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Grands travaux de Touba, privatisation de l'eau, plus grande ouverture de la ville sainte à l' état...
Depuis
la visite mémorable de feu Serigne Abdoul Ahad Mbacké à Senghor, ses
successeurs feu Serigne Abdoul Khadre Mbacké et feu Serigne Saliou n'
ont pas mis le pied au palais de la République. En rendant visite à
Wade, Serigne Bara Mbacké sonne ainsi la rupture. Lors de cette
entrevue, des questions majeures qui hantent le sommeil des mourides ne
seront pas occultées. Celles- ci ont pour nom : les grands chantiers de
Touba, la privatisation de l'eau, plus grande ouverture de la cité de
Bamba à l' État, et la lancinante controverse autour de la mosquée
Gouye- Mouride.
"Je rendrai Touba plus belle que Dakar ». Ainsi s'était exclamé Me Wade
lors du lancement le 7 décembre 2007 des grands chantiers de Touba en
présence de Serigne Saliou Mbacké. Ce dernier avait pour objectif la
réalisation d’infrastructures routières. C’est ainsi qu’après la
réfection des principales artères de Touba, le Khalife ambitionnait
d'entamer le bitumage de 200 km de route à l’intérieur de Touba. Comme
apport initial, le successeur de Serigne Abdou Khadre Mbacké avait
débloqué 10 milliards Fcfa.
Les travaux avaient quelque
peu traîné. Ce qui avait fait monter l'adrénaline du côté de la ville
sainte où la haute hérarchie incarnée par Serigne Bara commençait à
s'inquiéter de la lenteur des travaux. Force est de reconnaître que ces
grands chantiers de la cité de Bamba n' ont pas encore connu leur
vitesse de croisière. Cette lancinante question des grands chantiers de
Touba sera certainement au coeur des discussions entre le successeur de
Serigne Saliou et le président- talibé. Une question préoccupe la
communauté mouride : Avec la crise qui perdure, l' État pourra-t-il
débloquer 20 milliards par an pendant cinq ans?.
Du tête
à tête entre le guide spituel et le guide temporel jaillira peut- être
la réponse à toutes ces interrogations. On se rappelle que le
prédecesseur de Serigne Bara avait mis en place un réseau
d'électrification de la ville. De même, une canalisation a été
effectuée pour une meilleure évacuation des eaux de pluie. À ces
problèmes infrastructurels vient se grefffer la question de l'eau.
Privatisation de l'eau
Perçue
comme une "zone franche", les populations sont réfractaires à tout
paiement de l'eau. D'une population de 130.000 habitants en 1977, Touba
compte de nos jours, plus de 1 million d'âmes. Ce qui génère des
problèmes liés à son urbanisation, à son assainissement et à
l'approvisionnement en eau potable des populations. La gratuité de
l'eau a été une donnée constante.
Avec le développement
fulgurant de la localité, la distribution de l'eau ne peut plus être
assurée de manière correcte par des forages. Des centaines de millions
fcfa sont dépensés annuellement par la haute hiérarchie mouride pour la
maintenance de ces forages. Une commission a été créée du temps de
Serigne Saliou pour réfléchir sur le comment faire payer l'eau aux
résidents de la cité de Bamba. A l"époque, Serigne Saliou n'avait pas
manqué de souligner la nécessaire mutation que devait subir la ville
sainte : " Touba devra désormais être gérée autrement". Ce qui suppose
une plus grande implication des pouvoirs publics. Serigne Bara de son
côté, est en train d'opérer une révolution silencieuse.
Plus grande ouverture des portes de Touba à l’État
Ces
derniers temps, la ville était devenue un haut lieu de banditisme . Les
malfrats profitaient du statut de zone franche pour opérer leurs
forfaits. Face à cette situation regrettable, feu Serigne Saliou
autorisa à l’État d’installer trois brigades de gendarmerie et un hôtel
de police. Ces deux structures de sécurité ont réussi à faire changer à
la peur de camp au grand bonheur des résidents et des fidèles qui y
séjournent pour des pèlerinages ou des rassemblements religieux.
De
plus en plus, les populations de ladite localité s’adaptent aux forces
de sécurité. Au rythme où vont les choses, il y a fort à parier que
l’introduction des services de la douane à Touba n’est plus qu’une
question de jours. S'agissant de la question de l'eau, sa privatisation
ne peut pas se faire sans l' implication de la Sde comme c' est le cas
à Mbacké( ville voisine de 7 km). Pour une gestion rationnelle de cette
denrée, les pouvoirs publics y ont leur partition à jouer. Cette
problématique sera l' un des temps forts dans les échanges entre le
khalife et son talibé. Autre préoccupation qui sans doute sera agitée,
c'est l'affaire de la mosquée Gouye - Mouride.
La mosquée Gouye- Mouride
La
mosquée Gouye- Mouride est le lieu de prière de Me Wade lors des fêtes
de Korité et de Tabaski. Après le lancement des travaux dudit lieu de
culte, une famille chériffienne dont où le père y a été enterré, avait
élevé la voix pour réclamer cette portion de terre. Les mourides
avaient répliqué en brandissant des preuves. Depuis lors , les travaux
sont bloqués. Aucune avancée. Les talibés s'interrogent : Qu'est- ce
qui a pu refroidir l'ardeur des mourides? Certainement , le khalife
s'en ouvrira à wade. La diaspora mouride essaimée à travers le monde,
verra ses doléances portées par leur guide. Nul doute que toutes ces
questions trouveront une oreille attentive auprès de Wade.
Mademba Ramata DIA (Le matin)
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