| Inflation galopante : Le Sénégal bat tous les records |
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| 29-02-2008 | ||||||
La tendance haussière des prix à la consommation, entamée depuis le
troisième trimestre 2007, continue d’impacter négativement le taux
d’inflation du Sénégal qui vient de franchir la barre des 5,9 % de taux
d’inflation. Loin du seuil acceptable de 3 % fixé par l’Union
économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).
{xtypo_dropcap}L{/xtypo_dropcap}e taux d’inflation au Sénégal est passé de 2,1 en 2006 à 5,9 %, un an
plus tard. Résultat des courses, notre pays se situe à 2,9 points
au-dessus du seuil communautaire fixé à 3 %. De quoi faire froid dans
le dos de l’Etat.
D’autant que l’enjeu, au plan communautaire mais surtout au plan national, est tel que si l’inflation peut servir à encourager l’épargne des ménages, elle doit être maintenue dans les proportions qui ne pénalisent pas la rentabilité des investissements et des placements, et ne favorisent pas la fuite des capitaux, encore moins nuisent à la compétitivité de l’économie.
Dans les détails, la dernière publication de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) révèle que la tendance haussière des prix à la consommation, entamée depuis le troisième trimestre 2007, s’est poursuivie au quatrième trimestre, en liaison essentiellement avec le repli de la production agricole résultant du déficit pluviométrique. Et sous ce rapport, les hausses importantes des prix des produits alimentaires et boissons non alcoolisées, des biens et services divers, des services de l’enseignement et des transports, se sont fait ressentir. Aussi, les prix des services de l’enseignement se sont appréciés de 8,7 % par rapport au troisième trimestre de l’année précédente alors qu’ils ressortent à 8,5 % au-dessus de leur niveau de 2007. Une situation qui résulte de l’augmentation de 10,9 % des prix des services de l’enseignement secondaire et de 4,6 % pour l’enseignement préélémentaire et primaire. Et le bulletin de statistiques de révéler que cette hausse trimestrielle reste liée aux ajustements relevés au niveau des frais d’inscription de la rentrée 2007-2008. Il en est ainsi de la fonction ‘produits alimentaires, boissons non alcoolisées’ avec sa capacité d’orienter l’allure de l’indice global du fait de l’importance prépondérante des dépenses d’alimentation dans les dépenses totales des ménages. Elle affiche un indice qui a enregistré la plus forte contribution (75,7 %) à la variation trimestrielle des prix à la consommation au cours de ce trimestre. Quant aux prix de la fonction ‘Santé’, ils n’ont pas contribué significativement à la variation de l’indice global. Ses prix se sont appréciés de 0,4 % durant la période, en liaison avec l’augmentation des prix des produits de pharmacopée traditionnelle et les services hospitaliers. Par ailleurs, l’analyse de l’inflation faite par l’Ansd sous l’angle des biens et services fait apparaître une variation annuelle de 1,5 % imputable notamment à l’accroissement des prix des appareils électriques pour soins corporels. Et dire que la courbe de cet indice imprime son allure à celle du quatrième trimestre de l’année 2007. L’analyse de l’évolution des prix selon l’origine des produits révèle que la hausse des prix enregistrée au cours du dernier trimestre est imputable aux produits locaux (+1,9 %) et aux produits importés. En glissement annuel, les prix des produits locaux ont progressé de 6,3 % au moment où les produits importés ont enregistré des hausses de 5,9 %. Selon la durabilité, l’évolution des prix non durables (alimentaires en général) et les services ont le plus influé sur la hausse trimestrielle de l’indice. En revanche, les prix des biens durables et semi durables ont baissé respectivement de 0,2 et 0,4 % par rapport au troisième trimestre de l’année 2007. Sous l’angle du secteur de production, l’indice des nomenclatures secondaires montre que les secteurs primaire et secondaire ont suivi la même évolution tendancielle que l’indice global en rythme trimestriel. Sous le rapport de l’inflation sous-jacente, la classification qui permet de suivre le niveau de l’inflation qui serait obtenue en dehors des phénomènes perturbateurs comme les produits saisonniers et les produits énergétiques, mesurée sous l’indice ‘hors produits frais et énergie’ s’est établie à 6,7 % en glissement annuel. En d’autres termes, l’économie nationale a reçu de plein fouet les perturbations résultant du problème d’offre de produits pétroliers, notamment le gaz. Ainsi, les prix de l’énergie, en glissement annuel, ont crû de 11,7 % alors qu’ils ont augmenté de 1,5 % par rapport au troisième trimestre de 3,0 et de 2,1 % par rapport au quatrième trimestre 2006. Ibrahima DIAW (walf.sn)
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