| Nicolas Sarkozy veut revoir la présence militaire de la France en Afrique |
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| 29-02-2008 | |||||||||||||
JOHANNESBURG, 28 fév 2008 (AFP) — Le président français Nicolas Sarkozy a déclaré jeudi qu'il allait revoir la présence militaire de la France en Afrique.
"Je pense que les temps ont changé et que la France n'a pas à jouer un rôle de gendarme en Afrique, c'est le rôle de l'Union africaine et des organisations régionales africaines", a-t-il dit dans un entretien publié par le quotidien The Star au premier jour d'une visite d'Etat en Afrique du Sud. "C'est dans ce but que j'ai décidé de revoir le cadre de cette présence militaire et ses objectifs", a-t-il ajouté. "Il est certain que certaines bases vont disparaître", a expliqué à l'AFP une source diplomatique interrogée par l'AFP à Paris, citant l'exemple de celle d'Abidjan, où 900 hommes du 43e bataillon d'infanterie de marine sont stationnés en permanence, indépendamment des effectifs de la force Licorne. Quelque 9.000 soldats français sont actuellement déployés au Sénégal, en Côte-d'Ivoire, au Gabon, au Tchad, en Centrafrique et à Djibouti. A Paris, le ministre français de la Défense Hervé Morin a indiqué jeudi que Nicolas Sarkozy devait évoquer cette question dans l'après-midi à l'occasion d'un discours devant le parlement sud-africain au Cap. "Le président de la République va prononcer un discours en Afrique du Sud où il évoquera ces sujets", a déclaré sans donner plus de précisions M. Morin, interrogé par la radio RMC et la chaîne de télévision BFM-TV. "Il y a une nécessité absolue, c'est que l'Europe soit plus présente en Afrique, ça fait partie des souhaits de la France", a-t-il ajouté. "Il faut que l'Europe s'implique beaucoup en terme de développement (...) et il faut en même temps que nous fassions un énorme effort de formation et d'équipement des organisations africaines pour qu'elles prennent en main la stabilité du continent africain", a poursuivi Hervé Morin. Interrogé par The Star sur l'attitude de la France lors du coup d'Etat avorté au Tchad, Nicolas Sarkozy a assuré que "cette crise offrait la démonstration nette de l'évolution des relations avec l'Afrique". "Contrairement à ce qui avait pu se produire dans le passé, les troupes françaises stationnées au Tchad n'ont pas été engagées dans les combats", a-t-il dit. De plus "la position de la France de soutien aux autorités légales du Tchad est parfaitement conforme à la position prise dès le 2 février par l'Union africaine, qui a condamné avec la plus grande fermeté la tentative de renversement par la force." Début février, trois groupes rebelles ont attaqué les forces du président Idriss Deby Itno. Présente au Tchad avec près de 1.500 hommes, l'armée française a apporté un soutien décisif aux forces gouvernementales, en leur acheminant des munitions et en leur fournissant des renseignements aériens sur les positions rebelles. Cette intervention a été vivement critiquée par les détracteurs de la "Françafrique", qui estiment qu'elle a ressuscité l'image de la France "gendarme de l'Afrique". Le président français s'est rendu mercredi au Tchad sur la route de l'Afrique du Sud, où il va rester deux jours pour une visite d'Etat. Il devait être reçu par son homologue sud-africain Thabo Mbeki, avant de prononcer un discours devant le Parlement. (AFP)
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