| Dès 1977, Bongo soutenait Chirac |
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| 11-06-2009 | ||||||
En accusant Bongo d’avoir financé Chirac pour la présidentielle de 1981, Giscard pique sa crise de jalousie un peu tard. Bakchich publie un document confidentiel qui révèle que le Gabonais "aidait" le Chi dès 1977. Haro sur le Bongo. Le corps encore tout chaud, la presse se déchaîne sur feu le doyen des chefs d’État africains, le Gabonais Albert Bernard Omar Bongo Ondimba, décédé lundi. Crapule, arriviste, dictateur, corrupteur. Pas faux. Mais pas franchement sympa de tomber sur Papa Bongo quand il n’est plus là.
Plus cohérente, la classe politique que le mollah Omar a largement arrosée s’est drapée dans de vibrants hommages. De Kouchner à Sarkozy en passant par Chirac et tous ses amis. Notable petite exception, le volcan éteint d’Auvergne, Valéry Giscard d’Estaing, garde une petite pointe de reproche contre Bongo. Dans son interview du 9 juin sur Europe 1, VGE a notamment reproché à Bongo d’avoir financé son ancien Premier ministre lors de la campagne de 1981. Des allégations réfutées par Môssieur Charles Pasqua au nom de Chirac, puis par grand Jacquot lui-même.« Ces propos (…) ne relèvent que d’une médiocre polémique » », a lâché le désormais sage du Conseil constitutionnel, toute honte bue, le 10 juin. En fait de médiocrité, il ne s’agit peut-être que de jalousie. Le maître de Libreville, lui, a toujours préféré le Corrézien à l’Auvergnat.. Surtout du temps où les couteaux entre les deux Ex étaient de sortie, à la charnière des années 70 et 80. Une sympathie inscrite noire sur blanc dans un amusant et poussiéreux document confidentiel… des services secrets d’Elf, daté de 1977. Bras armé de la France en Afrique jusqu’à son engloutissement par Total, le géant pétrolier français disposait en effet d’un réseau de renseignements très implanté en Afrique. Daté de 1977, l’auguste rapport est signé de la main experte de feu Maurice Robert. Directeur pendant 20 ans du SDECE (ancêtre de la DGSE), ambassadeur de France à Libreville de 1979 à 1981, Robert a fait un détour par Elf entre 1973 et 1979. D’un innocent voyage au Gabon et au Cameroun, la barbouze a ramené quelques anecdotes, adressées notamment à Messieurs Guillaumat (gaulliste historique alors président d’Elf) et Tarallo (le Monsieur Afrique du groupe). Eloquentes quant au poids, passé et à venir, d’Omar Bongo sur la politique intérieure française. Au cours de son séjour, l’ancien espion a eu la joie de rencontrer le déjà président « et toujours très accueillant » Omar Bongo (pas encore Ondimba) du Gabon. Et en pages 3 et 4 de ce document, Papa Bongo évoque à la fois Giscard et Chirac.
« S’agissant de la politique française, le Président Bongo ne comprend pas pourquoi la Majorité et le Président de la République partent battus ». Une incompréhension qui a tout d’une déception quant à la pugnacité de Giscard. « Les élections n’ont lieu que dans un an ». En revanche, dès 1977, Omar a déjà trouvé son petit chouchou pour ses longues années de règne à venir… et son poulain n’est autre qu’un grand corrézien, qui ne le décevra jamais. Le Batéké « met tous ses espoirs en Jacques Chirac et pense qu’il faut continuer à l’aider ». Sans doute un soutien psychologique et amical, doublé d’une invite aux dirigeants d’Elf de montrer toute leur sollicitude envers le tout neuf président du RPR et maire de Paris… En fait VGE a appris un peu tard que Bongo lui préférait Chirac. (Xavier Monnier - Bakchich.info)
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