|
Le cumul des mandats est une pratique politique par laquelle une personnalité politique exerce plusieurs mandats importants de façon concomitante, alors même que l’un ou plusieurs d’entre eux sont réputés demander un travail important.
Le cumul empêche
de s’investir calmement dans une tâche, de prendre les repères, les
habitudes et les marques de l’élu locale et du manager, ou, du
débatteur et du législateur. Le temps acceptait que le patron surveille
de loin, se contentant de choisir ses collaborateurs, et arrêtant
seulement les grandes options, un ou deux jours par semaine. Mais les
temps ont changé et la société en perpétuel mouvement exige d’avantage
de disponibilité, d’efficacité, à tout responsable investi de la
confiance de ces concitoyens. A la veille des élections locales du 18
mai 2008, il est de notre devoir en tant que militants ou tout
simplement citoyens administrés, d’attirer l’attention de nos élus, de
nos responsables politiques, sur ce phénomène qui handicape
incontestablement le développement de nos collectivités locales.
Error Mosinline451 Mambot:No Module name pubinarticles
La
vie démocratique de notre pays souffre actuellement du manque de
confiance qu’ont les sénégalais dans la capacité des élus à régler
leurs problèmes et à peser sur le cours des évènements. La situation
est d’autant plus dramatique que parallèlement au désintérêt citoyen
(faible taux de participation lors des législatives,) les élus
continuent à faire la course aux investitures et restent
d’éternels candidats à la candidature, quelque soit le poste occupé ou
le mandat en cours. Un parlementaire a pour rôle de faire les lois et
de s’impliquer dans leur mise en œuvre, un parlementaire n’est pas élu
pour défendre des intérêts locaux mais pour défendre l’intérêt général.
Le cumul des mandats non seulement empêche des couches sociales d'être
présentes sur la scène politique, mais il participe aussi au chômage
d’un certain nombre de cadres techniques ou politiques. Un sénateur
maire ou président de conseil, un député maire ou président de conseil,
un directeur de société maire ou président de conseil, un ministre
maire, il va s’en dire que de tels cumuls privent l’Etat de cardes
éminemment compétents.
Comme
la France en Europe, le Sénégal est un des pays africains où les
responsables politiques occupent plusieurs fonctions électives
majeures. Le Monde du 12 septembre 2007 soulignait que la France sous la Vème république
avec 85% de taux de cumul de mandats, était de loin en tête devant,
l’Italie 16%, l’Espagne 15%, Grande Bretagne 13% et l’Allemagne 10%. Il
est temps de penser à la rénovation de la vie politique dans notre pays
en mettant à plat le statut de l’élu, et à travers celui-ci du cumul
des mandats. Ce serait là un moyen considérable pour les partis
politiques, de réduction des contestations lors des investitures pour
les élections parlementaires ou locales. L’importance de cette
rénovation, réside, pour une grande part, dans le renouvellement et
l’accroissement du personnel politique efficace qu’elle provoquerait.
Les
partisans du cumul s’appuient sur l’idée « qu’un député s’il n’était
pas maire, conseiller municipal ou régional » ne pourrait être capable
de saisir les attentes des citoyens. Mais cet argument est il valable
dès lors que l’on considère que le député doit se consacrer à plein
temps à sa tache et donc à ses électeurs ? L’idée que l’exercice du
mandat de député ne tient pas compte des préoccupations locales,
n’est-elle justement pas créée par le cumul même des mandats ? Parce
que tout simplement l’élu, avec deux ou trois mandats en poche reste
dispersé au point de manquer d’efficacité dans un seul de ses mandats.
Si chaque élu ne se consacrait qu’à un seul mandat national ou local, la république pourrait enfin s’ouvrir aux femmes, aux
jeunes et se renouveler en même temps. Les villes et les régions
seraient moins livrées à elles-mêmes, le Parlement moins vide, les
ministres et directeurs plus présents dans leur administration. Dans
une démocratie, le cumul des mandats est une injustice, puisque cause
d’impuissance pour le citoyen, de gaspillage dans les finances
publiques, de clientélisme voir de corruption. Accepter le cumul des
mandats sous toutes ses formes, revient à dire que les personnes
compétentes et dévouées sont rares et que certaines personnes sont
irremplaçables. La décentralisation ne sera effective et efficace que
si les collectivités locales deviennent le lieu d’un partage équilibré
des responsabilités.
Alioune Ndao Fall - Cis de France
Secrétaire à la Communication Pds de France.
Articles similaires :
|
EXPRESS NEWS C'EST LE SITE FINANCE PAR FARBA SE...
guite is the number one - vous chantez bien et ...
félicitations - Le Président Karim Wade est irr...
appel aux militants PDS - Quittez le navire pen...
Kenya : le village des Obama sous protection - ...