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De l'origine de Sandaga, de l'île de Gorée et de Ouakam Votre email
05-10-2007
ImageDakar, 4 oct (APS) - Les éléments de l'environnement immédiat caractérisant le site habité ont, dans des cas, constitué des sources d'inspiration quant au baptême de certains places fortes de Dakar comme Sandaga, l'île de Gorée ou le quartier de Ouakam. Concernant le plus grand lieu de négoce de la capitale, il doit son nom à un arbre appelé ‘'sand'' en wolof, qui se dressait, précisément à l'endroit qu'occupent aujourd'hui les marchands d'or, explique le vieux Saliou Diop. Habitant de la Gueule Tapée, il est chargé du culte de Ndeuk Daour, présenté comme le ‘'génie protecteur'' de la ville de Dakar. 

D'abord occupée par des peuls qui y écoulaient leurs produits laitiers, l'ombre de cet arbre, pris d'assaut par des vendeurs de poissons, avait fini par devenir un lieu de négoce. ‘'Sand ga'', désignait finalement l'arbre et son environnement immédiat. Le ‘'sand'' est, selon Elhadji Mamadou Guèye, un arbre dont le fruit ressemble à celui du baobab. Bër, nom lébou désignant l'île de Gorée, viendrait également du nom d'un grand arbre, bër, (de son nom scientifique sclerecoria beeria) qui trônait sur l'île et servait ainsi de repère aux pêcheurs, note Alioune Diagne Mbor. 

A propos de Ouakam, plusieurs versions existent sur son sens étymologique. Mais, dans une émission sur Canal Info (télévision privée) dénommée ‘'Quartier à la loupe'', certains de ses habitants évoquent deux versions dominantes. Celle qui veut que le nom Ouakam soit inspiré par la situation géographique de la localité, située dans une cuvette (kamb en wolof). D'où, ses habitants étaient désignés sous le vocable de ‘'Wa kamb'', ‘'les gens de la cuvette''. 

L'autre soutient que le village s'appelait à l'origine Kam, et par conséquent ses ressortissants s'identifiaient comme les Wa Kam (ceux de Kam en wolof).Une troisième, que propose M. Diagne Mbor, considère que la genèse de cette appellation est à chercher dans celle d'une sous ethnie, les Yokam qui habitent le village de Toglou dans la région de Thiés non loin de la nationale N°1, et dont des membres se seraient établis dans ce village lui donnant par la même, leur nom. 

D'ailleurs, précise le Ndéye Djirew de Dakar, un des ‘'penc'' de Ouakam se nomme Taglou, comme Toglou, village d'origine des Yokam. ‘'Il faut faire la relation'', conclut-il. Un scénario quelque peu similaire a présidé au choix du nom du ‘'penc'' Mbakeundeu qui désigne l'espace allant de la rue 13 de la Médina à l'avenue Blaise Diagne.

Selon M. Diagne Mbor, ses fondateurs avaient auparavant habité sur une côte où avait échoué une baleine morte (Mbakeundeu en wolof). Alors, une fois qu'ils se sont installés dans cette localité, ils l'ont baptisée Mbakeundeu, en mémoire à cet épisode.
 Dans cette même logique environnementale, le relief de Ngor a donné son nom à la localité, explique Mbor. A l'opposé de Tine Tongor dans la zone de Thiés qui décrit la structure de la colline au pied de laquelle se trouve le village du même nom, une élévation avec un sommet (tong) et qui est bien assise (goor), le plateau de Ngor ‘'n'a pas de sommet''. Elle est seulement assise (dafa goor, en wolof). D'autres dénominations retracent l'historique des quartiers qu'ils identifient. Il s'agit, soit du nom de leur fondateur, soit de son titre.

C'est ainsi qu'il y a Kay Ousmane Diène, ou encore Ngaraf -de la rue 6 à la rue 11 de la Médina - et dont le parrain et fondateur était, selon M. Diagne Mbor, un Diaraf. Titre qui, dans l'organisation coutumière léboue, correspond au ministère de l'Agriculture et des Finances, explique M. Guèye.
 C'est le cas aussi de Kay Guédji (encore appelé Kay Demba Codou) qui part de la rue Gambetta jusqu'aux environs de l'école Faidherbe.

A l'image de nombreux sites qui comportent le substantif Kay, tels que Kayar (Kay yar), fait remarquer Diagne Mbor, ce nom qui exprime une invite s'explique simplement par le fait que ‘'quand on habite une zone où il fait bon vivre, on invite les autres à vous rejoindre''. D'où kay (viens en wolof).
 Dans la logique faisant ressortir l'aspect attractif d'un site, Yoff tiré du sérère ndut, signifie ‘'repos'', ajoute-t-il.

A l'image de Yoff, le nom de la ville de Dakar procèderait d'ailleurs de ce souci de montrer les atouts du terroir. Dakar viendrait de ‘'deuk raw'' qui, en wolof, veut dire ‘'qui s'y installe sera en paix'', indique le vieux Mamadou Guèye.
 D'autres noms immortalisent des séquences importantes de l'histoire de la ville. Bagnoul (ne refuse pas), la zone sud qui accueille les édifices administratifs, allant du boulevard de la République à la mer, porte le nom de la Convention du même nom signée en 1905 entre les Français et la collectivité léboue. On y fait souvent référence, mais à tort selon Alioune Diagne Mbor, en tant que Convention Bougnoul. 

Aux termes de cet accord, les Lébou louèrent aux Français cette partie de la ville pour la construction d'infrastructures. Ils commencèrent deux ans plus tard, en 1907, par construire le palais. Les hôpitaux Le Dantec, Principal, l'Etat-major seront aussi érigés sur cette bande de terre. Les Français ont continué à verser le loyer à la collectivité léboue jusqu'en 1962, a indiqué M. Diagne. 

Par Alioune Diouf (APS)

Commentaires
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précisions
AM 2008-01-02 21:29:46

Il est dommage que parfois en milieu lébou,de nos jours, certaines personnes âgées racontent parfois du n'importe quoi pour raffermir des intérêts particuliers. Ainsi, surtout à Dakar, la
désinformation est telle que l'histoire est complètement déformée au profit d'intérêts souvent familiaux. Aussi, il convient d'apporter les précisions suivantes: - 1 - Ouakam ainsi que Ngor sont des
démembrements de Yoff. Qu\'il s\'agisse suivant le critère matrilinéaire des wanere, khonkha bopp et diassiratos ou le critère patrilinéaire des Samb à Ngor, Ndoye ou Guèye à Ouakam, aucune de
ces familles fondatrices de ces villages n\'est issue de l\'ethnie des Séréres. Pourquoi alors donner à son village une dénomination dans une langue qui n\'est pas sienne? Donc la thèse de
M. Diagne Mbor qui veut souvent ramener l\'histoire lébou aux séréres ne semble pas pertinent.- 2 - ni le fondateur de Kayes Ousmane Diéne (Mame Ousmane DIENE), ni celui de Ngaraf (Ndongo farimata
Diagne) n\'ont été Jaraaf quand bien même c\'étaient des notabilités coutumières. Ousmane Diéne était en fait le génie de Dakar.- 3 - Kayes Birame Codou et (non Demba Codou ) est différent de
Kayes Guedji. En effet, Kayes (du nom Birame Codou Mbengue Lamane de Beigne village ancêtre des 12 pinthies de dakar) est l\'actuel Kayes Findiw fondé par les Mbengue de Ngor Senghar; tandisque
Kayes Guedji aujourdh\'ui disparu a été fondé par les Ndoye de Sémou Ndoye. il y\'a eu deux autres Kayes qui , à ce jour, n\'existent plus dont un Kayes fondé par les Guèye.- 3 - Kayar
fondé par le Jaraaf Mbor Ndoye signataire de l\'acte d\'installation des Français en 1857 à Dakar et par la suite exilé, signifierait simplement « Kayes 2 ». Jaraaf Mbor Ndoye étant parti de
son Pinthie d\'origine de Kayes Birame Codou (c\'est à dire Kayes Findiw) pour atterrir sur une autre plage au sable fin qu\'il a baptisé KAYE YAR ( Kayes 2 ou Kayes bis).- 4 – certaines
sphères de la communauté lébou doivent cesser de s\'autoglorifier et de falsifier ainsi l\'histoire ; le mot « Dakar » est très éloigné de "Deuk raw\" ; affirmer que Dakar
provient de « deuk raw » serait un non sens du point de vue de l\'histoire et elle serait même une appellation toute récente quand on sait que les Lébous n\'ont eu leur indépendance vis à vis
du Damel qu\'au 18ème siécle! Le conservatisme de nos cultures sénégalaises et la spécificité de la langue ouolof et du dialecte lébou ne peuvent pas justifier le passage aussi rapide de
\"Deuk raw\" à « Dakar ». Cette hypothèse semble donc fausse. En réalité Dakar viendrait de la déformation par les français du mot \"Dakhar\" du nom d\'un
tamarinier sous lequel les lébous se réunissaient souvent! Sinon cette partie de la presqu\'île englobant la zone allant de Diamaguène, Thiaroye, Yarakh, bel air, une partie de Pikine, HLM, Usine,
une partie des Sicap , Dieuppeul jusqu\'àu Plateau (Boulevard de la République), s\'appelle bien \"BEIGNE\" qui est un des neuf secteurs traditionnels de la presqu\'île du
Cap-Vert.
Les Lébous
ndoye 2008-02-15 20:47:34

Bonjour "Invité" et merci pour la précision sur les lébous.

Etant Lébou moi-même et descendant de Jaaraf Mbor Ndoye Je voudrais votre contact pour avoir plus d'infos sur la
communauté.

kilifa2000@yahoo.fr
moi
emille 2008-04-01 07:45:22

sazlut
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