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« Dak’art-USA » : « L’art africain contemporain prend de la côte » Votre email
01-08-2007
Image« Dak’art-USA » l’exposition itinérante d’art plastique africain, organisée par le galeriste sénégalais Amadou Yacine Thiam, poursuit son séjour étasunien. Après un prélude à New York à l’occasion des trois jours du « Black Fine art Show », et son ouverture officielle à Chicago du 15 février au 15 avril, l’exposition « Dak’art –USA » séjourne actuellement à Atlanta depuis le 19 juillet avant de continuer, dans une semaine, sur San Francisco. A mi-parcours de ce programme d’exposition, le promoteur Yacine Thiam nous fait le point.

Un mois après l’ouverture de l’exposition Dak’art USA à Chicago et son séjour actuel à Atlanta, quels enseignements peut-on tirer de cette expérience d’exportation de l’art africain aux Etats-Unis ?

Il faut d’abord souligner que cette exposition a eu beaucoup de succès à Chicago. L’ouverture s’est effectuée en présence du maire Alderman et du représentant du sénateur Bobby Rush.

Ce qui nous a vraiment marqué, c’est l’intérêt que les Africains-Américains ont manifesté pour cette exposition « Dak’art USA ». André Guichard, le propriétaire de la galerie où nous exposons à Chicago et qui est lui-même artiste plasticien, a décrit cet événement comme « un pont entre l’Afrique et la diaspora ».

Nous avons eu un accueil exceptionnel de la part des médiats à Chicago, notamment la chaîne NBC5 qui nous a réservé une tranche dans son émission de grande écoute « Morning Show » qui passe le samedi matin. Nous étions les invités de ce plateau en compagnie des artistes plasticiens sénégalais Moussa Sakho et Mouhamadou Ndoye Dout’s.

Nous sommes retournés pour un second passage à cette chaîne de TV en compagnie cette fois d’André Guichard, notre galeriste à Chicago. Nous sommes également passés sur la chaîne de télévision CLTV qui nous a consacré 45mn. Les plasticiens sénégalais Moussa Sakho et Ndoye Dout’s ont eu l’opportunité de faire beaucoup de rencontres, ils ont animé des ateliers et participé à des conférences sur « l’art contemporain africain », avec les étudiants et professeurs du Colombia Collège de Chicago.

Comment les œuvres des nombreux artistes qui figurent dans l’expo ont-elles été accueillies ?

Cette rencontre est très bénéfique pour l’art africain et pour les artistes. Si la majorité des artistes sont sénégalais, il y a toutefois un Nigérian, un Togolais, un Béninois et un Congolais. 50% des 90 œuvres de l’exposition ont été achetés à Chicago. C’est très intéressant pour les artistes au nombre desquels il y a Chérif Thiam, Tony Okujeni (Nigéria), Moussa Sakho, Dout’s Ndoye, Kan SY, Musana Ali, Camara Gueye et Issa Diop, entre autres. Il y a, au moins, une vingtaine d’artistes Américains qui ont souhaité venir à la Biennale de l’art africain contemporain de Dakar. Les quelques catalogues de la Biennale de Dakar que nous avions emportés ont été insuffisants pour satisfaire la demande.

On peut s’étonner quand même que cette exposition « Dak’art- USA » ne soit pas mieux encadrée sur le plan institutionnel, bien que ce soit une entreprise privée ?

L’organisation de l’exposition « Dak’art-USA » a eu le soutien moral du ministère de la Culture et du Patrimoine historique classé du Sénégal, mais elle est réalisée sur fonds privés entre la galerie Yacine et un partenaire local.

Je dois rappeler que c’est la deuxième édition de cette formule d’exportation des œuvres africaines puisque nous avons organisé « Dak’art-Paris » en 2002 avec la galerie Daniel Besseiche de la rue Guenegaud à Paris au cœur du quartier de l’art contemporain africain moderne et ancien.

Je précise que tous les frais de l’organisation sont partagés, par l’organisateur et les différents partenaires, « Met Life » (une grande compagnie d’assurance …), le Colombia College de Chicago, les chaînes de Télévision NBC5, CLTV et le journal Chicago Tribune.

Comment est née cette idée d’exposition à l’étranger ?

L’idée est simple. Il s’agissait pour moi de remplir un vide qui s’installe entre une Biennale de Dakar et une autre, en montrant des œuvres de cet art contemporain africain dans les grandes galeries spécialisées à travers le monde, mais aussi dans les grandes collections privées et muséales avec la première exposition « Dak’art Paris », un clin d’œil à la course automobile « Paris Dakar » , mais dans le sens inverse avec le projet de montrer la création artistique contemporaine de l’Afrique à travers le monde. L’art provoque l’inspiration dans l’esprit des créateurs artistiques et des collectionneurs et autres musées. Le but de ma démarche est de pouvoir accrocher les œuvres des artistes africains dans tous les musées et dans toutes les collections du monde.

De mon point de vue l’art occidental a besoin d’une nouvelle inspiration de l’art africain comme ce fut le cas au début du 20e siècle avec la naissance du mouvement du cubisme avec le peintre Picasso (ndlr : le tableau « les demoiselles d’Avignon » de Picasso en 1907 jette les bases du cubisme) .

Quand j’ai commencé à exposer de l’art africain dans les années 80 à Lomé, mes confrères n’y croyaient pas. Ce que je constate aujourd’hui, c’est que la plupart de mes confrères collectionnent de l’art africain contemporain et s’empressent de l’exposer, comme à Bruxelles la Galerie « Soke edor » ou encore la galerie « Moba » de Walter de Werdt. D’autres galeries européennes sont entrées dans la mouvance.

Au fond cette exposition est une opération rentable pour le galeriste et les artistes eux-mêmes ?

Cette démarche ne fait pas vraiment vivre ma galerie, ni moi-même, mais j’estime que mon devoir en tant que l’un des précurseurs du marché de l’art africain ancien dans le monde depuis 40 ans entre Lomé et Chicago, je me dois de promouvoir la créativité contemporaine en matière d’art plastique africain.

Je peux dire que les artistes sont entrés dans leurs fonds, bon nombre d’entre eux ont vendu et les œuvres vendues sont remplacées sur les cimaises avec des réserves des artistes les plus demandés.

Je pense qu’au fond c’est une opération rentable compte tenu des bonnes retombées pour les artistes et pour la création africaine contem0poraine.

Propos recueillis par Jean PIRES

Source : Le Soleil 

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