| CONTRIBUTION : COMORES : Révolution Populaire pour la IIème Indépendance |
|
| 08-10-2008 | ||||||
|
Le triste constat d’un départ raté Les Kamar héritent donc d’un système colonial mais sans hommes pour accompagner la transition à la comorienne. Un système qui donc dès le départ est voué à l’échec, car il n’a jamais été conçu pour répondre aux spécificités insulaires, religieuses, historiques et culturelles de l’archipel. Jamais le modèle institutionnel, simple copie de celui du colon, n’a été une panacée pour les Kamar. A t-on besoin d’une constitution ? Le comorien comprend-il le rôle de l’Assemblée Nationale ? Le comorien comprend-il le rôle du vote ? La réponse est sans équivoque NON. Mayotte elle même restée sous administration française, voit aujourd’hui une grande partie de ses élus ne rien comprendre aux lois fondamentales de la République Française.2 Les Kamar se sont vantées pendant des années être les premiers producteurs de vanille et d’huiles essentielles d’ylang-ylang sans se demander si ce modèle économique basé sur la culture de rente était à l’avantage du pouvoir d’achat du comorien. Sur les marchés, la vanille synthétique a remplacé nos belles gousses riches en vanilline pendant que les cours mondiaux de l’ylang-ylang et du girofle font de la plongée sous marine. Cette économie colonisatrice a surtout profité aux familles indiennes du coin, et surtout à la balance commerciale française. Que penser du legs laissé à la jeunesse comorienne ? Que du rêve…sans les moyens de l’atteindre. Les Kamar appliquent « sagement » depuis lors, un système éducatif calqué à la lettre sur le modèle français – du programme aux vacances scolaires -. Ce système là n’est il pas en contradiction avec nos origines africano-musulmanes ? Etre éduqué aux Kamar est-ce savoir chanter « sur le pont d’Avignon » ou encore connaître l’histoire de l’Hexagone ? 32 ans après, le constat est amer, aussi amer que des endives faites à la parisienne : un modèle politico institutionnel complexe et non adapté ; un modèle économique qui n’exploite pas les richesses naturelles du pays : la Terre et la Mer ; un modèle d’éducation en décalage avec la vie quotidienne et les intérêts du jeune comorien. Devant cet échec cuisant d’une certaine « l’élite » comorienne, le temps est venu pour un Big Bang national, un dernier effort pour bousculer l’Histoire et oser proclamer L’Indépendance. Il est temps de faire naître une Nation comorienne définitivement débarrassé du poids d’une histoire dominée par la servitude et l’aliénation. La réussite de notre société comorienne à la salsa locale passe avant tout par une conscience collective apte à provoquer le sens de la fierté nationale. Contrairement à 1975, il ne s’agit plus de déclarer l’Indépendance et s’asseoir dans une tour en ivoire dans une citadelle de Domoni – Ndzouani3, Kamar – gardée par la France. L’urgence d’agir s’impose avec une série de mesures pragmatiques mais qui répondent à un seul intérêt : La Nation. Une Langue, une refonte de l’approche éducative, une Révolution Verte pour Une Nation La langue est l’un des ciments d’une société, un bien commun qui permet à une Nation de partager un sens d’unité. Sur le papier, nous avons trois langues officielles : le comorien, l’arabe et le français. Qu’en est-il ? La majorité des comoriens maîtrise peu ou pas la langue de Molière, l’arabe est restée langue des imams menteurs, le comorien existe t’il vraiment ? Aucune politique linguistique n’a été mise en place pour favoriser l’émergence d’une langue commune maîtrisée par tous et qui respecte nos origines. En observant la composition des langues parlées dans les trois îles de l’archipel, du shindzouani (A Ndzouani), du shimwali (A Mwali), du shingazidja (A Ngazidja) le swahili parlée et écrit par nos voisins du Kenya, de la Tanzanie, de Zanzibar et bien au delà semble être la langue que devrait enfin adopter les Kamar pour rehausser la conscience collective d’appartenir à une Nation. Naturellement, ce pré requis linguistique ne doit pas faire oublier le chantier urgent de l’encadrement des jeunes pour une meilleure éducation. Une jeunesse délaissée qui préfère aujourd’hui les bancs mortels des Kwassa Kwassa aux bancs de l’école. Loin des Alpes, de Washington, du christianisme nous devons nous assurer que nos jeunes connaissent avant tout le Mont N’Tringui, Koni Djodjo, Thomas Sankara, le monde musulman et les contes de nos grands mères. Il est temps d’adapter le système éducatif à nos besoins, à notre culture si belle et riche. Ce chantier exige le courage de non seulement remettre en question le système actuel mais aussi valoriser deux approches : formation en Swahili centrée sur des métiers utiles aux Kamar dans les secteurs de l’agriculture, la pêche, l’artisanat, la construction. Dans ce premier volet l’accent serait mis sur la femme rurale et urbaine car instruire une femme c’est fonder une Nation sur des valeurs sûres : le sens de l’effort, le travail, la paix, l’environnement…. la naissance, la Vie. Quand à la deuxième approche, elle consiste à valoriser les écoles coraniques, véritables centres d’éducation religieuse et civique. Aussi ces deux systèmes seraient fusionnés dans un même Centre ouvert du samedi au mercredi4 où le jeune apprendrait le socle vital pour être un vrai comorien et pourra y revenir à tout âge pour accompagner l’évolution de sa société. Une société qui par exemple a longtemps privilégié un système féodal basé sur une notabilité traditionnelle sous Ahmed Abdallah. Le temps est venu de placer au centre de la société toutes les forces vives du pays en particulier les parias de l’ancien système féodal : les femmes et les jeunes. Mais aussi construire une Nation autour du monde rural - 60 % des comoriens vivent dans des zones rurales-. Comment peut on construire les vraies Kamar sans donner avant tout la parole aux paysans, aux pêcheurs, à la vendeuse du marché… cette Elite là, de part son nombre mérite une attention toute particulière, car elle est à même de mieux amorcer la transformation de la société et de provoquer ce Big Bang. Le monde rural détient aussi la clé pour sortir enfin du marasme économique et de l ‘illusion parfumée à l’Ylang-ylang et à la vanille entretenue par la France. Comme tous les pays develloppés aujourd’hui, le décollage de l’économie comorienne passera par une Révolution Verte véritable réforme agraire plus qu’urgente. Tous les comoriens doivent rehausser les manches, non plus pour planter de l’Ylang mais pour développer l’agriculture et l’élevage extensifs à même de répondre à leurs besoins nutritionnels. Cette prise de conscience nous permettra non seulement de vivre à la hauteur de nos moyens et nous évitera aussi de quémander des grains de riz et des aides qui ne font que nous asservir. Début des années 60, le guinéen Sékou Touré réclamant l’indépendance de son pays rétorque à un De Gaulle orgueilleux " ….nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage ». N’avait t-il pas tout résumer ? C’est ce sacrifice qu’il faut aux comoriens pour demain être riche dans la liberté. Comoriens, osons remembrer notre foncier en vue de sortir de cette agriculture de subsistance familiale que favorise la parcellisation des terres. Reprenons les chemins qui mènent à nos champs, seul remède pour le bien être de la majorité des couches sociales. L’avenir des Kamar appartient à toutes ces couches sociales qui doivent enfin former une seule grappe pour fonder une Nation à leur image. Dans les années 80 le jeune président Thomas Ankara enflammait l’Afrique et le Monde avec ses discours courageux et visionnaires. Ayant placé le Burkinabé au centre de sa lutte, il renomme la Haute Volta en Burkina Faso « Terre des Hommes Intègres ». Soyons aussi des hommes intègres, renommons Comores en Kamar (Iles de la Lune), rayons de nos dictionnaires ces noms d’emprunt que sont Anjouan, Grande Comores et Mohéli pour les remplacer respectivement par Ndzouani, Ngazidja et Mwali.
Nous pourrons ainsi commencer à écrire notre Histoire loin de la France qui emmènerait avec elle son franc C.F.A (colonies françaises d’Afrique) et ses « accords de coopération militaire ». Débarrassés des ces lourdes chaînes, les trois îles Kamar pourront ouvrir une nouvelle page où elles auront naturellement, le choix de partenariats ouverts avec la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Espagne ou encore les Etats-Unis d’Amérique. Quel patriote osera relever ces nouveaux défis ? Anrmy B. Responsable de Marchés à Londres
Né dans l’océan indien aux Kamar, Anrmy B. poursuit des études en Commerce International sous le soleil montpelliérain. Il décroche brillamment aux Etats-Unis (2001) un Master trilingue en Négociation et Gestion de Projets Internationaux. Son riche parcours professionnel le mène dans les 4 coins du globe. Après Les Canaries, les Etats-Unis, Puerto Rico, La Réunion, L’Espagne, Dubaï il pose aujourd’hui ses valises à Londres où il est chargé du développement commercial des marchés hispanophones et francophone d’une grande société américaine. Très attaché à sa terre natale, il s’engage activement dans des actions humanitaires-en particulier le domaine de l’éducation et la santé. Il a aussi l’honneur d’être membre de la famille Rotaract, la branche jeune du Rotary International.
Commentaires courtois SVP !WADEUKEUBI 3.26
3.26 Copyright (C) wadeukeubi.com / Copyright (C) a2s-studio.org/ Copyright (C) . All rights reserved."Articles similaires :
|
||||||
|
|
sli
mariag - je ve me marier
mariage - slt
trop coule - C'est trop
encoragements - Bonsoir Professeur je viens par...