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L'Afrique, continent émergent ? Votre email
26-02-2008
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L'Afrique, continent émergent ?
Page 2
ImageA la Une des médias, l'Afrique fait souvent parler d'elle par les conflits armés qui émaillent la Cote d'Ivoire, le Kenya, la Somalie, le Soudan ou encore le Tchad. Et pourtant, l'économie africaine connaît depuis le début des années 2000 une croissance forte et soutenue, tant au Maghreb qu'en Afrique subsaharienne.

{xtypo_dropcap}A{/xtypo_dropcap} tel point que les investisseurs se bousculent aujourd'hui sur ce continent de 800 millions d'habitants. Et il ne s'agit pas seulement d'entreprises chinoises avides de matières premières, loin de là...

Dans une note publiée le 21 février, le Fonds monétaire international (FMI) indiquait que ' l'Afrique subsaharienne, qui a connu un rythme de croissance soutenu en 2007, affiche aujourd'hui son taux de croissance le plus élevé depuis des décennies. Le PIB réel a progressé d'environ 6,5% grâce à l'accroissement de la production de pétrole, à la progression des investissements intérieurs et à l'amélioration de la productivité. La forte demande mondiale de produits de base, l'augmentation des flux de capitaux en direction de l'Afrique et l'allégement de la dette ont contribué à stimuler la croissance '. La lettre Vernimmen de février note d'ailleurs que ' depuis 2000 l'Afrique a un taux de croissance supérieur à celui du monde ' dans son ensemble.

Le FMI estime que la combinaison des réformes structurelles et de l'allègement de la dette porte ses fruits. Et que ' les conflits armés et les épisodes d'instabilité politique sont moins fréquents, ce qui a contribué à stimuler l'investissement et la croissance, mais aussi à ramener la volatilité des revenus à son plus bas niveau depuis une trentaine d'années. Il n'est donc pas surprenant de constater une amélioration du revenu réel par habitant, même si les pays fragiles continuent d'accuser du retard dans ce domaine '. En effet, le PIB moyen par habitant est passé de 658$ en 2000 à 955$ en 2005.

Les Etats africains ont retrouvé des marges de manoeuvres : au niveau de l'ensemble du continent, la réduction des déficits budgétaires a permis au taux dette publique/PIB de passer de 60% dans les années 90 sous la barre des 30% aujourd'hui. Grâce aux annulations de dette et aux cours des matières premières, la proportion de dette extérieure par rapport au PIB est passée de plus de 50% en 1999 à 25% en 2006.

Certes, ces chiffres cachent des disparités importantes. Si l'on en croit l'indice de développement humain (IDH) établi par l'ONU, la majorité des pays d'Afrique situent encore en queue de peloton. En outre, avec 11% de la population mondiale, l'Afrique ne représente encore que 3,5% du PIB correspondant.

Pour 2008, le FMI s'attend à une croissance de 6,8% en Afrique, contre 4,1% pour l'économie mondiale. Certes, les disparités restent persistantes : les pays exportateurs de pétrole - Nigeria, Gabon, Congo, Soudan... - devraient voir la hausse de leur PIB frôler les 10%, quand les pays importateurs devraient se limiter à un respectable 5% en moyenne.

CARTOGRAPHIE ECONOMIQUE AFRICAINE

Comment se répartit ce PIB africain ? Contrairement à une idée reçue, selon la Banque africaine de développement (BAD), l'agriculture ne représentait que 14% du PIB africain en 2006, contre 45% pour le services et 41% pour l'industrie.

Qui sont les grandes économies africaines ? L'Afrique du Nord (Maghreb) représente 40% environ du PIB continental et 17% de sa population, suivie par l'Afrique subsa harienne (Afrique noire : 30% du PIB, 80% de la population) et enfin la pointe Sud de l'Afrique (Afrique du Sud, Botswana...), avec 28% du PIB et 5% de la population.

Par pays, l'Afrique du Sud se taille la part du lion (23% du PIB régional), suivie du Nigeria, de l'Algérie et de l'Egypte (10% environ chacun), quand Maroc, Libye, Angola et Soudan pèsent de l'ordre de 5%. Ces huit pays concentrent à eux seuls près des trois quarts du PIB d'un continent qui compte un peu plus de 40 Etats.

Ces derniers mois, la Bourse française a fait la connaissance d'hommes d'affaires africain. A commencer par l'égyptien Nassef Sawiris, qui a vendu au cimentier français Lafarge son groupe Orascom Cement pour environ 9 milliards d'euros. Grâce au paiement de l'opération en capital, Nassef Sawiris est depuis décembre 2007 le deuxième actionnaire (11,4% des parts) de ce groupe du CAC 40, après le financier belge Albert Frère (17%).


 
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