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La Loi de finances rectificative (Lfr), votée avant-hier par la majorité des députés présents à cette session ordinaire unique, autorise une augmentation du budget la présidence de la République. Quelque 3,1 milliards de francs Cfa viennent se greffer aux dépenses de fonctionnement de l’Etat du Sénégal. Interpellé par le député Mbaye Ndiaye, le ministre de l’Economie et des Finances, Abdoulaye Diop a justifié devant les parlementaires l’allocation de 3,1 milliards de plus à la présidence de la République.
Inscrite dans la première Loi de finance rectificative 2009, cette
somme est destinée, principalement, au poste de vice-présidence (587
millions), à la dotation en carburant dont les coûts étaient
sous-évalués, selon l'argentier de l'Etat, et au frais de déplacement à
l'étranger du chef de l'Etat. Le ministre déclare, en effet, que cette
augmentation du budget prend en compte la rémunération des chauffeurs
qui assurent les déplacements du Chef de l’Etat à l’étranger. Les
montants devant servir à l’achèvement de la phase 1 de l’autoroute à
péage, par ailleurs, conduisent à des prélèvements d’un montant total
de 55 milliards. ‘Il y a trente ans, cela aurait coûté 20 milliards de
Cfa. A l’ouverture de l’autoroute Dakar-Diamniadio en 2012, le Sénégal
aura dépensé au bas mot, quelque 300 milliards de la même monnaie. La
faute à un manque de vision au sommet’, commentait l'éditorialiste du
journal en ligne Kanal 150. L'autoroute à péage, en effet, pèse lourd
sur le budget de l'Etat. Au début de ce mois de juin, la Banque
mondiale a consenti un financement de 53 milliards de francs, ce qui a
permis de lever des fonds d'un montant global d'environ 300 milliards
provenant du gouvernement, du concessionnaire privé, de l'Agence
française de développement (Afd) et de la Banque africaine de
développement (Bad). La baisse de 135 milliards des prévisions de
recettes et la réduction des dépenses du budget général, répercutée sur
les dépenses en capital ressources internes, a conduit au redéploiement
de certaines dotations budgétaires.Ainsi, les 55 milliards prélevés sur
différents projets vont permettre le paiement des décomptes des travaux
déjà réalisés (25 milliards), celui des indemnisations pour la
libération des emprises (24,4 milliards) et les travaux de la zone de
recasement (5,7milliards). Les prélèvements concernent les projets
nouveaux dont l'exécution n'a pas débuté et dont l'absorption de
crédits risque de ne pas être importante à la fin de l'année et les
projets pouvant être différés, de quelques mois. Ainsi, la construction
des locaux du Sénat, le Programme d'appui à la sécurité alimentaire,
l'aérodrome de Kédougou, le projet des Bateaux-taxis et la livraison du
Bateau devant assurer la liaison Dakar-Ziguinchor seront différés.
Outre l'autoroute à péage, 24 milliards de crédits seront réaménagés
dans le budget de fonctionnement, la somme étant destinée à l'Indemnité
de soutien scolaire, les compléments de salaire des corps émergents, le
règlement des dépenses engagées, ordonnancées et impayées au 31
décembre 2008 et à l'indemnité de surveillance et de correction des
épreuves du baccalauréat.Les projets dont l'exécution a été différée
seront, cependant, dotés, en priorité, à hauteur des crédits en cas de
disponibilité des ressources additionnelles devant faire l'objet
d'affectation à travers une deuxième loi de finances rectificative.
Auteur: Khady BAKHOUM
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