| Le Pr Bilolo dénonce le racisme anti-nègre des égyptologues |
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| 26-03-2008 | ||||||
Chers Amis, Ceux qui croyaient que le racisme anti-nègre était révolu dans le monde scientifique se trompent. Au mois de Mai 2008 se tiendra un Colloque décisif sur l’égyptologie, organisé par l’Association internationale des Egyptologues (AIE).
Croyant que ce rassemblement dit mondial réunirait tous les égyptologues du monde, le Pr Bilolo, reconnu pour ses compétences s’est vu purement et simplement refusé de participer à ce forum par ses collègues européens. Combien des Collègues avons-nous dans tous ces Comités qui ont des compétences scientifiques sur la Vallée du Nil et la Grèce égales ou supérieures aux compétences de Théophile Obenga ou de Bilolo ? Nous sommes le produit de meilleures Écoles de l’Afrique et de meilleures Écoles de l’Europe. Les Africain(e)s ont une double-formation : africaine et occidentale. Les Occidentaux ont une seule formation. Ils sont très faibles par rapport aux Africain(e)s. Ne confondez pas la crise économico-politique, entretenue par les armes de l’Occident, avec les compétences scientifiques négro-africaines. Relisez la biographie de Cheikh Anta Diop, il était très bien formé. Relisez la biographie de Théophile Obenga, vous remarquerez que c’est un scientifique d’une rare formation et d’une rare capacité de recherche et de production. Permettez de vous rappeler ou de vous informer qu’en ce qui concerne les compétences scientifiques nécessaires à une approche scientifique de l’Égypte Pharaonique, je fais partie de la crème scientifique de notre époque. Après plus de 25 ans de formation universitaire au cours de laquelle j’ai dû étudier dans quatre phases plusieurs disciplines : I. Philosophie, Anthropologie-Sociologie et Religions Africaines ; Théologie et Sciences Humaines ; II. Philosophie, Sciences Sociales et Théologie Fondamentale ; III. Égyptologie, Ethnologie-Africanistique et Sciences de Religion ; IV. Sciences Politiques, Sociologie, Economie des infrastructures et Gestion environnementale. Je suis formé par le meilleur spécialiste de la Linguistique Africaine et Bantu, le feu Prof. Dr. Kadima Kamuleta ; par le meilleur spécialiste de la Littérature Orale Africaine, le Prof. Mufuta Kabemba et par les meilleurs spécialistes de Religions Africaines. J’ai enseigné la Religion Pharaonique et les autres Religions Africaines en 1978-1979 ainsi que les Religions Orientales, Philosophie Africaine, l’Herméneutique Philosophique et la Philosophie du Langage (Ptah-Hotep, Kagemni, Wittgenstein, Austin, Searle, Ricoeur, Heidegger, Gadamer). J’ai enseigné le concept de la Nature chez Echnaton, Platon, Aristote, Augustinus, Descartes, Kant, Hegel, Edgar Morin, etc. avant de venir en Europe et je répète déjà au cours de l’année académique 1978-1979. Nous sommes aujourd’hui en 2008, donc 30 ans plus tard. Je ne crois pas qu’il existe plus de cinq égyptologues en vie ayant une formation semblable. Ajoutez à celle-ci la compétence et l’expérience inter-culturelles, inter-continentales et inter-raciales. Maîtrisant plus de trois langues africaines Bantu –en adoptant la classification occidentale, plus de 10 langues Bantu-, à côté de l’allemand, du français et de l’anglais, langues auxquelles il faut ajouter l’ancien égyptien, le copte, l’ancien grec et les notions de l’hébreux biblique, italien élémentaire, je suis surpris de constater que les Collègues européens savent d’avance l’impact de ces connaissances, dans la tête d’un individu, sur l’étude de ciKam ou de l’Ancien Égyptien. Sur le plan purement formel, ce parcours, ce degré d’interdisciplinarité et de connaissances de langues anciennes et modernes, est une rareté au sein de la Communauté Mondiale des Égyptologues. Est-ce que je me trompe ? Pour parler égyptien : « Mon semblable n’existe pas encore » au sein de l’Association Internationale des Égyptologues. Bref, il n’y a personne parmi tous mes collègues occidentaux qui a des compétences linguistiques qui peuvent lui permettre de savoir si le thème de CiKam et de Cyena-Ntu peut faire avancer les recherches linguistiques ou pas. § 5. Critère du thème original Vous dites que le thème “Ancien Égyptien - Langue Bantu ? Résultats provisoires du Projet de Traduction en ciLuba de "Ägyptisches Handwörterbuch" (Berlin 1921) de A. Erman et H. Grapow” ne serait pas assez original. Existe-t-il un travail ou un projet semblable en égyptologie aujourd’hui ? Il est possible que je sois sous-informé sur l’existence de Dictionnaires Ancien Égyptien et Zulu, Ancien Égyptien et Luba, Ancien Égyptien et Kongo. Existe-t-il un thème plus original en égyptologie que la Traduction de « Ägyptisches Handwörterbuch » de Erman et Grapow comme préparation à la traduction complète de WB dans une Langue de la Famille Linguistique Bantu ? Y-a-t-il un thème plus original que la présentation de résultats provisoires d’un Projet de Traduction de l’Instrument par excellence du travail de tout égyptologue, à savoir le WB ? Quel est cet autre collègue Leucoderme qui connaît les langues bantu, qui les parle, qui a déjà traduit Erman et Grapow en Kikongo, en Basa, en Zulu ou en Luba, et qui peut présenter à la Communauté Scientifique Internationale les conclusions de sa traduction de WB au niveau de la grammaire, de la transcription et de la traduction ? Qui peut me remplacer à Congrès ? Ce travail n’a jamais été fait et aucun(e) de collègues occidentaux actuellement en vie ne peut le faire. Le thème proposé opère une rupture épistémologique en égyptologie et en linguistique. Étant donné la rareté des égyptologues qui maîtrisent deux ou trois autres langues africaines de la Vallée du Nil ou aux Sources du Nil, pourquoi le Xème Congrès International refuse-t-il de retenir, dans la section Philologie, le Projet proposé ? Il ne s’agit pas d’un pur projet. Il est question de présenter les résultats d’une partie du travail accompli aux Collègues de tous les Continents. Et c’est justement cette révolution épistémologique, ce surgissement du Champollion Noir , que vous voulez étouffer avec une indicible platitude au niveau de l’argumentation. Pensez-vous que le thème de la Grèce et de l’Égypte dans l’Antiquité, sur lequel il existe déjà plus de 3000 publications, est plus original et répond mieux à la « demand for original and scholarly research that advance our Egyptological knowledge » que le thème de l’Ancien Égyptien et la Famille Linguistique Bantu sur lequel, exception faite de travaux de T. Obenga, A. Anselin, Ngom et de Oum Ndigi, il n’y a encore rien ? Avez-vous déjà vu, dans une bibliothèque un Dictionnaire « Ancien Égyptien – Langue Bantu » ? § 6. Critère du thème pouvant faire avancer les connaissances sur l’Égypte Sur base de quelle science, de quelle révélation, pouvez-vous prévoir ou déduire que les résultats de recherche sur l’Ancien Égyptien et les Langues de l’Afrique Centrale ne feront pas avancer « our Egyptological knowledge » ? Quelles sont les races qui sont contenues dans ce « Our », dans ce « notre » ? Les recherches sur CiKame ou DiKema et les autres langues de la Vallée du Nil ne font pas seulement avancer nos connaissances égyptologiques, mais elles révolutionnent l’égyptologie, la linguistique africaine, la grécologie et l’orientologie. Elles révolutionnent la Grammaire, la Transcription, la Traduction, l’Interprétation et la Vocalisation. Quel manque de curiosité lorsqu’un collègue vous dit que « J’ai l’impression que l’Ancien Égyptien n’est pas une langue morte et qu’il se parle encore jusqu’à nos jours. Je constate que le vocabulaire de base est d’une vitalité déroutante dans la Famille Linguistique Bantu » ? Vous lui répondez que vous avez des thèmes plus originaux sur l’Égypte et la Grèce. De qui se moque-t-on. Un Comité de sélection véritablement scientifique aurait répondu : « C’est incroyable cher Collègue, apportez-nous des preuves. Nous sommes très curieux ». Mais lorsqu’on a peur des preuves devant une telle affirmation, il y a de quoi s’interroger sur les causes de cette épistémophobie ? Toute personne qui n’exige pas de preuves est hostile à la science et à la vérité. En toute sincérité, certains de nos collègues n’aiment pas l’Afrique. Ils n’aiment pas l’Égypte Antique. Ils sont là pour fausser les sources et voire, pour faire disparaître les preuves. Ils haïssent les Nègres, les Arabes et les Sémites. Lorsque je parle de la Philosophie Pharaonique, les Occidentaux se fâchent. Lorsque je rappelle que Plotin est un Égyptien, les philosophes occidentaux crient : « Aux armes contre Bilolo » ; « Ils ne partagent pas les prémisses de notre Pensée Occidentale » ; « Il est profondément Africain – ‘Er ist durch und durch Afrikaner’ ». Quand Assmann rappelle l’impact de la Pensée égyptienne sur la Pensée Occidentale ou parle de « Moïse l’Égyptien », on se met à l’injurier. N’oublions pas les réactions et les coalitions contre le collègue Bernal, après la publication de Black Athena. Si quelqu’un n’aime pas les Nègres, qu’il aille étudier la Grécologie, la Francologie, la Germanologie, la Britanologie ou l’Occidentologie, mais il ne peut Le drame est que la majorité que je connais, que je fréquente, ne parvient pas à se mobiliser pour contrecarrer cette négrophobie ou afrophobie de leurs collègues. § 7. Le ciKam ne s’est pas volatilisé ![]() La plupart des collègues formés par les « érudits en mensonge » croient que l’Ancien Égyptien s’est volatilisé vers + Vème siècle. Ils confondent la fin d’une écriture ou la mort de personnes capables de lire une écriture avec la mort de la langue parlée et de la tradition orale. Au moment où l’on parlait l’ancien égyptien, on parlait le grec, le berbère, le perse, l’arabe, le latin, etc. Toutes ces langues se parlent encore, avec de transformations certes, mais elles se parlent. La preuve est que les organisateurs Grecs parlent le Grec. C’est le nouveau grec. Il est différent, mais toujours identifiable comme grec. Il n’est pas possible qu’une langue qui était parlée au début de l’époque romaine par plus de 7.000.000 de personnes et comprises jusqu’à Méroé, donc jusqu’en Ouganda et au Sud du Tchad, puisse disparaître, se volatiliser sans laisser des traces –à l’exception du copte- sur l’ensemble du Continent. Le CiKam moderne existe au même titre que le Grec, l’Arabe, le Perse ou le Berbère moderne. L’égyptologie doit se tourner vers les sources du Nil. Une démarche contraire relève du registre de la mystification scientifique. L’anti-nigrisme est ridicule et ne mène nulle part. Les résultats provisoires de la traduction du Dictionnaire de Erman et Grapow m’ont amené à ce constat : 1. Une Langue Bantu, du sous-groupe Afrique Centrale et Afrique du Sud. 2. Le Négro-Africain est antérieur au Proto-bantu. 3. Le Proto-Bantu est antérieur au ciKam (ancien égyptien) 4. Le ciKam fait partie de la Famille Linguistique Bantu 5. Le ciKam est une sous-famille au sein de la Famille Bantu. 6. Le ciKam est une langue à ton. 7. Le T de suffixe dans la transcription actuelle est en réalité un préfixe : non pas Km.t, mais t.Km (Ti-Kam, Di-Kam, Ci-Kam), mais il y a des contextes où T peut être un suffixe : KamaT). 8. Son vocabulaire est en usage jusqu’à nos jours. 9. La transcription actuelle cache la vie actuelle de ciKam Il n’y a personne qui a fait les constats et formulé, avec cette clarté, les hypothèses de travail semblables. Je vous informe que je maîtrise très bien le ciLuba, ma langue maternelle. J’ai découvert, après plus de 25 ans de contacts permanents avec le ciKam, que la langue que j’avais apprise à Munich, était l’ancêtre de la langue que je parle. La langue que je parle est comprise en Ouganda, au Rwanda, Burundi, Tanzanie, Zimbabwe, Malawi, Zambie, Angola, une grande partie du Gabon, du Cameroun, de la Namibie et de l’Afrique du Sud. Donc, je prends plus 300 millions d’Africains à témoin et plus de 500 millions à propos du Substrat Négro-Africain ou du Proto-bantu. L’univers de contrôle et de correction est sociologiquement représentatif. Quel est l’égyptologue moderne qui a déjà formulé l’hypothèse de la vitalité de l’ancien égyptien ? Qui a proclamé publiquement : « Le ciKam se parle encore de nos jours. Le problème est de trouver une sous-famille dans la Grande Famille Linguistique Bantu qui se rapproche le plus du vocabulaire et du parler attestés par les textes pharaoniques » ? § 8. Racisme et Apartheid : 150 ans de l’égyptologie anti-nubienne et anti-nègre Il existe une sorte d’Apartheid en égyptologie. Les études nubiennes sont victimes d’un racisme indescriptible. Certains égyptologues se permettent, à propos des Nègres, des injures de toute sorte. Ayant travaillé sur « La discrimination de la Nubie en Égyptologie » je sais de quoi je parle. La conséquence est qu’au nom de ce racisme anti-nubien et anti-nègre, d’aucuns tentent d’étouffer les recherches sur l’Égypte Antique et l’Afrique Centrale. Ils encouragent les recherches sur l’Égypte Antique et la Chine, mais étouffent les recherches sur les autres cultures de la Vallée du Nil et du Congo. J’ai eu moi-même à présenter en ethnologie et africanistique un séminaire sur le « Chemin suivi par les anciens Égyptiens pour aller en Amérique latine ». Il s’agissait d’une synthèse des recherches de l’Académie des Sciences de Vienne. L’auteur avait bien documenté les traces égyptiennes en Chine et en Amérique Latine. Tout en encourageant les recherches sur la Chine et l’Égypte, on s’oppose à l’étude de la Vallée du Nil ou du Bassin du Nil dans sa totalité. N’est-ce pas curieux ? Quand Ebers exposait son anti-nigrisme en égyptologie, représentait ses pseudo-arguments contre les Nègres, C. A. Diop n’était pas né. La guerre des races et des cultures en égyptologie datent du 19ème siècle. Quand Westermann injuriaient les scientifiques Noirs à propos de l’Égypte, Diop et Obenga étaient encore jeunes. Faute des cours sur l’égyptologie et le racisme, cette guerre se poursuit jusqu’à ce jour. Lorsque David Livingstone qui venait visiter le Musée Egyptologique à Londres (BM) est arrivé en Angola et au Congo, il n’a pas manqué de signaler l’actualité et la vitalité de la culture pharaonique dans cette région. Les témoignages de ce genre sont légion, mais on veut les ignorer. § 9. Représentation de l’Afrique parmi les « Key-Note Speakers » : 0 Observez la liste des « Key-Note Speakers » : « Prof. Emer. Jan Assmann (Heidelberg) ; Prof. Manfred Bietak (Vienna) - Title : The nature of the relationship between Egypt and the Minoan World in the Tuthmoside Period ; Prof. Christopher J. Eyre (Liverpool) ; Prof. Richard Jasnow (Johns Hopkins) -Title : From Alexandria to Rakotis : progress, prospects, and problems in the study of Greco-Egyptian literary interaction ; Prof. Emer. Geoffrey T. Martin (Cambridge) - Title : Re-excavating KV 57 (Horemheb) in the Valley of the Kings”. Il ressort de cette liste que tous les conférenciers principaux sont des Occidentaux, à majorité européenne et blanche. L’internationalité, l’inter-continentalité et l’inter-racialité de l’Association Internationale et du Congrès International des Égyptologues sont foulées aux pieds sans que personne ne proteste. Pourquoi ne pas réduire le nombre des Conférenciers occidentaux et blancs afin de donner la parole aux Conférenciers de l’Afrique Noire, de l’Asie, de l’Amérique Latine, etc. En quoi réside l’originalité de thèmes ici retenus ? § 10. Liste des Membres du Comité Scientifique La constitution du Comité Scientifique demeure aussi largement européen et largement occidental. L’Afrique Noire n’est représentée et cela n’est pas normal. Voici la Constitution du Comité : « Prof. John Baines (Oxford University) ; Prof. Christopher J. Eyre (University of Liverpool) ; Prof. Nicholas Grimal (Collège de France & Institut de France, Académie des Inscriptions et Belles Lettres) ; Prof. Zahi Hawass (Supreme Council of Antiquities, Egypt) ; Prof. Yvan Koenig (Institut Catholique de Paris & Centre National de la Recherche Scientifique) ; Prof. Alan B. Lloyd (University of Wales, Swansea) ; Dr. Ludwig Morenz (Universität Leipzig) ; Prof. Joachim Friedrich Quack (Ruprecht-Karls-Universität Heidelberg) ; Prof. Robert K. Ritner (University of Chicago) ; Prof. Alessandro Roccati (University of Turin) ; Prof. Pascal Vernus (Université de Paris Sorbonne, Paris IV) ». Comment ne pas remarquer l’absence de l’Afrique Noire, de l’Asie et de l’Amérique Latine dans ce comité ? Ce n’est même pas le racisme, c’est du clanisme primitif. L’Europe n’est représentée que par ses super-puissances économiques. C’est anormal. C’est pathologique. C’est un crime culturel, indigne de tout homme qui a eu la chance de connaître les exigences de la Maât. § 11. Mépris de l’appel de Jean Leclant Les maîtres comme Leclant, Vercoutter, Thausing ont réitéré des années durant la nécessité d’insérer les recherches sur l’Égypte dans leur contexte africain et de promouvoir les contacts entre les chercheurs africains et leurs collègues européens. Il n’est ni nécessaire ni souhaitable d’avoir les mêmes thèses. Car du choc des idées, du choc des positions jaillit la lumière. Le vœux semblable était dans les années 80, au cours du Congrès de Munich, par le maître Erik Hornung et par le feu Prof. Quagebeur de Leuven. Le Prof. Grimal de Paris reprochait, au cours d’un entretien que j’avais eu avec lui en 2007, aux égyptologues africains de refuser de participer aux rencontres égyptologiques internationales. A Cambridge, en 1995, beaucoup d’autres collègues avaient aussi regretté la sous-représentation de l’Afrique Noire. Mais je constate qu’ils méconnaissaient tous par-là le degré de l’anti-nigrisme, l’anti-mélanisme dans la Communauté Égyptologique Occidentale. On écarte l’Afrique, car elle dérange les préjugés et les prémisses non-critiques. La preuve est là. Les Africains sont victimes du racisme primitif, de « l’Apartheid », de l’exclusion, voire de tentatives d’anéantissement existentiel de la part de certain(e)s de leurs collègues occidentaux. Certains égyptologues, minoritaires certes, mais occupant des positions stratégiques ; sont tellement aveuglés par l’anti-nigrisme égyptologique qu’ils ne voient plus la vitalité de l’Égypte et de la Nubie en Afrique contemporaine. § 12. Tout scientifique engage sa propre réputation Tout scientifique porte la responsabilité de ses résultats. Il met en jeu sa réputation lorsqu’il expose ses résultats devant la Communauté Internationale. Il n’y a aucun, absolument aucun égyptologue européen ou occidental en vie, qui peut soutenir que la présentation de résultats provisoires du Projet de Traduction de WB dans une langue Bantu serait sans originalité ou ne contribuerait pas aux études égyptologiques. Je vous avais demandé de placer ma conférence à la plénière, voire à l’ouverture, de telle sorte que la plupart de nos collègues puissent prendre part au débat. Je voulais prendre la communauté internationale des philologues à témoin afin d’éviter le débat sans-cesse entretenu dans des coulisses. C’est un défi. ![]() § 13. L’Occident n’a pas le monopole du savoir L’Afrique n’est pas une colonie scientifique de l’Occident. Ce dernier n’a pas le monopole du savoir et encore moins ne peut avoir le monopole de la Connaissance d’un Pays de la Vallée du Nil. La médiocrité des connaissances égyptologiques sur l’environnement de la Région des Grands-Lacs, aux sources du Nil, jette l’ombre et le doute sur la scientificité et la sériosité de recherches tant vantées. Le dialogue est absolument nécessaire. § 14. Approche occidentale de l’Afrique : Acmé du dillettantisme et de l’arrogance Comme la plupart des Occidentaux rien lorsque je leur dis que je suis Occidentologue, Européanologue, spécialité : Grécologie, Germanologie et Francologie, les Africain(e)s s’amusent aussi devant le dillettantisme égyptologique de l’Occident. Ils se moquent de ces gens qui se croient être « Spécialistes de la Religion Égyptienne, de l’Art Africain », après 15 heures de cours sur la Religion Égyptienne ou sur l’Art Pharaonique. Après quelques séances de Grammaire de Gardiner, on se croit être « Spécialiste de la Linguistique Africaine », capable de corriger Obenga, Ndigi ou Bilolo sur les fondements Bantu de la Langue Pharaonique. Les gens qui n’ont jamais participé à la cérémonie de l’intronisation d’un roi ou d’un chef africain, qui n’ont jamais participé à l’enterrement d’un chef, qui n’ont jamais pris par aux cérémonies de préparation de la chasse ou de la guerre en Afrique, se croient, après 30 heures de cours sur l’Histoire Égyptienne, être des « Spécialistes de la Culture Pharaonique », capables de la positionner par rapport aux autres cultures africaines qu’ils ignorent complètement. Nous n’avons pas la même attitude devant la peau d’un léopard, d’un lion ou d’un crocodile. Le léopard « c’est moi, c’est mon double ». Il est la manifestation de mon pouvoir. C’est un symbole de notre royauté, de la divinité. Et lorsqu’un chercheur africain, de la lignée du pouvoir, voit le prêtre égyptien ou le roi nubien portant la peau du léopard, « il sait et il comprends le pourquoi sans passer par l’égyptologie occidentale ». Les égyptologues africains pensent leur culture. Ils ne dissertent pas sur une culture étrangère. Les femmes africaines exposent chaque jours dans les villages, depuis le Nord jusqu’au Sud une série de types de tresse alors qu’elles n’ont jamais été dans un Musée Egyptologique. Le dillettantisme se manifeste aussi dans l’ignorance coupable des conditions climatiques aux Sources du Nil qui poussent certains à écrire encore de nos jours qu’il ferait plus chaud aux sources du Nil, dans la Région de Grands-Lacs qu’en Égypte. Je vous rappelle que c’est avec cet argument enfantin que d’aucuns ont tenté de justifier la prétendue différence de pigmentation entre les Nubiens et les Égyptiens. § 15. Exigences africaines au Xème Congrès International
Comme je l’ai déjà signalé au départ, je n’aurais pas protesté contre votre décision s’il s’agissait d’un Congrès Européen d’Égyptologie ou d’un Congrès des Égyptologues Occidentaux. Mais il s’agit d’un Congrès Mondial avec la participation de tous les Continents et des égyptologues de toutes les Races et de toutes les couleurs. Le racisme ou l’anti-nigrisme n’a pas de place dans une telle Institution. L’Afrique Noire ne peut être écartée sans que cette Institution ne se discrédite. Hannibal
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