| DES SINISTRES SOLIDAIRES EN BANLIEUE : Le voisin est le premier parent et soutien |
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| 23-09-2008 | ||||||||||||||||||||
Les vrais amis sont connus dans les périodes difficiles. C'est conscientes de cela que les populations de la banlieue, touchées pour la plupart par les inondations, initient des actions de solidarité envers leurs « frères sinistrés ».
Certaines victimes confient leurs bagages ou une partie de leurs familles aux voisins ou à d’autres parents dans les quartiers de Darou Salam, Guinaw-Rails, à Pikine-Est, à Wakhinane Nimzatt. Les inondations ont éveillé la culture dans la solidarité et raffermi les liens entre voisins. Les Associations sportives et culturelles (Asc) sont, elles aussi, au chevet des victimes.
A la hauteur du marché Thiaroye, plusieurs tuyaux vomissent l’eau aspirée de l’intérieur des quartiers Darousalam 2. Les conduites des pompes serpentent les étroites pistes boueuses. Plusieurs voies sont entrecoupées. Plusieurs maisons sont abandonnées. Peu d’enfants sont dans les rues. L’atmosphère est lugubre. Babacar Touré sort d’une des rares boutiques encore ouvertes dans ce quartier. Il marche avec habilité pour ne pas glisser. Le jeune garçon égrène, sans se faire prier, les manifestations de compassion ou de solidarité entre les sinistrés. «L’entre'aide est une réalité à Darousalam 2 par ces temps qui courent.Parfois, lorsque la maison d’un voisin est inondée, c’est tout le coin qui sort pour l’aider à évacuer les bagages.En plus, il y a des pompes que certaines bonnes volontés ont mis à la disposition des habitants pour les aider à évacuer l’eau des maisons », rapporte Babacar Faye. Au fur et à mesure qu’on arpente les pistes sinueuses, on dénombre plus d’habitats pris dans des étangs. Près du point le plus bas, Paul Mendy, Ndiaga Mbaye, Babacar Faye et Pape Ndiaye sont assis sur un banc adossé à un mur rogné par l’eau près d’une ruelle couverte par l’eau. A partir de ce coin, il faut patauger pour regagner les domiciles. Huit maisons faisant face leur grande place sont abandonnées. La hauteur de l’eau a dépassé les fenêtres. Les inondations ont raffermi les liens entre Paul Mendy, Ndiaga Mbaye, Babacar Faye et Pape Ndiaye. « J’ai accueilli une partie de la famille de Ndiaga Mbaye. Une bonne partie de sa famille n’avait pas où dormir », rapporte Babacar Faye.
Ces propos sont confirmés par Ndiaga Mbaye qui vit actuellement seul dans sa maison.« Ma femme et mes enfants sont chez ma bellefamille.Malgré les difficultés, les sinistrés et les Sénégalais n’ont pas renié les valeurs africaines Les jeunes entrent en jeu. Cet élan de solidarité a aussi gagné les Associations sportives et culturelles (Asc). Active au coeur de Darousalam, l’Asc Manko ne peut pas se consacrer uniquement à la préparation de ses matches. Plusieurs de ses membres ou de ses supporters sont affectés par les fortes précipitations des semaines écoulées. Cette association des jeunes du quartier était au coeur de la distribution des nourritures aux sinistrés, il y a quelques jours. « Nous sommes impliqués dans la distribution du riz, de produits désinfectants. Nous n’avons pas de gros moyens pour assister les sinistrés, mais nous faisons ce que nous pouvons », confesse Vieux Ndiaye, le responsable des supporters. De l’autre côté, à Wakhinane Nimzatt 3, à Pikine, l’Asc Jant-bi est l’une des rares équipes à Pikine-Est à disposer d’un centre où les enfants sont initiés à l’arabe et au français. Ce centre accueille, en ce moment, une victime des inondations du nom d'Ibrahima Bessane. « Dans la zone de Pikine, les Asc sont fortement impliquées dans la lutte contre les inondations en aidant les populations. Moi, je suis un sinistré. C’est l’Asc Jant-bi qui m’accueilli dans son centre, c’est un grand signe de solidarité. Contrairement aux années précédentes, plusieurs écoles ne veulent pas accueillir les sinistrés parce que les responsables craignent d’accuser des retards à la rentrée prochaine », témoigne Ibrahima Bessane. L’Asc Benja doit tenir ces jours une réunion pour définir les grands axes de nettoyage et d’évacuation des eaux aux alentours de cette mosquée sise à la hauteur du poste de Police de Thiaroye. La force de mobilisation des Asc peut bien apporter un coup précieux à la résorption des problèmes dans la banlieue inondée. Dans la douleur, c’est tout le monde qui doit compatir. Surtout les Associations culturelles et sportives, ces fameuses Asc, proches des populations et très actives dans les zones inondées.C’est fort de cela que l’Organisme national de coordination des activités de vacances (Oncav) a mis la main à la pâte en mobilisant toutes ses structures en faveur des sinistrés. Dans un premier temps, toutes les entités de cette instance vont s’acquitter d’une cotisation. C’est ainsi que, selon Amadou Kane, président de l’Oncav, les 545 Asc et les 2.000 délégués verseront chacun 1.000 Fcfa, les 43 zones (10.000 frs), les Odcav (50.000 frs) et les Orcav devront verser, en guise de participation à cet élan de solidarité, 100.000 frs. A la suite de cet effort des différentes structures de l’Oncav, « on s’apprête à organiser un téléthon pour venir en aide à ces populations », annonce Amadou Kane.
L’autre activité initiée en faveur des populations des zones inondées sera l’organisation d’un tournoi de foot réunissant quatre équipes. « Ces initiatives, rappelle M. Kane, font suite aux différentes donations faites par les Odcav de Pikine, Guédiawaye, etc.» Ces efforts ne se limitent pas à Dakar puisque dans les régions comme Thiès, Kaolack et Fatick, touchées aussi par les inondations, dans les Odcav, on s’active comme à Dakar. Reportage de Idrissa SANE et Maguette NDONG (Lesoleil)
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