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Le public s’est déplacé hier vers le Camp pénal de lIberté VI pour assister à la sortie de prison de Ndèye Guèye. Sous une fine pluie, la vedette du procès Gouddi town a rejoint le cocon familial en compagnie des siens.
Ndèye Guèye a souri. Ses dents expriment, en ces premières heures de liberté, la blancheur de l’innocence. Candide ? Elle jette un regard furtif autour de la foule de supporters et lève une main de victoire. Bonnet rouge à la place du foulard que recommandent ses «bourreaux», sa frimousse est gaie, mais un brin d’amertume consomme ses pommettes éprouvées par la détention : instant de liberté d’une artiste sous les lampes de la controverse. Ses fans sont là, venus très nombreux pour partager la délivrance. Ceux, qui lui souhaitaient l’enfer également, comme de simples badauds qui ne veulent rater l’événement pour rien. Mais, les acclamations sont plus perceptibles. Elle, après deux semaines de geôle, ne voit que sa famille qui l’accueille, le regard compatissant.
Quand la 4X4 Mercedes de couleur blanche se gare près de la porte de la prison, Ndèye Guèye a du mal à se frayer un passage, en compagnie de son avocat Me Ndiaga Fall, pour y accéder et rejoindre sa mère et son frère qui y sont déjà installés.
Ndèye Guèye est ressortie pour une dernière fois du Camp pénal où elle est entrée vers 18 heures 10 mn, juste le temps de faire les formalités d’usage pour aller retrouver son foyer ardent, s’abreuver dans la chaude ambiance familiale.
Ndèye Guèye, la danseuse et cheftaine de file de la troupe «Les gazelles» a laissé derrière elle, l’obscure nuit de la prison du Camp pénal, la prison des femmes ; celle qui, pendant plus de deux semaines a abrité ses peines, ses pleurs, mais aussi celle de la boîte de nuit Alexandra aux lumières tamisées, pour s’engouffrer dans la lumière écarlate d’un soleil estival adouci par une fine pluie céleste, signe annonciateur d’une «récompense» d’un enfant que son père Louis Guèye dit avoir «béni à jamais pour tout le bien qu’elle fait pour moi, sa mère et ses frères et sœurs». L’appel du muezzin pour la coupure du jeûne a accompagné les ronronnements du moteur de la 4X4 Mercedes qui s’ébranle vers Guédiawaye Fith Mithie, son quartier d’adoption.
Yathé Nara Ndoye (Le quotidien)
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