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APA - Ouagadougou (Burkina Faso) Des jeunes gens manifestants ont allumé des pneus sur les voies de circulation et se sont mis à casser les feux tricolores dans les rues de Ouagadougou, la capitale, pour protester contre la flambée des prix, a constaté APA jeudi à Ouagadougou.
Dans les quartiers du centre ville, à Dapoya, Kolog-naba (au Centre nord) et à la Patte-d’oie au Centre sud, les jeunes de ce quartier sont sortis par petits groupes pour manifester violemment. Les pneus enflammés sur le bitume gênent la circulation. Les boutiques, les kiosques et les stations services sont restés fermés alors que certains d’entre eux étaient ouverts dans la matinée. Aucune voiture de l’Etat, reconnaissable à leur fond d’immatriculation en rouge, n’est encore en circulation. Un manifestant, au devant de son groupe, a brisé tous les feux tricolores de sa zone d’action à Dapoya, tout en prenant le soin de retirer les réflecteurs.
Essoufflé par la course poursuite engagée avec les éléments de la gendarmerie, il explique que tant que le gouvernement ne baisse pas les taxes, il n’y aura pas d’entente. Vendeur ambulant, ce manifestant qui a requis l’anonymat affirme que « les aides qu’on donne au gouvernement sont reversées au budget de l’Etat et ne servent pas aux populations ». Pour lui, l’Etat a augmenté les taxes alors qu’il ne s’occupe pas des populations. « Aujourd’hui les prix ont augmenté, ce qui fait qu’on ne peut plus payer à manger et c’est pour ça qu’on fait la grève », explique un autre manifestant de 14 ans, qui portait toujours sa tenue de couleur kaki des écoles publiques. Les gendarmes rencontrés sur place lancent des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, l’air nerveux. Leur opération est d’autant plus difficile que les jeunes se replient dans les domiciles pour ressortir aussitôt.
La crainte exprimée jeudi matin par les commerçants et les responsables d’établissement s’est confirmée plus tard dans la journée. La plupart des élèves des lycées publics avaient rejoint leurs domiciles sitôt arrivés en classes. Les établissements privés sont carrément fermés. « Nous avons décidé de libérer les plus petits pour leur sécurité », a expliqué Franck Bonanet, censeur au lycée Philippe Zinda Kaboré. « Par crainte qu’ils ne soient récupérés par d’éventuels manifestants, nous leur avons demandé de rejoindre dare-dare leur maison », a-t-il ajouté. La veille, le gouvernement avait décidé de renoncer aux taxes perçues sur certains produits de grande consommation, en vue de faire baisser leur prix au consommateur.

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