opposition et engage totalement le pouvoir. En
outre, les décisions politiques, économiques et sociales sont prises
et appliquées par ceux qui détiennent les reines du pouvoir et non
les autres, qui les subissent. Par conséquent, les échecs issus des
mauvais choix politiques et économiques ou de décisions erronées,
sont entièrement imputables à celui qui gère l'Etat. Comme l'a si
bien dit Monsieur Mbodj du Forum Civil « on ne peut mettre le
cavalier
et son cheval sur le même pied d'égalité. »
C'est vrai
que la déception que l'alternance nous a causée, est trop grande à
telle enseigne, que nous avons tendance à ne plus faire la part
des choses, pour situer correctement la part de responsabilités
qui revient à chacun de nous. Par exemple tous ceux qui ont voté de
bonne foi pour l'alternance, ont malgré tout, une part de responsabilité
dans ce qui est arrivé, du fait de l’alternance.
Par
conséquent,
nous devons tirer lucidement et objectivement les leçons politiques
de cette autre expérience, qui est le régime libéral et son mode
de gestion des affaires publiques.
Nous devons
exiger le bilan de gestion de nos ressources à celui, qui en avait
la charge, c'est-à-dire Me Wade, et à personne d'autre. Nous n'avons
que faire, après 6 ans, d'un bilan fait de chantiers par-ci et par-là,
de travaux inachevés, de projets éléphants blancs dont certains ne
verront jamais le jour d'ici la fin du mandat. Il nous faut du concret
et non des discours mielleux et lénifiant dont on nous rabâche les
oreilles à longueur d'onde et de télévision, depuis le début de
l'Alternance. C'est là, où gît la réalité et nulle part ailleurs.
D’ores et déjà, le vote que nous aurons à faire demain, devra tenir
nécessairement compte de tout cela. Alors, reprenons nos droits et
devoirs citoyens pour que dorénavant, la conduite des affaires de notre
pays ne soit plus personnalisée, moins encore, individualisée, mais,
gérée collégialement par les meilleurs enfants de ce pays. C'est
possible si, nous tous qui aimons ce pays sommes fermement décidés
et engagés pour cela. Tout manque de vigilance à ces moments-ci pourrait
nous être fatal demain.
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