|
CINÉMA AU SÉNÉGAL:Un secteur victime de la disparition de ses salles |
|
|
29-09-2007 |
|
Le constat est fait, les salles de cinéma se font de plus en plus rares au Sénégal. Ce secteur qui occupait une place de choix dans nos sociétés est menacé de nos jours. Ainsi, si rien n'est fait, on s'achemine directement vers sa disparition. Ce qui constituerait un frein à la production cinématographique.
|
|
Après les indépendances, le Sénégal comptait une soixantaine de salles de cinéma. Ceci grâce à la nationalisation de ses salles par nos autorités. Ainsi, un grand nombre de ces dernières appartenaient à l'État, et l'autre aux privés. Avec les politiques de réajustements structurels des années "90", l'État revend toutes ses salles. Mais, il détenait toujours le monopole de l'importation de films. Ceci avec la société Simpec qui remplaça la Sidec en faillite. Cette dernière, à son tour, connaîtra le même sort. Ces difficultés vont constituer un frein à la distribution des films. Khalidou Ndiaye, distributeur de film explique : « Depuis cette période, le cinéma connaît une crise au Sénégal, car on n'arrivait plus à trouver de films. Et les populations ont délaissé petit à petit le cinéma». Par la suite, l'État revend ses deux salles de cinémas à savoir "Le Plaza" et "Le Paris", à des prometteurs économiques. Ces derniers y érigent des centres commerciaux et des immeubles destinés aux logements et bureaux. « À cela s'ajoute le développement technologique, avec l'émergence de la vidéo, et des chaînes de télévisions dans nos pays africains», déclare Modibo Diawara, consultant et réalisateur. Poursuivant dans la même veine, il indique : « Aujourd'hui, le pays ne dispose que d'une vingtaine de salles, dont la moitié est concentrée à Dakar». Khalidou Ndiaye nous confie : « Il existe toujours des salles qui fonctionnent dans certains quartiers.
Mais, la clientèle se fait de plus en plus rare et les recettes ont beaucoup baissé. De ce fait, on ne parvient plus à couvrir nos dépenses, malgré une gestion rigoureuse. En plus, nous avons des problèmes d'approvisionnements en films, car l'importation est très coûteuse». Pour surmonter ces obstacles, ils ont opté pour la plupart à diffuser des films locaux. Mais, la crise persiste toujours et des salles ferment, surtout au niveau des régions. Un fait majeur participe au marasme de ce secteur, c'est la crise économique, avec surtout la cherté du coût de la vie. La faible production cinématographique dans nos pays ne favorise pas non plus le développement de ce secteur. Actuellement, les jeunes réalisateurs ne tournent que des courts-métrages, ceci par faute de moyens. En ce sens, M. Diawara déplore : « L'État n'accorde pas de subvention à ce secteur qui joue un rôle primordial dans l'éducation des enfants et au-delà des citoyens ».
Plusieurs bonnes volontés se battent pour la renaissance de ce secteur
Des actions sont menées pour redonner au cinéma sa place dans l'éveil des consciences des populations. Ainsi, des volontaires ont mis en place des initiatives. Entre autres, il y a le festival "Image et Vie" sous la direction de Khalidou Ndiaye. Créé en 1999, c'est avec une autre vision du cinéma que l'association tend vers ses objectifs. Parmi ces derniers, il y a, d'après M. Ndiaye : « Rapprocher le cinéma des populations, promouvoir l'éducation et la culture par le cinéma, et surtout ramener le public dans les salles de cinéma». Ces actions vont de la projection de films dans les régions, les quartiers populaires, les établissements scolaires, ... à la formation des jeunes à la pratique du cinéma.
Parmi les initiatives, il y a le festival du "Film de Quartier", célébré chaque année sous la direction d'Omar Ndiaye. D'autres initiatives sont menées par des amoureux du 7ème Art. " Le reggae au cinéma " en est une, organisée par Noreyni Kara avec ses amis reggaemen. Ils veulent inciter les Sénégalais à fréquenter les salles de cinéma. Tout dernièrement, "cinéma de nuit", a été initié par Seynabou Karine Ndiaye dans les jardins de l'Institut Français Léopold Sédar Senghor de Dakar.
Ces manifestations organisées un peu partout à travers la capitale, amènent ces amateurs du cinéma à prédire un meilleur avenir pour ce secteur. Ainsi, Modibo Diawara martèle : « Dans 5 ans, le cinéma retrouvera sa dynamique au Sénégal ». Il est temps que nos autorités assistent ces bénévoles en leur octroyant des subventions, car le cinéma constitue un domaine essentiel pour le développement de nos pays.
| Abdoulaye Souaré DIALLO (Stagiaire)
Articles similaires :
sli
mariag - je ve me marier
mariage - slt
trop coule - C'est trop
encoragements - Bonsoir Professeur je viens par...