| Sénégal : Au fil du Sine-Saloum |
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| 13-02-2008 | ||||||
Singes verts, oiseaux migrateurs, génie de la pluie... Le delta du Sine-Saloum réserve mille jolies surprises aux familles en quête d'émotions fortes. Récit de voyage.
Dans le parc national du delta Saloum, classé depuis 1981 réserve de biosphère par l'Unesco, tout invite à jouer les botanistes. Ici, un champ d'hibiscus, près du village de Bétanti. Dakar, ville métisse qui ouvre les portes du voyage. Le nôtre nous mènera, cinq jours durant, dans la somptueuse région du Sine-Saloum, au nord de la Gambie. C'est un dédale d'îles et de bras de mer. Une aire sous influence, où génies et pangol (âmes des ancêtres) chuchotent d'étranges messages. Pour gagner le delta, il faut commencer par suivre la route jusqu'à Toubakouta. A bord des deux minibus, petits et grands achèvent de faire connaissance. Une complicité se crée au fil des nids de poule, le spectacle des hommes accrochés aux échelles des Ndiaga Ndiaye - les bus locaux - ravit les enfants. Quelle agilité! Quelle indolence dans l'effort! On détaille les boubous, les coiffures des fillettes aux cheveux si joliment nattés. La ville de Kaolack est notre dernière halte citadine avant de nous immerger dans la brousse et la mangrove. Les baobabs nous serviront ensuite de boussole. Nous allons camper sous la tente, chaque soir dans un lieu différent. Le jour, nous serons en pirogue pour naviguer d'une île à l'autre, au rythme des marées et du soleil. Baignades, séances de pêche, haltes chaleureuses dans les villages feront partie du programme quotidien. Avec, en plus, quelques heures de randonnée à pied sec, dans la brousse.
Chaque étape du voyage est une vraie leçon de chose pour les enfants. Ils découvrent la pêche au filet et le ramassage des huîtres sauvages. Le vrai bout du monde nous attend le lendemain. Le minibus laisse place à la pirogue. Une pirogue dont les couleurs, jaune, rouge, bleu, claquent comme une oriflamme. Fatou, la cuisinière, joue les figures de proue. Sans souci des embruns, elle pile le mil, épluche les aubergines amères à l'aide d'outils rudimentaires. Petits et grands admirent sa dextérité tout autant que son chignon tressé, sur lequel des dessins ocre tracent des manières de hiéroglyphes.
D'île en île, de pique-nique en bivouac, le groupe établit sa cartographie du proche et du lointain. Proche: les écoliers modèles, répondant en français aux questions du maître. Lointain: le mode de vie autarcique des îliens et les croyances des Sérères, qui vénèrent Roog Sène, le dieu universel, et Kauk, le génie de la pluie. Notre voyage se fait un peu plus aventureux. Il y a les épineux, qui égratignent les jambes, les plages où l'on accoste, avec de l'eau jusqu'aux cuisses, et ce poto-poto (la vase) dans lequel il nous faut progresser, au milieu de la mangrove. Ah! ce poto-poto, comme il invite aux fous rires! Appareils photo et jumelles au cou, les enfants se transforment définitivement en Robinson. De temps à autre passe une pirogue, avec des hommes chaussés de grandes bottes. Ils viennent ramasser les huîtres sauvages, accrochées aux racines des palétuviers, ou pêcher la carangue avec leurs filets. Silence. Les plus bavards se font soudain «taiseux». Un pélican prend son envol; des aigrettes pavoisent; perchée sur une branche, une sterne caspienne joue les belles endormies. Il est puissant, le charme de ces étendues salées, pleinement nature. Le voyage s'est à peine achevé que, de retour en France, on s'en reparle, par e-mails interposés. Mal de terre, envie d'Afrique, déjà. Thérèse Rocher - LEXPRESS.fr
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