| Signature d’un avenant entre le Sénégal et la France : 108 métiers hors d’état de rapatriement |
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| 26-02-2008 | |||||||||||||||||||||||||||
Pour ne pas être rapatriés de France, les Sénégalais devront exercer parmi les 108 métiers retenus dans l’accord-avenant signé, hier, par les deux pays. Le ministre français de l’Immigration, Brice Hortefeux, a, à l’occasion, rassuré que les Sénégalais ne sont pas concernés par les tests Adn. L’application de cet accord se fera à travers un observatoire général des migrations.
«{xtypo_dropcap}I{/xtypo_dropcap}l faut vraiment être paresseux pour ne pas se retrouver dans les 108 métiers sous réserve de rapatriement.» C’est l’appréciation du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Ousmane Ngom, de «l’offre» aux ressortissants sénégalais résidant en France. Ces derniers sont suspendus aux 108 métiers considérés par la France comme la base de leur régularisation et de leur non-rapatriement. Il s’agit de ces catégories : hommes d’affaires, universitaires, artistes, sportifs, qui auront droit à des visas de longue durée allant d’un à cinq ans. Les étudiants, eux, se contenteront de visas de long séjour valant carte de séjour, tandis que les malades pour soins médicaux seront acceptés sur la base d’un dossier médical pour bénéficier de visas de circulation santé. ![]() Cet avenant, donc, vient «compléter et élargir» la liste des bénéficiaires de visas déjà stipulée dans l’accord du 23 septembre 2006 et co-signé par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Pour le ministre français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-Développement, Brice Hortefeux, cet avenant, qui vient concrétiser l’accord de 2006 entre les deux pays, est «honnête, transparent». Quoi qu’il en soit, l’avenant fixe un nombre de cartes de séjour que la France s’engage à accorder en 2008 à des Sénégalais au titre de l’immigration de travail : 200 cartes «compétences et talents», 180 cartes «salarié en mission» et 1 000 cartes «salariés». Pour ces derniers, le ministre dresse une liste de 60 métiers pour lesquels la priorité est d’habitude accordée aux Français. En outre, l’avenant de Dakar prévoit pour les Sénégalais trente autres métiers, dans l’hôtellerie-restauration, l’agriculture et les services, secteurs exigeant des qualifications moins élevées, et qui ne figurent pas sur la liste initiale (cuisinier, serveur, ouvrier des travaux publics, agent d’entretien). EXCEPTION AU TEST D’ADN POUR LES SENEGALAIS Les Tests Adn, initiative votée par l’Assemblée nationale française, ne s’appliqueront pas aux ressortissants sénégalais. C’est un des axes principaux de l’accord-avenant sur la gestion concertée des flux migratoires. Ce choix de la France se justifie, selon M. Hortefeux, par la «fiabilité» de l’état- civil sénégalais. «Il y a eu des innovations, des efforts importants de l’état- civil. Le Sénégal est, aujourd’hui, dans la voie de la modernisation et de la sécurisation de son état-civil», poursuit-il. Comme pour ne pas dédouaner sa politique de tests Adn tant décriée par les pays africains, notamment, M. Hortefeux, rappelle que ce sont ces mêmes tests qui sont pratiqués dans 12 pays de l’Europe. Mais, le souci, ajoute-t-il, c’est de protéger les citoyens de bonne foi. Ces tests relèvent du volontariat avant que le juge n’y procède. OBSERVATOIRE DES MIGRATIONS Les Sénégalais de France peuvent-ils avoir le cœur net quant à leur éventuel rapatriement pour immigration illégale ? En tous cas, il faudra implorer le ciel pour faire partie des 108 catégories de métiers retenus par la France. Pour le secrétaire général du ministre de l’Immigration français, Patrick Stefanni, les objectifs visés à travers cet avenant s’inscrivent dans l’organisation migratoire entre le Sénégal et la France dans une approche «résolument concertée pour servir l’intérêt des deux pays». N’empêche, des rapatriements ne sont pas exclus et s’il doit en avoir, «l’organisation du retour, dans chacun des deux pays, des personnes en situation irrégulière doit se faire dans les mêmes conditions de dialogue». En tout état de cause, «il n’y aura pas de retour forcé, mais volontaire», précisent les autorités françaises. Cela dans le cadre de la continuité de la coopération entre les deux pays dans le développement agricole, sanitaire et financière, c’est-à-dire, ce que Me Wade appelle, reprend M. Stefanni, la «solidarité pour le développement». La sensibilité de l’immigration fait que le Sénégal et la France entendent mettre en œuvre un Observatoire général des migrations. «Cet organisme, explique le ministre Ousmane Ngom, «regroupera des privés dans un cadre paritaire». L’observatoire aura entre autres missions, lit-on dans le communiqué conjoint, de constituer un cadre d’échange, de dialogue et de concertation sur des sujets d’intérêt commun qui touchent à la gestion concertée de flux migratoires. Ce qui fait dire à Me Ngom que c’est là une «rupture avec cette vision unilatérale et unidimensionnelle» dans la gestion des flux migratoires entre le Nord et le Sud. Hamath KANE (Le quotidien)
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