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Adoption de son budget en fin d’exercice : La gestion particulière de l’Anoci Votre email
19-10-2007
ImageC’est le mercredi dernier que le Conseil de surveillance de l’Anoci a pu disposer officiellement des comptes de l’Anoci, pour approuver l’exercice budgétaire écoulé, et adopter le budget en cours, alors qu’il est en fin d’exercice. Des experts comptables interrogés indiquent que cette manière de faire ne respecte pas les règles comptables.

Sur quelles bases comptables travaille l’Agence nationale pour l’Organisation de la conférence islamique, pour qu’elle fasse adopter un budget qui est en fin d’exercice ? Dans le communiqué remis hier à la presse, pour sanctionner la réunion du conseil de surveillance, on a relevé que c’est ce mercredi que le budget de 2007 a été approuvé. Cela, en même temps que cette structure de surveillance approuvait «les comptes de l’Anoci ainsi que le rapport d’exécution du budget pour l’année 2OO6, à la suite du rapport du Commissaire aux comptes attestant de la régularité et de la sincérité des comptes de l’Anoci». Or, ce même jour déjà, des voix se sont élevées parmi les membres dudit conseil de surveillance, pour dénoncer le flou dans lequel les choses semblaient se passer. Dans Le Quotidien d’hier, il a été rapporté les propos du dirigeant de la Raddho, Alioune Tine, qui a dénoncé les anomalies notées dans les comptes de l’Anoci.

Le coup de gueule de Alioune Tine a été répercuté par un autre de ses collègues du conseil de surveillance. Le journaliste Serigne Adama Boye, qui siège au conseil au titre du Syndicat national des professionnels de l’information et de la communication sociale (Synpics), reconnaît que les comptes qu’il leur a été donné à approuver ont posé des problèmes de conscience à certains. Et que «des organismes comme la Raddho ont eu à dénoncer ça». Tout en affirmant que pour sa part, il ne possédait pas une expertise lui permettant de mettre en doute les éléments qui leur ont été présentés, malgré ses appréhensions.

Qu’à cela ne tienne, d’autres, professionnellement plus qualifiés, se sont aussi posés des questions sur les procédures comptables de l’Anoci. Et des experts-comptables, se sont demandés ce qui a justifié que cette agence attende la fin de l’exercice budgétaire, pour faire approuver les comptes de l’exercice passé. Mais toutes les personnes interrogées veulent bien concéder que cela puisse se justifier. Là où la pilule ne passe pas, c’est quand le conseil de l’organisme public décide d’attendre le mois d’octobre, en fin d’exercice budgétaire, pour examiner et adopter «le projet de budget de l’Agence nationale de l’Oci pour l’année 2007». Il semble même, à en croire le membre du Synpics, que «le Conseil de surveillance de l’Anoci a reconnu qu’il y a un grand retard dans la publication des comptes». D’autres, dans l’anonymat, interprètent cela comme le signe d’un manque de transparence.

Ce jugement est renforcé par l’opinion de certains experts-comptables interrogés hier. Ces derniers indiquent que «l’arrêté des comptes pour une entreprise obéit à des règles comptables bien précises». Ils ajoutent que, «sur le plan légal, le Conseil d’administration arrête les comptes, au plus tard le 30 avril de chaque année». Après cet arrêté, ont fait savoir les experts, «c’est l’Assemblée générale qui procède à l’approbation des comptes au plus tard le 30 juin». Mais renseignent les experts, «il existe un recours pour une structure qui n’aura respecté les délais en rigueur». Il s’agit pour ces structures, privées ou gérées selon des règles du privé, «d’adresser une demande auprès du Tribunal régional, qui est le seul habilité à leur permettre d’arrêter définitivement les comptes». L’Oci, agence publique, qui vit des fonds publics ou empruntés au nom du contribuable sénégalais, respecte-t-elle la procédure qui réglemente la gestion comptable des entreprises et organismes publics et privés ? Ou alors, jouit-elle d’un statut particulier qui lui permet de déroger aux règles en matière de gestion comptable, auxquelles sont soumises d’autres structures de l’Etat ?

Grâce à la télévision nationale, dont M. Wade a souhaité qu’elle couvre son audition devant les députés, les réponses à toutes ces interrogations seront connues bientôt, après le passage de la direction de l’Anoci devant les députés.

Yathé Nara Ndoye

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