| ICS - Las des promesses de l’Etat : Les travailleurs situent les responsabilités |
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| 01-10-2007 | ||||||
De quatre bateaux phosphoriques par mois, soient 16 milliards de francs Cfa, les Industries chimiques du Sénégal (Ics) ne produisent aujourd’hui qu’un seul bateau juste pour assurer le fonctionnement des machines et payer l’électricité.
Suffisant pour en déduire avec les travailleurs que l’entreprise qui, jadis, était un des fleurons de l’économie nationale avec 40 milliards de francs Cfa de valeur ajoutée, traverse une crise profonde loin de connaître son épilogue.
Selon le texte liminaire des travailleurs de l’entreprise qui ont tenu un point de presse, samedi, à la Bourse du travail, «entre mars 2006 et septembre 2007, l’Etat et Iffco ont ballotté l’entreprise et ses travailleurs dans un cycle de négociations et d’échéances sans fin». Ces multiples tergiversations ont semé le doute dans l’esprit des travailleurs qui craignent une liquidation pure et simple. «Nous disons que la situation des Ics est préoccupante. Les délais de finalisation du processus de recapitalisation sont étriqués, les menaces juridiques multiples et les accords fragiles», lit-on toujours dans la déclaration. Pourtant, l’entreprise n’en est pas à sa première crise. Si la première, au bout de six mois, avait trouvé une solution, celle-ci dure depuis trois ans «et les autorités laissent pourrir la situation pour des intérêts particuliers», laisse entendre Mamadou Mbodji, coordonnateur de l’Intersyndicale des travailleurs des Ics. Dans leur déclaration liminaire, les travailleurs accusent l’Etat de n’avoir pas la bonne information. «Il semble que l’Etat n’a pas les bons éléments, les arguments et les atouts qu’il faut pour négocier avec Iffco. On a l’impression que ce qui l’intéresse dans cette convention, ce sont les 20 % de la production d’acide phosphorique réservés à la fabrication d’engrais.» Revenant sur les félicitations de Madické Niang, ministre des Mines et de l’Industrie, à l’égard de Karim Wade, les travailleurs à travers leur déclaration, précisent : «On comprend parfaitement que cette disponibilité était singulièrement motivée.» Ce qui, aux yeux de M. Mbodj, explique l’exclusion des travailleurs des négociations et des signatures de conventions. «Les signataires de la convention du 16 juillet 2007 sont-ils en droit de décider unilatéralement du mode de recapitalisation des Ics en dehors des autres actionnaires que sont les travailleurs ?», s’interroge-t-on du côté des travailleurs. Ces derniers estiment que «cette démarche est contraire aux dispositions contenues dans les actes de l’Ohada et relatives au droit de communication reconnu à tout actionnaire».
Pour ne pas jeter les Ics en pâture, les travailleurs, soucieux de sauvegarder ce patrimoine, tentent tant bien que mal de la faire fonctionner. Mais, à l’impossible, nul ne semble être tenu. Et les travailleurs de lancer ce cri du cœur : «Notre résistance nous a permis de survivre, mais il faut reconnaître en vérité que nous sommes à la limite de nos ressources. Et, s’il n’y a pas une solution urgente pour remettre les Ics sur les rails, la crise aura raison de notre engagement.»
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