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Mandiaye Gaye : "Le Sénégal sous Wade - Banqueroute, corruption et liberticide" - Bonnes feuilles Votre email
19-03-2010

Mandiaye Gaye
Mandiaye Gaye
Me Wade foule aux pieds les fondements de la République !

Le socle de la république qui était l'indépendance de la Justice, des Forces Armées, de la Gendarmerie, de la Police  et de l'Administration Générale est sérieusement érodé et même entrain d'être remis en cause par le pouvoir de l'Alternance. En fait, les fondements de l'exception sénégalaise en Afrique ont entamé leur disparition avec l'avènement de l'Alternance. En lieu et place, pointe à l'horizon, un régime d'exception unique.   

L'envie des libéraux de conserver le pouvoir à tous les coups et à  tout prix, pousse ce régime à faire n'importe quoi, au point de ne même plus observer aucune règle, mêmes celles relatives à  l'existence fondamentale de la république. Le parti pris dans la gestion des affaires publiques s'est installé au cœur même de l'Etat avec cette alternance dévoyée. 


Dès l'entame de son septennat, Me Wade, comme si le plan avait été longtemps mûri, a fait vite de montrer ses couleurs, en commençant par changer les règles du jeu dans la république et les institutions. Par exemple, sous prétexte de rupture ou d'innovation, la prestation de serment (un vrai meeting) de son mandat s'est déroulée au Stade Léopold Sédar Senghor, pour lui ôter tout son caractère solennel et symbolique. Une cérémonie qui d'habitude, se tenait devant le Conseil Constitutionnel dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Non content de passer outre, à la surprise générale de tout le monde, il fait jouer son propre hymne baptisé " Hymne de l'Afrique ", inconnu du peuple sénégalais. C'était le début du commencement du parallélisme des formes avec les institutions et les symboles de la république.  

L'ère des dérives  autoritaires, vient de s'installer paradoxalement avec le régime de l'alternance. Ainsi, la république et ses normes de fonctionnement ont été mises à rudes épreuves et finalement entre parenthèses pour la durée du régime libéral. Les règles qui existent  bel et bien dans les textes officiels, servent dorénavant, uniquement pour la galerie car, dans les faits le Pouvoir n'en tient nullement compte. Ainsi, à la place du citoyen compétent et dévoué pour la cause du service public, on a substitué le militant fanatique, le partisan borné ou le proche parent, même si par ailleurs celui-ci est incompétent et absentéiste, sa qualité de membre du parti ou du camp présidentiel l'emporte sur tout le reste. Les nominations à tous les niveaux dans les différents corps de l'Etat, ont suivi la même logique. Ainsi, les normes de la Fonction Publique et de la législation du travail ont été bafouées et renversées par rapport aux lois et règlements qui étaient bien établis jusqu'ici dans la république. Là où les mérites, les compétences et les expériences prévalaient pour le choix des hommes et des femmes, l'Alternance a substitué dans le recrutement, d'abord la couleur de l’appartenance politique, le ton et la teneur du discours, avant de sous peser la volonté de faire acte d'allégeance sans réserve au chef, Me A.Wade. Ceci est sans aucun doute, une des raisons fondamentales, qui a fait prospérer le phénomène de la transhumance sous l'ère de l'alternance et du libéralisme.  

Tout le monde se souvient encore de la ferme volonté de Me Wade, Président de la république, à vouloir prendre part coûte que coûte à  la campagne électorale des législatives de 2001, sous les couleurs de son Parti. Le Conseil Constitutionnel sous Youssou Ndiaye avait jugé  non conforme son intention. Mais malgré cet avis défavorable, il s'est impliqué en contournant la loi et avec la complicité  active et intéressée d'Idrissa Seck. L'utilisation de son ombre « LUI » pour violer la loi  était une imagination fertile de Idrissa Seck, sortie de sa botte de ruse. Alors pour plusieurs raisons, Idrissa Seck devrait aujourd'hui demander pardon au peuple sénégalais pour l'avoir abusé.

senegal_sous_wade.jpgCette méthode de mal gouvernance qui a débuté dans l'Administration Générale depuis l’alternance, a occasionné la paralysie de la quasi totalité  des services de l'Etat, par le fait que, les postes clés aient été  retirés, des mains de consciencieux et compétents citoyens fonctionnaires ou agents de l'Etat, au service de la république, pour les confier à des militants et proches, sans aucune qualification professionnelle précise, si ce n’est d’être au service du PDS et de son chef. Finalité, ces derniers tout naturellement, ne  reconnaissant que Me Wade comme étant le Tout, ignorent ainsi totalement l'Etat et la république. Comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs, pour des gens sortis de nulle part, à qui, ont été confiées des responsabilités importantes très au-dessus de leur capacité intellectuelle et mérite professionnel? Et, évidemment, ils n’ont rien fait d’autre, que de se remplir tout bonnement, plein les poches.

Ensuite, arrive le cas de l'Armée et des Forces de Sécurité (Gendarmerie et Police). Là aussi, on a procédé à une opération « civile » et politicienne, qui divorce totalement, avec les règles militaires, traditionnellement, en vigueur dans la grande muette, ce qui a bouleversé l'ordre hiérarchique dans le corps. A ce propos, dans le cas où, deux militaires de même grade prétendent à un poste de commandement, il est admis généralement dans l'Armée,  que le poste échoit, à celui qui est le  plus ancien dans le grade. En prenant  le cas parmi tant d'autres, du Colonel Babacar Gaye, promu Général et aussitôt nommé au poste de Chef d'Etat Major Général des Armées (CEMGA) alors que, des Généraux pleins et plus anciens dans le service étaient là. Aucune situation exceptionnelle ne justifiait cela. C'est simplement le style et la méthode de conduite de l'Etat, propre à Me Wade, qui sont passés par là. Ces mesures ont été généralisées dans l'ensemble des Forces de Sécurité. Pire, il y a eu même paraît-il des corps étrangers (civils) qui ont intégré ces forces, à qui des grades injustifiés d'officier ont été attribués, afin de pouvoir disposer aussitôt d'un commandement dans les troupes. Par discipline légendaire, la grande muette n'a jamais bronché officiellement ou plutôt, pas intelligiblement en tout cas. 
La Justice a aussi subi pour sa part, une purge, ou elle a été tamisée pour en extraire toutes les têtes considérées comme brûlées ou peu obéissantes à souhait. Ainsi les plus dociles, plus maniables et plus « coopératifs » ont été mis à contribution pour exécuter les ordres du chef et non pour dire le droit au nom du peuple. Pour cause, nous avons assisté durant les 6 ans de l'Alternance à un silence troublant de notre justice, devant des faits avérés et extrêmement graves tels que : des agressions, des crimes, des catastrophes, des scandales, des détournements de deniers publics, des refus d'application ou d'exécution de jugements rendus etc. " sans auteurs ni coupables " physiquement parlant. Alors, nous sommes en droit de nous demander, où sont la séparation et l'indépendance des pouvoirs qui sont si souvent brandies pour se donner une bonne conscience ou justifier aux yeux de l'Etranger et des institutions internationales, un Etat de droit et une république démocratique ?  

Les citoyens étaient censés être protégés, par la constitution qui leur garantit assistance et protection, sous le contrôle bien veillant des institutions habilitées de la république que sont : La Justice, L'Administration Générale,  les Forces de Défense et de Sécurité. Au vu de, ce à quoi nous assistons, les citoyens se posent la question de savoir : Est-ce que les fondements dont on nous parle existent toujours et si oui, pour qui, existeraient-ils ? Mais où est l'Etat régulateur ?

La tendance qui se dessine sous l'alternance, consistant à vouloir caporaliser toutes les institutions afin de les mettre au service exclusif du parti au pouvoir et à son chef, au détriment du reste du peuple sénégalais, est devenue une réalité indiscutable, aux yeux de tous les honnêtes gens, observateurs objectifs.  

La preuve nous est faite, par la violence qui sévit au sein du PDS, et que l'on cherche maintenant, à transférer par des provocations de toutes sortes au sein de la société. Aujourd'hui, toutes les libertés sont presque suspendues de fait car, toute manifestation hostile au pouvoir par le geste, par l'écrit ou le parler est interdite par l'autorité  administrative, et en cas de résistance, ce sont des nervis payés et envoyés pour provoquer les initiateurs ou perturber les manifestations, si ce ne sont pas les forces de police elles-mêmes qui s’en chargent. Dans tout cela, la police ne fait qu'observer, si elle n'arrête pas d'ailleurs les organisateurs,  pour « trouble à l'ordre public » ou « atteinte à la sécurité de l'Etat ». Etant donné qu'aujourd'hui, l'Etat et le PDS ne font qu'un, le délit d'atteinte à la sécurité du Parti-Etat est vite établi pour tout opposant au régime de Me Wade. Le rythme des agressions se multiple de plus en plus, tant du coté de la presse, de l'opposition, des écrivains et j'en passe. Quand le Président de la République refuse pour une raison personnelle de verser la subvention à la Presse parce que celle-ci lui est hostile, il va à l’encontre de la loi, dès l’instant où cette subvention figure bel et dans le budget de l’Etat. Et pourtant, il n'est permis à aucun citoyen d’enfreindre la loi fut-il le chef de l'Etat.  

Nous ne sommes pas loin d'une terreur, que l'on tente d'installer dans le pays, pour nous imposer une pensée unique, un pouvoir et des hommes, à quelques mois des élections. Certains de nos concitoyens pensent de bonne foi, que le pouvoir et l'opposition sont à mettre au même pied d'égalité quant aux responsabilités relatives à la situation présente de notre pays. Ceci me paraît  simpliste, injuste, de l'amalgame, voire faire la part belle au régime de l'Alternance. Par le simple fait que le pouvoir et L'Etat avec tous ses moyens disponibles, sont bien entre les mains des uns et non des autres, dédouane parfaitement de toute responsabilité à l'opposition et engage totalement le pouvoir. En outre, les décisions politiques, économiques et sociales sont prises et appliquées par ceux qui détiennent les reines du pouvoir et non les autres, qui les subissent. Par conséquent, les échecs  issus des mauvais choix politiques et économiques ou de décisions erronées, sont entièrement imputables à celui qui gère l'Etat. Comme l'a si bien dit Monsieur Mbodj du Forum Civil «  on ne peut mettre le cavalier et son cheval sur le même pied d'égalité. »

C'est vrai que la déception que l'alternance nous a causée, est trop grande à  telle enseigne, que nous avons tendance à ne plus faire la part des choses, pour situer correctement la part de responsabilités  qui revient à chacun de nous. Par exemple tous ceux qui ont voté de bonne foi pour l'alternance, ont malgré tout, une part de responsabilité dans ce qui est arrivé, du fait de l’alternance.

Par conséquent, nous devons tirer lucidement et objectivement les leçons  politiques de cette autre expérience, qui est le régime libéral et son mode de gestion des affaires publiques.

Nous devons exiger le bilan de gestion de nos ressources à celui, qui en avait la charge, c'est-à-dire Me Wade, et à personne d'autre. Nous n'avons que faire, après 6 ans, d'un bilan fait de chantiers par-ci et par-là, de travaux inachevés, de projets éléphants blancs dont certains ne verront jamais le jour d'ici la fin du mandat. Il nous faut du concret et non des discours mielleux et lénifiant dont on nous rabâche les oreilles à longueur d'onde et de télévision, depuis le début de l'Alternance. C'est là, où gît la réalité et nulle part ailleurs. D’ores et déjà, le vote que nous aurons à faire demain, devra tenir nécessairement compte de tout cela. Alors, reprenons nos droits et devoirs citoyens pour que dorénavant, la conduite des affaires de notre pays ne soit plus personnalisée, moins encore, individualisée, mais, gérée collégialement par les meilleurs enfants de ce pays. C'est possible si, nous tous qui aimons ce pays sommes fermement décidés et engagés pour cela. Tout manque de vigilance à ces moments-ci pourrait nous être fatal demain.
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