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Nombreux sont les Sénégalais qui vivent en France. Ils s’activent dans plusieurs domaines : la restauration, la couture, le commerce, le négoce international, entre autres.
Mais si certains se disent bien intégré d’autres, par contre, ont du
mal à composer les deux cultures. Les raisons en sont légion. Racisme,
hypocrisie reviennent le plus souvent. Nous sommes allés à leur
rencontre dans le 18ème arrondissement de Paris. Reportage.
Le cœur de l’Afrique bat en plein centre de Paris. Nous sommes au 18ème
arrondissement de la capitale française. Ici différentes nationalités
s’y côtoient.
Asiatiques, Africains, Blancs, Noirs, Arabes y vivent en parfaite communion. En cet après-midi de Ramadan, tout le monde a l’air d’être pressé. Et ce, en dépit du beau temps maussade qui s’est emparé de Paris, la lumière depuis quelques jours.
A Barbès, un des quartiers les plus populaires de la capitale, boutiques, magasins, ateliers de coutures et autres restaurants ont pignon sur rue. Toutes ses activités sont entre les mains d’étrangers. Parmi ces derniers, se trouve une bonne partie des sénégalais.
La communauté Sénégalaise vivant en France. Le restaurant chez « Aida » est le lieu de convergence de beaucoup d’entre elle. L’endroit est réputé pour sa bonne cuisine qui fait la promotion de la gastronomie Sénégalaise de France. Sur les murs sont accrochés des tableaux qui reflètent le quotidien de la capitale Sénégalaise Dakar. Pêle-mêle, on peut y voir des cars peints en bleu et jaune. Ce sont les moyens de transports qu’utilisent les sénégalais pour se déplacer d’un endroit à un autre.
Créé depuis 1972, chez « Aida » compte une clientèle cosmopolite. « Blancs, Blacks, Beurs y viennent manger tous les jours », dixit Cheikh Tidjane Kounta. Ce comptable dudit restaurant conclut que : « C’est à l’image du quartier ».
Parlant de la France, Cheikh Tidjane dit ne pas militer dans une association Française. Pour autant, il ne s’est pas empêché de se prononcer sur la dernière élection – présidentielle et législatives- Françaises. « Si j’avais la capacité de voter, j’aurais choisi François Bayrou. Pour moi, gauche-droite, c’est kif-kif.»
A quelques jets de pierre de chez « Aida », se trouve le «Dibi». Un autre restaurant sénégalais. Ici, les discussions se font souvent en « wolof », langue la plus parlée au Sénégal.
Nous y faisons connaissance avec Habib Diop. Il vit en France depuis huit ans. Comme Cheikh Tidjane, Habib porte une grande attention sur la dernière présidentielle Française. Il dit être bien intégré dans la société Française. Entrepreneur, Habib est à la tête de deux entreprises. Une qui évolue dans le domaine du négoce international et une autre dans celui de l’installation et de la maintenance Télécoms. D’ailleurs, pour montrer son intégration, Habib s’est entouré de sept employés. Dont quatre Blancs et un Arabe. « Je recrute selon les compétences. J’ai des sociétés qui demandent beaucoup de technicités. Donc je dois employer des techniciens selon leurs compétences », laisse-t-il entendre. Marié à une Française, Habib a préféré jouer la carte du vote blanc, car n’ayant pas trouvé son candidat. « Je n’ai soutenu personne. Je n’ai pas été convaincu par leurs différentes propositions», soutient-t-il.
N’dèye Sokhna, elle, est franco-Sénégalaise. Elle réside en France depuis vingt cinq ans. Pour autant, elle porte un regard assez sévère sur la société française. « Je suis une vraie Africaine même si j’ai grandi en France. Je suis très conservatrice. Les Blancs sont des hypocrites, des racistes. »
Et de poursuivre : « Si nous restons ici. C’est parce qu’on y trouve notre intérêt.» N’dèye Sokhna n’a pas de temps à perdre. Elle devise par là, écrit par ici. Elle prend des mesures pour satisfaire l’exigence de ses clients. Lesquels prennent en assaut sa boutique de mercerie située à la rue Doudeauville.
Dentelles, fils à coudre, doublures, fermetures, boutons, galons, collants, décorations pour tissus…
Restent bien rangés sur les étagères. Tous ces produits proviennent d’Asie et de Dubai. Sa clientèle est essentiellement composée d’Africains. Sur les murs de sa boutique trônent des photos de Cheikh Ahmadou Bamba, guide spirituel de la confrérie « mouride ». D’ailleurs, Khady lui a donné le nom de sa boutique «Khadim Rassoul». Et pour fuir la nostalgie du pays, Khady écoute à longueur de Journée la musique Sénégalaise. Histoire de ne pas perdre ses racines, ses origines. En un mot, son cœur bat au rythme de son pays de naissance.
Ismaïla Camara
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