| Tout sur le remaniement ministériel au Sénégal |
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| 02-05-2009 | ||||||
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Karim
Wade dans le gouvernement : Le fils prodige est nommé Ministre d’Etat
chargé des Transports Aériens et des Infrastructures Karim Wade, le fils du président sénégalais Abdoulaye Wade, longtemps cité comme son successeur potentiel, a fait son entrée vendredi au gouvernement du Sénégal. Un peu plus d’un mois après sa déroute lors de la tentative de prise de la Mairie de Dakar, le nouveau ministre des Transports aériens et des Infrastructures récupère le dossier brûlant d’Air Sénégal International. Cinq semaines après la cuisante défaite des élections municipales, le Président Abdoulaye Wade a nommé comme Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, un de ses proches, pour remplacer Cheikh Hadjibou Soumaré démissionnaire. L’occasion de remplacer la moitié du Gouvernement, soit une petite quinzaine de Ministres et surtout de faire rentrer son fils, Karim, au poste stratégique de Ministre d’Etat chargé des Transports aériens et des Infrastructures. Karim Wade avait dirigé jusqu’alors l’Anoci, l’Agence nationale pour l’organisation de la conférence islamique, qui a eu lieu en mars 2008, avec des sommes conséquentes pour améliorer l’hôtellerie et les infrastructures routières du pays. Cela avec un succès pour le moins mitigé, la conférence a eu lieu avec retard et la gestion financière de Karim Wade a été contestée. Il va maintenant avoir en charge un budget encore plus important avec la gestion de tous les grands travaux prévus au Sénégal, dont le futur aéroport. Un poste d’importance qui lui permet de rebondir après l’échec des élections municipales et qui confirme que son père ne désespère pas de le voir prendre sa succession. Mais le "fils prodige" va devoir faire rapidement preuve de ses compétences puisqu’il hérite du dossier brulant d’Air Sénégal International. La compagnie aérienne détenue par Air Maroc (51%) et l’Etat sénégalais (49%) a arrêté ses activités le 24 avril et doit être privatisée ou trouver un nouveau partenaire rapidement sous peine de disparaitre. afrik.com
Commentaire du jour : Au nom du père et du fils !
Annoncé
la veille du 1er mai, constitué le jour même avec certainement pour
objectif : noyer la décision des centrales syndicales de boycotter pour
la première fois la remise traditionnelle des cahiers de doléances au
président de la République, le remaniement ministériel tant attendu a
laissé sur sa faim plus d’un. Le président de la République avait
annoncé le 3 avril qu’il avait compris le message délivré lors du
scrutin des élections locales. Le peuple espérait donc un gouvernement
résolument décidé à prendre à bras le corps ses requêtes. Il a assisté
plutôt à la lecture hier, vendredi 1er mai du communiqué officiel du
nouveau Secrétaire général du gouvernement l’inspecteur d’Etat, Pape
Guèye portant liste des ministres, à la naissance d’un gouvernement de
« transition ? » en attendant le ou la Vice président, au nom d’un
agenda que l’on semble vouloir maintenir malgré la sanction des urnes
du 22 mars dernier. Au nom du père et du fils !
32 membres en comptant le Secrétaire général du gouvernement, pas
moins de dix ministres d’Etat, 18 ministres « simples », trois
ministres délégués. La nouvelle équipe de Me Souleymane Ndéné Ndiaye,
sixième Premier ministre post-alternance 2000 n’a assurément pour souci
premier : une cure d’amaigrissement. Il ne se déleste malgré la
conjoncture économique difficile que de cinq membres par rapport à son
prédécesseur, celui de Aguibou Soumaré, qui en comptait 37 membres.
Même si on a cherché à mailler l’ensemble du territoire national,
cherchant à trouver représentant pour chacune des 14 régions du pays,
on n’en constate pas moins que les « bastions » ou les terres de «
reconquête possible » du camp libéral ont été privilégiés. C’est ainsi
que des régions comme celle Diourbel, dont la capitale a basculé pour
Benno Siggil Sénégaal, la coalition prégnante de l’opposition à
l’occasion des locales du 22 mars dernier, mais qui gardent deux de ses
départements les plus importants encore fidèles à la cause « Sopi » ont
été renforcées dans le nouveau gouvernement. Il en est de même pour
Ziguinchor, Tambacounda, Kédougou, Podor, Matam, Dagana, Kaffrine,
Fatick, Thiès etc...
Pour des régions comme Saint-Louis, Dakar, Kaolack où les écarts
étaient trop importants, on semble s’être fait un deuil. Toujours
est-il que pour la composition de l’équipe de Souleymane Ndéné Ndiaye,
le Premier ministre « trouvé » on a « voté » en majorité pour les
politiciens. Membres de la société civile et technocrates se contentent
de la portion congrue dans le harnachement nouvellement constitué.
Les militants du Parti démocratique sénégalais (Pds) ainsi que les
membres de la Génération du concret (Gc) ou considérés comme tels
s’octroient eux, la part du lion. Les alliés, notamment l’Union pour le
renouveau démocratique (Urd) de Djibo Leyti Kâ et le Parti de la
réforme (Pr) de Abdourahim Agne se satisfont chacun, d’un siège. And
Jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialisme (Aj/Pads)
semble, lui, en instance de divorce d’avec la majorité présidentielle.
Landing Savané, le ministre d’Etat a fait partie de la fournée des «
nettoyés » du Palais de la République, tandis que Mamadou Diop Decroix
qui lui dispute le leadership au sein de leur formation dit
démissionner de son poste de ministre du Commerce « pour mettre le
président à l’aise ».
32 membres au nom d’un agenda « que l’on entend dérouler coûte que
coûte ? » Les uns pour la première fois : Karim Wade, Thérèse Coumba
Diop, Moustapha Guirassy, Serigne Modou Bousso Leye, Ibrahima Cissé,
Faustin Diatta, Amadou Tidiane Bâ, Sada Ndiaye Khadim Gueye, Pape
Ousmane Gueye, le Secrétaire général du gouvernement. A côté de ces «
bleus » dont la plupart se réclament du mouvement du fils, la «
Génération du concret », ou en sont proches, les autres : des habitués
de la vaste salle des banquets du palais de la République où trône le
Conseil des ministres hebdomadairement ou très souvent à l’improviste
au gré des présences présidentielles sur le territoire national.
Certains d’entre eux, font dans la continuité, ou reviennent aux
affaires après un passage, deux ou plusieurs dans les multiples
gouvernements de Wade depuis 2000. Il s’agit de Ndeye Khady Diop, Fatou
Gaye Sarr, Aïda Mbodj, Thierno Lô, Khoureyssy Thiam.
Cheikh Tidiane Gadio et Abdoulaye Diop, les deux vétérans de l’ère
Wade quant à eux, battent tous les records de longévité. Ils sont en
poste depuis 2000. On semble cependant avoir « rogné » sans grande
retenue dans leurs préalables attributions. Abdoulaye Diop « rétrogradé
» de la troisième position « protocolaire » à la cinquième se voit
alléger malgré les « prouesses » de nous rabibocher avec les
institutions financières de la planète et les bailleurs de fonds de
l’Economie. Il n’est désormais que le ministre des Finances, même s’il
reste ministre d’Etat et dispose encore d’un ministre délégué Chargé du
budget à mois que cela soit un simple lapsus que l’on va vite corriger.
Pour l’heure il fait un vain et inutile doublon avec son ami Abdoulaye
Sow à la lecture du communiqué officiel.
Tandis que Cheikh Tidiane Gadio devra désormais cohabiter lui dans
les avions avec son « collègue » ministre d’Etat chargé entre autres de
la Coopération internationale, Karim Wade.
Un gouvernement dans le gouvernement
En disposant d’un « super voir hyper-ministère », le plus grand
jamais constitué au Sénégal depuis l’indépendance, Karim Wade pour un
coup d’essai veut d’un coup de maître. Le réussira-t-il ? Rien de moins
sur. Pour l’heure il dispose en fait et dans les faits d’un véritable
gouvernement dans le gouvernement ? Ravalant Abdoulaye Diop,
l’argentier au simple rang de comptable public et Cheikh Tidiane Gadio
dans les fonctions de porteurs de messages, il ratisse large et
s’occupe de l’essentiel de la vie politique, foncière, économique et
diplomatique du pays en s’employant aussi bien dans l’aménagement du
territoire national que dans la coopération internationale, des
transports aériens et des infrastructures. Excusez du peu !
Cherchait-on à lui fournir moyens de sa politique pour 2012, lui qui
ne cache plus ses ambitions de succéder à son père que l’on ne s’y
prendrait pas autrement. Il peut également compter dans ce gouvernement
sur ses « affidés » affichés et sur d’autres qui, vite, vont entrer
dans les rangs dans un gouvernement dont l’incongruité par endroits de
l’architecture se le dispute par moments à l’anachronisme
d’appellations comme ministère de la transformation alimentaire des
produits agricoles, ministère délégué chargé auprès du ministre de
l’agriculture, chargé des organisations paysannes et de la
syndicalisation des agriculteurs etc.
Il est vrai qu’aux termes des dispositions de la Constitution du 22
janvier 2001, le président de la République nomme à tous les emplois
civils et militaires, toutes les fonctions ministérielles. Il peut par
conséquent, désigner qui il veut au rang et grade qu’il veut
certainement dans le gouvernement. Mais une tradition républicaine bien
établie voulait que jusqu’ici que des critères de sélections
précédaient aux choix des ministres et notamment des ministres d’Etat.
On peut, font remarquer plusieurs spécialistes, en retenir les deux les
plus prégnants à savoir : le critère de compétence distinctive et celui
de l’aura politique. L’un ou l’autre des critères pouvant être
simplement suffisant pour le choix.
Karim Wade semble à leurs yeux ne répondre à aucun de ces deux
critères qui fondent le choix de la qualité de ministre d’Etat au
moins. Selon eux, aucun audit de l’Anoci qu’il pilote n’est venu
confirmer ou infirmer sa compétence technique, sa probité
intellectuelle et morale, sa droiture devant les deniers publics au
point de disposer de ce hyper ministère sans bourse délier. Un audit
n’est même pas jusqu’ici commandité. Au plan politique, les mêmes
observateurs s’étonnent de voir que celui qui été battu aussi bien dans
son bureau de vote, dans son centre de vote, dans sa localité ne soit
pas sanctionné comme son « frère » de parti Ousmane Masseck Ndiaye de
Saint-Louis par exemple.
Alors a-t-on simplement fait du « shoping » ou « tong-tong » pour le
fils ? A-t-on choisi les parties les plus tendres de la « bête »
abattue pour lui ? Par ailleurs, un constat qui ne manque pas d’étonner
plus d’un est aussi le fait que tous ceux qui s’en sont ouvertement
d’une manière ou d’une autre pris au fils ont été promus. Que ce soit
Mamadou Seck qui l’invita à s’expliquer à l’Assemblée nationale que
Souleymane Ndéné Ndiaye qui a affirmé qu’il ne s’alignerait jamais
derrière lui, tous ont pris du grade. L’un et l’autre occupent la
troisième et quatrième place de la hiérarchie. Ont-ils parlé pour
brouiller les pistes ?
L’embrouille paraît cousue de fil blanc.
Sud quotidien - Madior Fall
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