La Goana: pour s'affranchir de la pluie et des marchès extérieurs
Lu 98 fois « Avoir la licence et travailler la terre », oui monsieur le président vous l’aviez bien dit avant l’alternance du 19 mars 2000. A croire que même certains responsables de notre parti sont amnésiques. Il y a bientôt 20 ans vous disiez avec convictions « Concernant l’industrie, je suis très mesuré. Parce qu’il y a des industries qui ont été créées il y a 20-25 ans, et elles ne sont toujours pas concurrentielles ! Ça ne peut pas durer indéfiniment ! Quel est l’avantage du pays ? Pourtant, il faut industrialiser. Mais il faut monter de petites industries, des industries de transformation à partir de l’agriculture.
Quand je parle de l’agriculture, cela veut dire
que le Sénégalais, la famille sénégalaise moyenne, doit cultiver ce
qu’elle mange….Pour amener les gens à se prendre eux-mêmes en charge.
C’est cette reconversion des mentalités qu’il faut apprendre. Un
développement agricole ainsi conçu permet d’utiliser cette jeunesse qui
ne fait rien. On est arrivé à faire croire aux gens que quand on a le
certificat d’études, le bac ou la licence, on ne doit pas travailler la
terre ! Ce n’est pas le paysan avec sa daba ou son araire, qui va
porter le Sénégal au niveau de pays développé ! Au paysan, il faut
substituer l’agriculteur : quelqu’un qui est capable de lire, de
comprendre les engrais, de comprendre l’assolement, comment on nourrit
une terre, comment on utilise tel ou tel engrais. C’est indispensable.
Qu’il le lise en français ou dans les langues nationales, c’est la même
chose, mais il faut qu’il y arrive »1. La Goana, ce n’est pas un
discours, ni une « mesurette » monsieur Wilane, encore moins un mirage.
C’est là une conviction d’un homme visionnaire, une idée bien
réfléchie, dont les sénégalais, aujourd’hui, sont en mesure de
s’approprier pour s’affranchir de la pluie et des marchés extérieurs.
L’industrialisation d’un pays suppose la disponibilité de capitaux
suffisant pour les investissements. Un pays comme le Sénégal où la
main-d’oeuvre est abondante, il est plus intéressant d’implanter des
industries qui exigent plus de travail que de capital. Le développement
du secteur agricole reste incontournable pour ne pas dire
indispensable dans le développement économique du Sénégal. Si l’on
considère une division de notre économie en trois secteurs : agricole,
industrie et service, et quand on sait que l’agriculture répond à trois
finalités – la sécurité alimentaire, le développement économique, la
création d’emplois et des revenus réguliers – alors on saisit mieux la
pertinence de cette grande offensive du président Abdoulaye Wade.
Aussi, l’effroyable langue de bois de l’opposition ne saurait détourner
les sénégalais d’une si grande et réelle opportunité pour faire de
leur pays, un Sénégal émergent.
Si
l’opposition ne croit pas à la Grande Offensive Agricole pour la
Nourriture et l’Abondance, alors quelles étaient leurs motivations
quant à la création de l’OMVS ? De la construction de ces grands
ouvrages : barrage de Diama et Manantali ? Faut –il rappeler le
fameux slogan du pouvoir socialiste en 1984 la Npa (la Nouvelle
politique agricole) qui avait pour objectif initial de produire 75% de
la consommation céréalière nationale à l’horizon 2000. Ce projet
reposait sur un plan d’irrigation des rizières de la Vallée et la
culture du sorgho et maïs en bassin arachidier. Il avait pour but de
doter le pays de capacités en mesure de satisfaire ses besoins en
aliments de base par le biais de la production intérieure de denrées en toute saison.
En
1997, dans le cadre de la décentralisation, le président Abdou Diouf
déclarait devant le Conseil économique et social que 1997 était l’année
de l’agriculture. Cette même année le monde rural a vécu un hivernage
déficitaire en pluie. Les autorités étaient dans tous leurs états au point où le président Diouf
a été obligé de recevoir à la présidence son Premier ministre Habib
Thiam et son ministre de l’Agriculture Robert Sagna, pour faire le
point et arrêter une stratégie visant à pallier les urgences d’un
hivernage calamiteux. Ils étaient prêts à tendre la main comme
d’habitude à des donateurs (la Fao, la France et le Etats-Unis).
Parce qu’ils ont échoué lamentablement, nul autre ne doit ou ne peut réussir. Le président Abdoulaye
Wade a démontré dans bien des domaines l’étroitesse de leur vision, les
limites de leurs compétences et leur manque de volonté politique. Les
éléphants blancs avec leurs éclatantes défenses sont sortis de terre
partout dans le Sénégal. Le peuple peut en témoigner « wédi guiss
bokouci ». La Goana ne vise pas à pallier un hivernage calamiteux, au contraire avec : la possibilité d’ensemencer des nuages, l’irrigation permanente sur la vallée du fleuve, du bassin de l’anabé, de
la Casamance, la mise en place de forages au centre du pays avec une
main d’œuvre abondante et une volonté politique réelle, ce projet se
veut comme la solution définitive à notre indépendance alimentaire en révolutionnant l’agriculture sénégalaise. Monsieur
le président, avec les hommes qu’il faut à la place qu’il faut et les
moyens qu’il faut, l’histoire retiendra de vous, l’homme de la
révolution verte du Sénégal étape incontournable pour le développement
économique de notre pays.
Alioune Ndao Fall Cis de France
et Chargé de la Communication Pds de France
1- Visages publics du Sénégal par (F.Ndiaye, M. Prinz, A. Tine)
Cet article a été publé le 27-04-2008 02:49. Vous pouvez suivre les réponses reçues par cet article grâce au fil RSS 2.0. Cet article a été favorisé 2 fois. Vous pouvez laisser un commentaire.