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L’opposition boycotteuse regroupée au sein du Front «Siggil Sénégal» doit
remercier le ciel d’avoir mis de l’eau dans son moulin.
Autrement dit, le discours prononcé, hier, par le chef de l’Etat, Me Abdoulaye
Wade, sonne comme une reconnaissance, même implicite, de l’idée d’Assises
nationales défendue avec une rare détermination, par Tanor, Niasse,
Bathily,Dansokho et autres.
Le chef de l’Etat, Me
Abdoulaye Wade, faisait, hier, face à ses compatriotes, pour annoncer un Projet de loi de «mesures d’urgence», à faire
voter par le Parlement. C’était lors d’une allocution radiotélévisée sur
la Rts. Événement fort solennel, s’il en est, dans la vie de la nation, cet
exercice a permis au premier des Sénégalais de se prononcer sur un sujet dont la
gravité avait fini d’installer un malaise certain dans tout le pays. Vous avez
certainement deviné la cherté du coût de la vie. Attendu pour annoncer des
mesures révolutionnaires - comme la réduction sensible du nombre des ministres,
des coupes drastiques sur le train de vie dispendieux de l’Etat, le renoncement
aux 4x4 des députés, la prolifération d’institutions inutiles et coûteuses …
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Me Wade a surpris son monde en énonçant des «coupes» sur les salaires. Et
«trinqueront» lui-même, le président de l’Assemblée nationale, celui du Sénat,
le Premier ministre et son équipe, les
directeurs généraux, ainsi que les fonctionnaires.
Sans toutefois préciser s’il s’agit bien des agents
de la Fonction publique. Une
mesure qui a eu, à y voir de plus près, l’effet d’une douche froide chez nos
concitoyens, qui s’attendaient à de véritables ruptures. Il n’en sera rien. Tout
au plus, Me Wade a-t-il cru devoir
décliner une batterie de mesures pour
diminuer, à tout le moins juguler, les prix des produits de première nécessité (sucre, lait, riz, gaz
butane … ) qui ont flambé ces derniers temps. Revenant sur ce qu’il est convenu
d’appeler, désormais, sous le vocable de «facture pétrolière», le chef de l’État
a parlé du prix de l’électricité, qui a connu, depuis le 1er novembre, une
hausse de 6%. Une hausse «de plus», qu’il explique par un contexte de crise de
l’énergie, notamment marqué par les délestages intempestifs.
Comme mû par un
sentiment de «justice sociale», le président de la République a proposé, à
l’opposé de la pratique actuellement en vigueur, de taxer les Sénégalais au
prorata de leur consommation en énergie. Toujours à ce sujet, Me Abdoulaye Wade
a émis l’idée du remplacement à grande échelle des ampoules de grand voltage,
par d’autres qui consomment moins. Mais, là où le bât blesse, c’est que le chef
de l’Etat n’a pas pipé mot sur le sort qui sera réservé à ce qui peut être
assimilé à une sorte d’effort de guerre, aux travailleurs du secteur privé. Il
ne faut pas, à ce propos, être un devin pour savoir que les syndicalistes
affûtent déjà leurs armes, pour faire face à toute initiative allant dans le
sens de leur «ôter ce qui reste de pain de la bouche». Aussi, réagissant sur les
ondes de la Rfm, le Secrétaire général de l’Uden, Mamadou Diop «Castro», ne
demande-t-il rien d’autre au chef de l’Etat, si ce n’est de «dégraisser le
gouvernement pléthorique de 40 portefeuilles».
Très en verve, sa conviction est
faite qu’inviter les travailleurs à serrer la ceinture est une «insulte aux
Sénégalais». Ne lui dites surtout pas que ces mesures, «dues à la conjoncture
internationale», seront provisoires. Ou encore que le chef de l’État prévoit
d’accompagner les ponctions sur les salaires d’initiatives visant à atténuer
leurs effets pervers. En somme, force est de reconnaître que Me Wade est,
aujourd’hui, dans l’obligation de «parler», vu la gravité de la situation
socio-politique nationale, avec les différentes composantes de la nation. La
dénomination du cadre dans lequel se fera un tel conclave importe peu. Qui
parlait d’Assises nationales ?
Réactions :
Mamadou Diop «Castro», secrétaire général de
l’Uden
«C’est la panique du
régime. Et c’est la conséquence de la gestion gabegique, népotique et
clientéliste du gouvernement. Cela illustre les mauvais choix du gouvernement,
qui a sacrifié les populations sur l’autel des chantiers du chef de l’Etat. Nous
nous attendions à une réduction du train de vie de l’Etat. Et, à la place, on
nous annonce une diminution des salaires. Non seulement la situation a été assez
difficile pour les travailleurs, mais elle le deviendra encore plus. Le
mouvement syndical était déjà mobilisé contre la vie chère, mais le gouvernement
nous a donné l’occasion de resserrer les rangs. Nous allons organiser la
riposte. Nous allons non seulement nous battre contre ces mesures, mais aussi
pour les libertés fondamentales, parce que même le droit de marche est en train
d’être bafoué. Le gouvernement doit appeler à une large concertation avec le
mouvement syndical et avec l’opposition. Il doit rompre le silence et créer les
conditions d’un dialogue fructueux, visant l’adoption de politiques sociales
favorables aux travailleurs et aux populations. Car notre pays est en train de
sombrer dans la barbarie et la misère. En atteste la situation du monde
rural».
(l'obs)
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