SARKOZY ET L’AFRIQUE : LE WHO’S WHO DES RÉSEAUX DE LA FRANC’AFRIQUE Votre email
21-02-2008
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SARKOZY ET L’AFRIQUE : LE WHO’S WHO DES RÉSEAUX DE LA FRANC’AFRIQUE
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ImageSARKOZY ET L’AFRIQUE : LES RÉSEAUX DE LA FRANC’AFRIK AUTOUR DU PRÉSIDENT  - Le président français s’appuie sur une équipe aux personnalités très diverses pour gérer la “politique africaine de la France” :

{xtypo_dropcap}L{/xtypo_dropcap}e “sorcier” Claude Guéant pour les chefs d’Etat, le “French Doctor” Bernard Kouchner pour l’humanitaire, le “Père Fouettard” Brice Hortefeux pour l’immigration, la “Passionaria” Rama Yade pour les droits de l’homme, le “Mec de gauche” Jean-Marie Bockel pour la coopération. Voici un bref panorama des divers membres de la “cellule africaine” de Sarkozy.

{joso}LES GRAND SORCIERS BLANCS EN CHARGE DE L’AFRIQUE

Si le président Nicolas Sarkozy n’a pas la fibre africaine, mille petites portes secrètes permettent aux dirigeants africains d’accéder à l’Elysée. Pour la partie officielle, le conseiller Afrique Bruno Joubert est le numéro deux de la cellule diplomatique dirigée par Jean-David Levitte. S’il n’est pas un diplomate “africaniste”, Levitte n’est pas pour autant un profane en la matière. De 1993 à 1996, il a été le patron de l’ex-Direction générale des relations culturelles, scientifi ques et techniques (DGRCST) du Quai d’Orsay, avec pour adjoint Pierre Brochand, l’actuel directeur général de la DGSE (services secrets).Animal politique à sang froid, Levitte ne délègue aucun dossier, même “africain”. Ancien directeur de la stratégie de la DGSE, Bruno Joubert a été le directeur Afrique du Quai d’Orsay et travaillait à l’époque en osmose avec Michel de Bonnecorse, le conseiller Afrique “autonome” de Jacques Chirac. Joubert s’appuie sur deux principaux adjoints : Rémi Maréchaux et Romain Serman.Maréchaux, 40 ans, swahiliste, travaillait à l’Agence française de développement (AFD) après avoir été sous-directeur Afrique australe et océan Indien au Quai d’Orsay. Serman planchait auparavant sur les questions africaines à la mission permanente de la France auprès des Nations unies à New York, en particulier sur le dossier ivoirien.La partie la plus secrète des relations de Nicolas Sarkozy avec les présidents africains est gérée directement par le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant. Ce dernier est en contact avec les présidents et bascule les demandes soit vers le “chef”, soit vers Joubert. Guéant est également la porte d’entrée des missi dominici du village franco-africain tels que l’avocat Robert Bourgi.Plusieurs autres proches de Sarkozy servent aussi de passerelle sur des dossiers sensibles. L’ancien ministre et “frère de lumière” Olivier Stirn avait ainsi représenté le chef de l’Etat à l’intronisation d’Abdoulaye Wade à Dakar.Et Patrick Balkany est sollicité par des présidents tricards à Paris, à l’instar du Centrafricain François Bozizé, pour obtenir un rendez-vous à l’Elysée.

KOUCHNER, LE MINISTRE DU MILITARO-HUMANITAIRE

A peine installé sous les lambris dorés du Quai d’Orsay, Bernard Kouchner a été “corseté” et n’a pu placer tous ses hommes… Il voulait Maurice Ripert comme directeur de cabinet, il a eu Philippe Etienne, le patron de la Direction générale de la coopération internationale et du développement. Du coup, il a obtenu en compensation que Ripert soit nommé au super poste d’ambassadeur de France aux Nations unies.S’il n’a pas vraiment choisi ses conseillers de la cellule Afrique du Quai (Laurent Contini et Charlotte Montel), il ne manque pas pour autant d’africanistes dans son entourage. Très affûté sur le monde arabe, Serge Telle, le directeur de cabinet adjoint, était le conseiller en développement de Lionel Jospin à Matignon.Son conseiller à la communication Jacques Baudoin a longtemps travaillé avec lui au cabinet Imeda, qui proposait des études sur les systèmes de santé à des pays africains tels que le Gabon et le Congo-Brazzaville.Kouchner et Baudoin faisaient équipe avec le diplomate Eric Danon, un ancien des cabinets Dumas et Josselin que le ministre a fait nommer au poste d’ambassadeur de France à Monaco.Pour l’essentiel, Bernard Kouchner est cantonné, au moins sur l’Afrique, à son rôle de French Doctor et de “pacificateur” de conflits. Il a ainsi hérité de celui du Darfour.Les autres dossiers politiques africains sont gérés par l’Elysée et “l’intendance” (coopération, développement…) par le secrétaire d’Etat Jean- Marie Bockel, sous le contrôle et l’expertise de Jean-Michel Severino, le directeur général de l’Agence française de développement, un inspecteur des finances soutenu par le Trésor.Pour l’Afrique à Paris, le “Père fouettard” Brice Hortefeux veille avec un super ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du co-développement. {/joso}

ARMÉE : LES ANCIENS OFFICIERS DE LA COLONIALE

Longtemps sous les feux des projecteurs, le colonel Gérard Dubois est entré un peu dans l’ombre à la fin 2006 en devenant le nouveau conseiller Afrique/Moyen- Orient du chef d’état-major des armées (CEMA), le général Jean-Louis Georgelin. Auparavant, en tant que conseiller en communication du CEMA, il était l’interlocuteur incontournable des journalistes. Il s’était ainsi trouvé en première ligne durant le confl it en Côte d’Ivoire pour les briefer sur le rôle des militaires français à Abidjan et, quelques années plus tôt, lors de l’opération Artemis-Mamba en République démocratique du Congo.De son côté, le colonel Didier Castres, ancien “monsieur Afrique” de l’état-major particulier du président Jacques Chirac, a été maintenu dans ses fonctions par Nicolas Sarkozy en mai, mais devrait être bientôt l’objet d’une nouvelle affectation.Deux autres hommes s’occupent du continent noir au ministère de la défense : le jeune capitaine Jérôme Spinoza, desk officier pour les affaires africaines, et à un niveau supérieur, Frédéric Mondoloni, le conseiller diplomatique du ministre Hervé Morin. Mondoloni est issu du ministère des affaires étrangères où il a travaillé à la sous-direction Afrique avant de passer deux ans au State Department à Washington (2002-2003).Parmi les officiers supérieurs, l’un des plus “africains” est sans doute le général Bruno Clément-Bollée. Son frère, le général Bertrand Clément-Bollée, est lui aussi promis à un bel avenir africain. Après avoir été l’adjoint du patron de l’opération Licorne à Abidjan, il est pressenti pour prendre le commandement des forces de l’Union européenne au Darfour.Autre officier en pointe sur l’Afrique, le général Philippe Lefort, depuis peu commandant en chef des forces françaises à Djibouti. Le nouveau dispositif opérationnel militaire compte trois autres généraux de région sur le continent : le général Claude Réglat, qui dirige depuis août les forces françaises au Gabon ; le général Philippe Bonnet, qui en fait autant au Sénégal depuis fin 2006 ; et le patron depuis l’été des forces françaises dans le Sud-Ouest de l’océan Indien, le général Bruno de Bourdoncle de Saint-Salvy.

LES GOUROUS DE LA FINANCE

Autrefois simple instrument de la coopération française, l’Agence française de développement (AFD) est devenue la super agence dont rêvaient les “développeurs” qui en ont pris la direction. Le chef de file de cette équipe - plutôt de gauche - est Jean-Michel Severino. A la tête de l’agence depuis 2001, cet inspecteur des fi nances, qui a été directeur du développement et conseiller de plusieurs ministres de la coopération, a recruté d’année en année des chercheurs pour que l’AFD soit en mesure de proposer aux décideurs politiques une stratégie française autonome d’aide au développement. Son ambition : faire la nique à la Banque mondiale dont Severino a été le vice-président pendant plusieurs années.

DEVELOPPEMENT : LES BIEN PLACÉS ET LES NON-PARTANTS.

Dans la foulée, en s’appuyant sur le ministère des finances, l’AFD a grossi au détriment de la Direction générale de la coopération internationale et du développement (DGCID) du Quai d’Orsay. Dans le cadre de la réforme de l’Etat, un regroupement de la DGCID avec la Direction des organisations des Nations unies et celle des affaires stratégiques pourraient permettre aux “excellences” de reprendre un peu la main. Mais ce n’est pas pour demain…L’AFD s’est dotée de nouveaux statuts avec un conseil d’administration - et non plus un conseil de surveillance - présidé par l’ancien ministre de la coopération Pierre-André Wiltzer. Cet homme de consensus va servir de “casque bleu” entre les moult tutelles de l’agence.Déjà, il y a aujourd’hui deux têtes à Bercy : Christine Lagarde (économie et fi nances) et Eric Woerth (budget et fonction publique). Leurs représentants au conseil de l’AFD ne sont pas toujours en stéréo…Les parlementaires ont eux aussi leur mot à dire. Surtout quand il s’agit pour représenter l’Assemblée des anciens ministres Renaud Muselier et François Loos, et pour le Sénat d’Adrien Gouteyron et Michel Charasse, qui n’a pas sa langue dans sa poche. Au dernier conseil, ce dernier n’a d’ailleurs pas manqué de “cartonner” les ONG financées par l’AFD. Rien n’a sazé.

Enfin, le secteur privé bénéficie d’un “fauteuil” à l’AFD occupé par Anthony Bouthelier (CIAN) avec pour suppléant Thierry Courtaigne (Medef).

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