| Risque de rejet du cacao ivoirien sur le marché international, selon un expert français |
APA - Abidjan (Côte d’Ivoire ) Le cacao ivoirien est menacé de
rejet sur le marché international dans les années à venir, a prévenu jeudi à
Abidjan le Français Emanuel Fillon, à l’occasion de la célébration des 20 ans
d’existence de de l’Union de la profession phytosanitaire, dont il est président.
« Aujourd’hui par exemple en matière de cacao, les pays acheteurs sont très exigeants sur le suivi des itinéraires techniques et ne tolèrent plus de résidus dans les produits ni des matières interactives non conformes à la culture cacaoyère. Il y a donc un risque qui va remonter d’avantage sur d’éventuel rejet des marchandises sur les prochaines années », a prévenu M. Fillon.
« Nous payons un lourd tribut à la crise. Ajoutée aux difficultés du marché international a occasionné une perte de près de la moitié de notre marché en moins de cinq ans et engrangé le non recouvrement des produits qui se comptent en milliards », a-t-il regretté.
Selon M. Fillon, la réduction des volumes d’intrants a engendré des effets pervers qui prennent des proportions préoccupantes notamment l’explosion du marché informel et de la fraude.
Cette fraude se voit avec l’importation massive des intrants à travers « les pays voisins, le Ghana, le Burkina et des ateliers clandestins qui exploitent la naïveté des planteurs en imitant les produits homologués ».
« Le verger ivoirien est vieillissant. Des études récentes menées par des structures privées et publiques indiquent d’une part que 65% des plantations cacaoyères ont plus de 15 ans et d’autre part, que le taux de régénération des plantations âgées est en dessous de 20% », a révélé de son côté Henri Kassi Amouzou, président du conseil d’administration du fonds de développement du café et du cacao (FDPCC).
A ce « sombre tableau », s’ajoute selon lui, le mauvais état des plantations et les changements climatiques qui accentuent les périodes de sécheresse et accélèrent ainsi le vieillissement du verger.
M. Amouzou a par ailleurs annoncé que pour l’année 2008, la Côte d’Ivoire va engager deux campagnes de lutte qui vont «permettre de faire reculer la sale maladie qu’est la pourriture brune ».
Depuis 2002, quelque 12,3 milliards de FCFA ont été consacrés sur quatre campagnes au programme phytosanitaire. C’est grâce en partie à ce programme phytosanitaire du FDPCC que la Côte d’Ivoire a maintenu son niveau de production pendant la crise socio-politique, a poursuivi le PCA du FDPCC.
« La Côte d’Ivoire pourra ainsi atteindre un niveau de couverture comme le Ghana voisin. En effet, le Ghana, deuxième producteur mondial loin derrière la Côte d’Ivoire consacre chaque année un budget de plus de 15 milliards de FCFA au traitement phytosanitaire contre 3 milliards pour la Côte d’Ivoire », a fait remarquer Amouzou.
Le ministre ivoirien de l’agriculture, Amadou Gon Coulibaly, a renchéri en mettant en exergue les mesures draconiennes que le gouvernement entend prendre pour mettre fin à la situation de fraude dans le secteur phytosanitaire.
Le secteur cacao qui emploie directement ou indirectement 6 millions de personnes représente 8000 milliards du PIB ivoirien et représente plus de 40% des produits d’exportation du pays.





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