La task-force regroupe différents
services de l’administration (Ministère de la famille, Commissariat à
la sécurité alimentaire, direction de la statistique), des
collectivités locales (Ancr) sous la houlette du ministère du
développement rural, de l’Agriculture et de l’Elevage (le cabinet, la
Direction de l’agriculture, la Daps, le Centre de suivi écologique…).
Elle a été mise en place le 19 décembre dernier par le Premier ministre
Cheikh Hadjibou Soumaré, au sortir du conseil interministériel sur la
sécurité alimentaire qu’il avait convoqué suite à la pluviométrie
chaotique de la campagne agricole 2007-2008. Cette dernière a entraîné
une baisse drastique de la production céréalière évaluée à 895.852
tonnes ; soit 12 % comparé à la précédente campagne agricole 2006-2007.
Toutefois, il convient de noter que cette baisse av varié selon les
zones agro-écologiques du pays et a plus affecté le mil que les autres
spéculations, dont certaines (mais, manioc…) ont eu une bonne tenue.
Analysant cet état de fait, Hamath Sall, ministre du
Développement rural, de l’Agriculture et de l’Elevage estimera que « la
première conséquence immédiate va être une soudure qui va être plus
dure et plus longue parce qu’intervenant plus tôt que d’habitude ». A
l’en croire, « toutes les dispositions sont prises et les enquêtes
approfondies ont été déjà faites dans toutes les localités, dans toutes
les communautés rurales du pays, où les productions ont été estimées et
les déficits identifiés et caractérisés ». Ce qui a permis, a –til
poursuivi, « d’aller au Conseil interministériel présidé par le Premier
ministre le 19 décembre dernier avec une cartographie extrêmement
précise de l’ensemble des zones du Sénégal ».
La réunion de la task-force présidée par Ibrahima
Diouck, son directeur de cabinet, a permis, selon des sources ayant
pris part à la rencontre, aux membres du Comité national de sécurité
alimentaire d’affiner les chiffres disponibles et de réactiver le
dispositif d’alerte précoce. Mais également, la réunion a été le lieu
pour les participants de définir les modalités de reconstitution du
stock de sécurité et de sa planification en vue de son dispatching sur
l’ensemble du territoire, avec en priorité les zones les plus fragiles.
Un comité restreint de quatre personnes a été mis sur pour peaufiner
tous ces éléments devant faire l’objet des termes de référence.
Et fort de tout cela (statistiques de la Daps, éléments
de cartographie du Cse…), un questionnaire détaillé sera élaboré pour
ensuite être soumis aux populations des trois zones (centre, nord et
sud du pays ) retenues.. S’ensuivra, après la tournée nationale prévue
entre le 10 et le 20 janvier 2007, une évaluation et une validation de
toutes les informations recueillies. Lesquelles seront par la suite
soumises au ministre de l’Agriculture et de l’élevage qui, à son tour,
se chargera de transmettre le document final au Premier ministre au
plus tard le 31 janvier 2007. En effet, Hadjibou Soumaré avait donné
des instructions fermes à la task-force en arrêtant un deadline. Et
c’est le mois de mars qui a été retenu pour que « partout où cela est
nécessaire, qu’on puisse être en mesure d’intervenir », dira Hamath
Sall. Avant de poursuivre que « nous pensons que ce qu’il fallait faire
a été fait ou est en cours de réalisation et à cette date, nous serons
en mesure de venir en aide aux ayant-droits c’est-à-dire toutes les
populations qui en auraient besoin à travers le Sénégal ».
En tout état de cause, compte tenu des aléas
climatiques récurrents (inondations, déficits pluviométriques,
sécheresse) et des stocks alimentaires très réduits au niveau du marché
mondial mais surtout des difficultés liées à l’achat de cette aide
alimentaire, les menaces sont réelles pour le pays si l’on y prend
garde. C’est pourquoi, qu’on l’appelle poches de fragilité ou famine,
il est temps que le Sénégal s’organise et repense globalement et très
sérieusement sa politique céréalière voire agricole. Pour réaliser ce
dessein, il urge d’en asseoir les choix sur des bases claires (maîtrise
de l’eau et développement de l’irrigation) et non sur des slogans
pompeux sans contenu et/ou de beaux principes, pour pouvoir
véritablement assurer l’essentiel, c’est - à - dire auto-nourrir ses
populations. C’est à partir de cet instant seulement que la
souveraineté alimentaire ne serait plus un vain mot.