| La percée d'Obama, une menace pour sa sécurité |
Dans la course à la Maison Blanche, Barack Obama a battu à plat de couture ce weekend Hillary Clinton. Le jeune sénateur de l'Illinois a remporté les cinq primaires qui se sont déroulées dans le camp démocrate samedi et dimanche.
ais alors que le jeune sénateur noir apparaît de mieux en mieux placé pour accéder à la présidence des Etats-Unis, des craintes apparaissent quant à sa sécurité, dans un pays qui demeure marqué par le racisme. Et c'est l’écrivain britannique Doris Lessing qui a dit tout haut ce weekend ce que beaucoup d’Américains redoutent tout bas.
Craintes
Accordant un entretien au quotidien suédois Dagens Nyheter, la Prix Nobel de Littérature 2007 a en effet exprimé ses craintes de voir Barack Obama assassiné, s’il accédait a la présidence des Etats-Unis. “Il ne durerait probablement pas longtemps, lui un homme noir occupant le poste de président, ils le tueraient”, a ainsi redouté Doris Lessing.
Depuis le 3 mai dernier, Barack Obama reçoit la protection de gardes du corps du service fédéral de protection rapprochée pour les personnalités politiques, le Secret Service.
C’est la première fois dans l’histoire des Etats-Unis qu’un candidat à la Maison Blanche est protégé plus de 8 mois avant le début des scrutins primaires et plus de 16 mois avant le scrutin présidentiel lui-même.
Sécurité renforcée
Traditionnellement, les candidats n’obtiennent la protection officielle des gardes du corps du gouvernement fédéral qu’après avoir reçu l’investiture de leur parti en vue de la présidentielle. La décision de flanquer Barack Obama de gardes du corps 24h sur 24 et 7 jours sur 7 a été prise en mai par le ministre américain de la sécurité intérieure, Michael Chertoff, en consultation avec le Congrès.
L’entourage de Barack Obama indiqué que le jeune sénateur, né d’une mère blanche du Kansas et d’un père noir du Kenya, a reçu des menaces de mort. Mais Barack Obama a minimisé les risques que lui et sa famille encourent. “Je suis confronté aux mêmes problèmes de sécurité que n’importe qui, et je suis à l’aise avec les mesures qui ont été prises”, déclarait-il ainsi à la chaine américaine de télévision NBC l’an dernier.
La femme de lettres progressiste qu’est Doris Lessing ne précise pas qui pourrait avoir envie d’assassiner Barack Obama.
Racisme
Mais ici aux Etats-Unis, beaucoup de Noirs et beaucoup de Blancs redoutent que l’histoire des Etats-Unis ne se répète et que des individus racistes ne soient tentés de recourir à la violence afin d’empêcher un homme de couleur de diriger le pays.
La semaine dernière, une électrice noire du Texas a ainsi appelé la chaine de télévision C-Span, afin d’implorer Barack Obama de ne pas faire campagne dans cet Etat où une primaire va se dérouler le 4 mars. “Je ne veux pas qu’il vienne au Texas, c’est l’Etat le plus raciste du pays et j’ai peur pour lui”, indiquait cette sympathisante de Barack Obama.
L’histoire des Etats-Unis est riche en assassinats politiques à des moments ou les droits des Noirs enregistrent des progrès importants.
Assassinats
Le président Abraham Lincoln fut ainsi assassiné en 1865, après avoir aboli l’esclavage. Les années 1960 furent, elles, émaillées d’une terrible série d’assassinats qui frappèrent des hommes engagés dans l’élimination de la ségrégation raciale: le président John Kennedy, son frère Robert, et bien sur, Martin Luther King.
Plus récemment, le pasteur noir Jesse Jackson dut, comme Barack Obama, recevoir la protection des services officiels, après avoir été l’objet de menace de mort durant ses campagnes présidentielles de 1984 et 1988.
Isabelle Grimaldi BBC Afrique, Washington





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