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Les habitudes alimentaires du consommateur sénégalais, à base de blé d'Europe, de riz d'Asie du Sud-est, de thé vert de Chine, de fruits et légumes d'origine diverse, de boissons et tabacs américains, ne laissent aucun répit à une balance commerciale rendue célèbre par la permanence de son déséquilibre au détriment de l'économie locale.
‘'Le ventre du Sénégalais est un véritable touriste alimentaire qui a visité tous les pays. Il connaît le Siam (actuelle Thaïlande), le Cambodge, le Pakistan, l'Inde...''. Cette boutade du professeur Amady Aly Dieng, lancée en plein cours d'économie politique, voulait souligner l'une des causes du déséquilibre commercial persistant qui frappe le Sénégal.
Si l'on en juge par la dernière note d'analyse publiée par l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la réalité du commerce extérieur du Sénégal en 2005 a confirmé la pensée de cet économiste connu pour son goût de la formule choc, véhiculée sous forme d'ironie.
Situées à 1696 milliards de francs CFA, les importations sénégalaises ont progressé de 12,5 pour cent en 2005 alors qu'elles étaient arrêtées à 1507,9 milliards en 2004, du fait, certes, de l'inflation sur le cours du baril de pétrole, mais aussi en raison de l'augmentation, en volume et en valeur, des achats de produits céréaliers de l'extérieur.
Le riz et le blé importés ont coûté 178 milliards en 2005, contre 165,5 milliards précédemment. Ces principaux produits céréaliers ont compté pour 10,5 pour cent dans cette hausse des importations.
Pour des quantités se chiffrant, dernièrement, à 856 000 tonnes contre 748 000 tonnes en 2004, la dernière facture du riz s'est élevée à 133 milliards contre 117,3 milliards, tandis que celle du blé en est à 36 milliards pour un volume de 326 000 tonnes contre 314 000 tonnes. Le blé français, uniquement, coûte 34 milliards à l'économie sénégalaise.
Evaluées à 302 milliards en 2005, les importations sénégalaises en provenance d'Asie ont progressé de 8,8 pour cent par rapport à l'année 2004 où elles atteignaient 277,5 milliards.
Elles sont essentiellement composées de riz (83 milliards) dont 60 milliards pour la Thaïlande et 13,5 milliards à l'Inde.
Les importations d'origine brésilienne se sont renforcées l'année dernière, atteignant 76,6 milliards, surtout du fait du riz à 22,6 milliards, de l'huile de soja à 18 milliards, de la viande et des abats comestibles à 9,7 milliards.
D'origine asiatique, les huiles de palme sont achetées à 13 milliards, alors que la valeur des huiles et graisses (d'origine diverse) est estimée à 58,3 milliards en 2005, restant stables ces trois dernières années. Cependant, les quantités sont en légère hausse en ressortant à 177 000 tonnes en 2005 contre 164 000 tonnes.
Quand les produits laitiers montent à 43,5 milliards en 2005 contre 37,5 milliards (37 000 tonnes contre 35 000 tonnes), le panier de la ménagère alourdit aussi la balance commerciale avec le coût de l'importation de fruits et légumes qui s'affiche à 67,8 milliards.
Les sucres et produits sucrés importés ont atteint 20 milliards contre 8,7 milliards en 2004, au moment où les importations de thé, en provenance de Chine, sont payées à 3 milliards et les boissons et tabacs sont à 24,5 milliards contre 20,7 milliards.
Les États-Unis fournissent du tabac brut pour 5,7 milliards au Sénégal. À l'opposé, l'Europe exporte des produits pharmaceutiques vers le Sénégal pour une valeur de 43 milliards dont 41 pour la France.
Si le consommateur peine à bouder son plaisir extraverti, il est de plus en plus invité à adapter certains de ses besoins à la production locale. L'effet recherché est triple : freiner l'importation, doper la consommation intérieure de produits locaux et fouetter les exportations.
Évaluées à 761,6 milliards en 2005, soit 17,8 pour cent du PIB de la même année, les exportations sénégalaises ont progressé de 13 pour cent par rapport à l'année 2004 où elles étaient estimées à 674,5 milliards. Un bond qui n'atteint pas le niveau des importations (1696 milliards, se hissant à 37,4 pour cent du PIB).
‘'Le Sénégal tire ses recettes d'exportations de quelques produits de base (produits de la pêche, produits pétroliers, acide phosphorique, engrais, coton, produits arachidiers, ciment)'', rappelle l'Agence nationale de la statistique et de la démographie.
Ces produits ont généré pour près de 60 pour cent des recettes d'exportation en 2005, au moment où le tonnage global des produits exportés a enregistré une hausse de 6,8 pour cent par rapport à l'année précédente.
SAB/ADI/BK pour APS
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