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C’est dans l’après-midi d’aujourd’hui que
l’avion du chef de l’Etat doit atterrir à l’aéroport Léopold Sédar
Senghor. Mais, d’ores et déjà, Me Abdoulaye Wade sait ce qui l’attend :
un cocktail explosif consécutif aux inondations, aux délestages et à la
crise économique. Alors, l’enfer ? C’est tout comme.
Après quatre semaines de vacances, passées entre
la Suisse et la France, le président de la République, Me Abdoulaye
Wade, rentre, aujourd’hui, au Sénégal. Malheureusement, il retrouve un
pays en butte à des difficultés de toutes sortes. Il en est ainsi du
récurrent phénomène des inondations qui a fini de prouver, notamment
dans la banlieue, qu’il constitue un véritable serpent de mer. Sans
parler des montées d’adrénaline, notées ici et là, sur le retard
constaté dans le déclenchement du fameux Plan Orsec pour venir en aide
aux «victimes des eaux». Le retour du chef de l’Etat a également ceci
de particulier : il coïncide avec un embrasement social consécutif aux
délestages intempestifs de la Sénélec qui ont fait, à dire vrai, du
pays une véritable poudrière qui peut exploser à tout moment. Il
suffit, d’ailleurs, pour s’en convaincre, de voir l’effet
boule-de-neige des manifestations consécutives aux longues coupures de
courant. Qui, telle une traînée de poudre, se propage à travers le pays
et n’épargne, de surcroît, aucun secteur d’activité, pour ne pas dire
aucune composante du corps social. C’est, sans doute, dans ce cadre
qu’il faut circonscrire la décision de Youssou Ndour, unanimement
saluée, de joindre sa voix à celle du peuple. Un «tube de l’été» dont
il se raconte déjà, dans les arcanes du pouvoir, qu’un intense lobbying
est déployé pour l’étouffer dans l’œuf. Bref, Me Wade foulera le tarmac
de l’aéroport Léopold Sédar Senghor dans une situation assez explosive
qui n’a pas tardé à déteindre négativement sur la sacro-sainte
solidarité gouvernementale avec, notamment, les folles rumeurs ayant
circulé, ces derniers jours, sur la vraie fausse démission du ministre
de l’Energie et des Biocarburants, Samuel Sarr. Des «bruits» qui, en
effet, ne datent pas de…dimanche dernier. Car, l’idée avait déjà couru,
dans un passé récent, sur un lobbying d’enfer qui serait déclenché par
quelques hiérarques de l’Establishment libéral pour l’envoyer à
Canossa. Mieux, le nom de Serigne Mboup, ancien patron de Petrosen et
candidat malheureux du Pds au Conseil régional de Thiès, après les
Locales du 22 mars dernier, avait même été avancé pour le remplacer.
Suffisant pour que les inconditionnels de Samuel Sarr se mettent à
tirer sur celui qui fut, par le passé, proche d’un certain Macky Sall.
Il s’y ajoute les effets non négligeables, sur l’opinion publique et
les démocrates, de l’ouvrage «Contes et mécomptes de l’Anoci» avec
l’omerta constatée au sommet de l’Etat et du Parti démocratique
sénégalais (Pds). Et, nombreux sont, aujourd’hui, les observateurs qui
persistent à croire que ce n’est là «rien d’autre que le signe
annonciateur d’une déflagration qui fera des dégâts au cœur même du
pouvoir». Egalement très attendu sur le terrain politique, Me Abdoulaye
Wade est dans l’obligation, pour des questions de survie, d’apaiser
tous les brasiers qui se sont allumés ou se sont attisés durant son
absence. Qui parle de compte-à-rebours pour 2012 ?
PAPA SOULEYMANE KANDJI
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