EMEUTES DE LA FAIM. Le Sénégal et l'Afrique au bord de la famine
Lu 459 fois Le brutal renchérissement du prix des aliments, notamment du riz, a provoqué une flambée de colère en Afrique, mais aussi en Asie et dans les Caraïbes. Nos envoyés spéciaux à Dakar décrivent la souffrance des Sénégalais.
De Douala (Cameroun) à Abidjan (Côte d'Ivoire), du Caire (Egypte) à Dakar (Sénégal), en passant par Ouagadougou (Burkina Faso), les manifestations contre la faim secouent les capitales africaines. De semblables émeutes éclatent en Thaïlande ou au Bangladesh. A Haïti, où le prix du sac de riz avait doublé en moins d'une semaine, le chef du gouvernement a été renversé après une soudaine éruption de violence et des morts par balle. Et ce ne serait qu'un début.
En moins d'un an, le coût des produits alimentaires a augmenté de plus de 50 %, pour des raisons aussi diverses que la mode des biocarburants, la spéculation, l'impact de la mondialisation, le changement climatique ou l'évolution des modes de vie. Les économies les plus fragiles sont menacées, la stabilité, déjà précaire, de nombre de pays que l'on dit en voie de développement est au bord de l'effondrement.
La FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) a la première poussé un cri d'alarme. La situation est si grave, prévient-elle, qu'elle pourrait aboutir à des guerres encore plus meurtrières que celles qu'avaient connues les continents africain et asiatique. Avant la récente flambée des prix (plus de 50 % pour le riz en deux mois, plus de 80 % pour les céréales en quatre mois), « un enfant de moins de 10 ans mourait toutes les cinq secondes, 854 millions de personnes étaient gravement sous-alimentées », indiquait, il y a quelques jours, le sociologue suisse Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l'alimentation, qui craint « une hécatombe ».
La disette menace
Alors que la France vient de doubler, en passant à 60 M€, l'aide alimentaire aux pays pauvres, les gouvernements concernés font ce qu'ils peuvent, comme le président haïtien René Préval qui a imposé une réduction de 15 % du prix du kilo de riz. Nos reporters sont allés enquêter au Sénégal, où la disette menace et où le président Abdoulaye Wade tente d'enrayer la crise en fixant le prix maximum du kilo de riz à 280 francs CFA, soit 0,42 €.
Cet article a été publé le 20-04-2008 09:22. Vous pouvez suivre les réponses reçues par cet article grâce au fil RSS 2.0. Cet article a été favorisé 15 fois. Vous pouvez laisser un commentaire.