| Casamance : Les régions de Ziguinchor et de Cacheu s’unissent pour la paix |
"Quand la case du voisin brûle, il faut l’aider à atteindre le feu". Ce
dicton populaire trouve toute sa pertinence dans la rencontre qui se tient
depuis hier dans la capitale du sud entre les administrations des régions de
Ziguinchor et de Cacheu en Guinée-Bissau.
Pendant deux jours, ces administrations locales réfléchiront sur les voies et
moyens d’harmoniser leurs actions en direction de la paix dans la zone
frontalière.Il s’agira aussi, au cours de ce forum, d’identifier des opportunités de mise en place des projets conjoints pouvant améliorer les conditions socio-économiques des populations, mais également, de mettre en place des cadres de concertation sectoriels en vue de renforcer la coopération et le suivi des décisions. Ces préoccupations seront prises en charge dans les ateliers prévus à cet effet. La principale attente de cet atelier qui regroupe les autorités administratives locales, les membres de la sécurité, la douane, les chefs de service et des représentants d'Ong, est le renforcement des capacités des participants venus des deux pays pour le renforcement de la paix et de la sécurité au profit des populations des zones frontalières. Une initiative qui vient renforcer celle des femmes leaders parlementaires de la Cedeao qui ont réfléchi sur le même sujet le mois dernier à Joa Landing, en Guinée-Bissau.
La stabilité, la zone frontalière entre la Guinée-Bissau et le Sénégal ne l’a pas beaucoup connue. Depuis 1970 en effet, cette zone a, le plus gros du temps, été le nid de l’insécurité. C’est d’abord la guerre de libération de la Guinée-Bissau qui soumettra cette localité à de rudes épreuves avec des affrontements incessants avec leur lot de déplacés. Jusqu’en 1975, date de l’indépendance de ce pays frontalier au Sénégal, les populations de la Casamance naturelle ont vécu dans leur chair cette crise, au même titre que leurs voisins de l’autre côté de la frontière. La stabilité sur cette ligne ne durera que sept ans, puisqu’en 1982, un conflit naîtra en Casamance. Les habitants, tout au long de la ligne de ‘démarcation’, auront le sentiment de revivre la même situation cauchemardesque, le même calvaire que pendant la guerre de libération déclenchée quelques années plus tôt par le Paigc.
Détonations, coups de canon, déplacements de populations, etc. seront le lot quotidien des populations de cette localité devenue ‘impropre’ à la vie. Surtout que très souvent, les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) y sèment la terreur s’ils ne sont pas soumis au harcèlement de militaires sénégalais ou bissau-guinéens. Ce qui fait de cette frontière une zone plus qu’instable. Et c’est parce que la situation n’a pas beaucoup évolué malgré l’accalmie notée depuis un an que la nécessité d’y réfléchir s’impose.
Mamadou Papo MANE





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