| Une patate chaude nommée Coulibaly |
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| 31-01-2008 | ||||||
![]() Sarko en AFrique Ceux qui affirment que Sarkozy peut bien voler jusqu’à plus soif dans le jet de son pote Bolloré, puisque « ce dernier ne bénéficie d’aucun marché d’État », feraient mieux de s’abonner à la Gazette du Palais. Ils y découvriraient, venu de nulle part et programmé en urgence absolue, l’annonce d’un procès sans queue ni tête. Une audience à la sauvette dont le but est de faire un petit plaisir à Laurent Gbagbo. Et donc au grand ami du petit prince de l’Élysée. Au départ, l’affaire relève de ces histoires de « corne-cul » qui ne passent pas le stade de brève de comptoir. Après le 26 janvier 2003 et les accords de paix de Marcoussis sur la Côte d’Ivoire, les ministères ivoiriens de la Défense et de l’Intérieur sont attribués aux « rebelles du Nord » du pays. Autrement dit à Guillaume Soro et Ibrahim Coulibaly dit « IB », leaders du septentrion. Mais pour s’installer à Abidjan, Coulibaly et, affirme-t-il, son ami Soro, ont besoin d’être « protégés ». D’où l’approche d’un spécialiste français de la chose, un certain Paul Leonelli. Ce petit homme au parlé chic était, semble-t-il, un des rares flics militant au PS quand Mitterrand est arrivé au pouvoir. Ce syndicaliste a d’abord travaillé au cabinet de Philippe Marchand, puis l’arrivée place Beauvau de Paul Quilès l’aurait « dégoûté de la police… ». Il monte donc sa boîte de sécurité. Mais pas vraiment sur des critères à la Bob Denard. Après Marcoussis, Leonelli est donc approché par des Ivoiriens. Il y a dans le groupe un avocat brillant, Me Mamadou Diomandé, inscrit au barreau de Saint-Nazaire. « La demande qui m’est faite, affirme aujourd’hui Leonelli, ne porte que sur de la protection et de la formation ». Il faut donc des hommes (du genre ex-légionnaires) et du matériel (du genre qui fait mal). « On va protéger « IB » et Soro mais aussi reprendre en main des miliciens démobilisés pour en faire des vigiles… ». C’est ce que jure l’ancien flic. Manque de chance, l’excellent juge Bruguière surnommé « l’Amiral », donc doté d’une longue vue, et qui se voit déjà ministre de l’Intérieur de Sarkozy en 2007, avec une simple note de la DGSE sous le nez, demande à la DST de mettre en prison Coulibaly et ses « complices » « pour tentative de coup d’état… ». Voilà que Marcoussis, « succès » de la doublette Chirac-Villepin, qui prend un peu plus de plomb avec l’un des « héros » du règlement ivoirien, « IB » Coulibaly, en prison. Au fil du temps l’épouvantable complot devient une patate chaude judiciaire. De celles que l’on range au placard en attendant qu’elle refroidisse. Bruguière, lui, est bien incapable de mettre au dossier une note des services secrets comme élément de preuve… Ce chiffon de papier n’a aucune valeur judiciaire. Après quand même pas mal de mois de prison, et la ruine pour certains, tout le monde retourne à ses occupations. Mais, surprise, la patate est toujours vivante. Sans crier gare, le tribunal de Paris vient d’inscrire au programme, début février, le jugement de l’improbable complot. Faut dire qu’il y avait urgence : « IB » Coulibaly a l’intention de se présenter aux prochaines élections présidentielles. Enfin, disons plutôt qu’il y avait urgence. Car après le vaudeville barbouzard joué par « IB » et ses acolytes français à Noël (cf. Bakchich 64), reste peu de chance de voir « le sergent » se présenter à une élection. Quant à Bolloré, personne ne risque de voter « IB » chez lui. L’homme d’affaires français mise plutôt sur Marcel Gossio, le directeur général du port d’Abidjan, où l’ami Vincent a plus que des intérêts. En effet, le Gossio qui, outre avoir trempé dans le scandale des déchets toxiques déversés à Abidjan en 2006, est surtout le bras financier du clan Gbagbo. Deux précautions valent mieux qu’une pour empêcher « IB » de se présenter à la présidentielle… Françafrique | bakchich.info | par Urba Neal
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